Noctes Gallicanae

 

A u s o n e 


 

D. Magni Ausonii

Epitaphia heroum Troianorum


J’ai téléchargé sur le site de la Bibliothèque nationale les œuvres d’Ausone, éditées par C. L. F. Panckoucke en 1842. Je reproduis en général le texte du traducteur, E. F. Corpet. J’ai revu ou refait moi-même certaines de ses traductions.


 

 

13. DEIPHOBO

Proditus ad poenam sceleratae fraude Lacaenae

et deformato corpore Deiphobus

non habeo tumulum, nisi quem mihi voce vocantis

et pius Aeneas et Maro conposuit.

Déiphobe

Livré au supplice par la trahison de la criminelle Laconienne,

le cadavre mutilé, je suis Déiphobe.

Je n’ai pas de tombeau, sinon celui qu’en m’évoquant de leur voix

le pieux Énée et avec lui Virgile m’ont élevé.

A la mort de Pâris, Déiphobe, autre fils de Priam, avait épousé Hélène qui le livra à Ménélas lors de la prise de Troie.

Tunc egomet tumulum Rhoeteo litore inanem

constitui, et magna Manes ter voce vocavi...

Ad quae Priamides: 'Nihil O tibi amice relictum;

omnia Deiphobo solvisti et funeris umbris.

Sed me fata mea et scelus exitiale Lacaenae

his mersere malis; illa haec monumenta reliquit.

Alors je t’ai élevé moi-même un tombeau vide sur le rivage du Rhétée,

et trois fois à haute voix j’ai évoqué tes Mânes...

– A ces mots, le fils de Priam répondit : Tu n’as rien négligé, ô mon ami,

tu t’es acquitté de tout envers Déiphobe et envers l’ombre de son cadavre.

Mais mon destin et le crime funeste de la Laconienne

m’ont plongé dans ces malheurs : elle m’a laissé le tombeau que voici.

Énéide, VI, 505-

 

14. HECTORI

Hectoris hic tumulus, cum quo sua Troia sepulta est:

conduntur pariter, qui periere simul.

Hector

C’est ici le tombeau d’Hector : avec lequel sa chère Troie a été ensevelie :

Ils reposent ensemble, puisqu’en même temps ils ont péri.

 

15. ASTYANACTI

Flos Asiae tantaque unus de gente superstes,

parvulus, Argivis set iam de patre timendus,

hic iaceo Astyanax, Scaeis deiectus ab altis.

Pro dolor! Iliaci Neptunia moenia muri

viderunt aliquid crudelius Hectore tracto.

Astyanax

Fleur de l’Asie, unique survivant d’une si nombreuse famille,

tout petit, mais déjà redoutable aux Argiens par son père,

ici repose Astyanax, précipité du haut de la porte Scée.

O douleur ! les murs Neptuniens d’Ilion

ont vu quelque chose de plus cruel qu’Hector traîné par son vainqueur !

 

16. SARPEDONI

Sarpedon Lycius, genitus Iove, numine patris

sperabam caelum, set tegor hoc tumulo,

sanguineis fletus lacrimis. Pro ferrea fata!

Et patitur luctum qui prohibere potest.

Sarpedon

Sarpédon le Lycien, fils de Jupiter, grâce à la divinité de mon père,

j’espérais le ciel ; mais je suis enfermé dans ce tombeau,

après avoir été pleuré des larmes de sang. O destins de fer !

Et celui-là pleure ma perte, qui pouvait l’empêcher !

Toçw d¢ ÞdÆn ¤l¡hse Krñnou p‹ów Žgkulom®tev

†Hrhn d¢ pros¡eipe kasign®thn loxñnte:

Ê moi ¤gÅn, ÷ t¡ moi Sarphdñna, fÛltaton ŽndrÇn,

moÝr' êpò Patrñkloio Menoiti‹dao dam°nai.

DixyŒ d¡ moi kradÛh m¡mone fresÜn õrmaÛnonti,

³ min zvòn ¤ñnta m‹xhw po dakruo¡sshw

yeÛv Žnarp‹jaw LukÛhw ¤n pÛoni d®mÄ,

· ³dh êpò xersÜ Menoiti‹dao dam‹ssv.

En les voyant, le fils de Cronos à l’esprit tortueux prit pitié

et dit à Héra, sa sœur et son épouse :

Hélas, Sarpédon, l’homme qui m’est le plus cher,

a pour destin d’être tué par Patrocle, le fils de Ménoetios !

Mon cœur est partagé entre deux désirs qui agitent mes pensées :

dois-je tant qu’il est vivant l’arracher au combat plein de larmes

et le porter dans la riche terre de Lycie,

ou à l’instant le faire tuer par les mains du fils de Ménoetios ?

Iliade, XVI, 431-438.

Tum Genitor natum dictis adfatur amicis:

'Stat sua cuique dies, breve et inreparabile tempus

omnibus est vitae: sed famam extendere factis,

hoc virtutis opus. Troiae sub moenibus altis

tot nati cecidere deum; quin occidit una

Sarpedon, mea progenies. Etiam sua Turnum

fata vocant, metasque dati pervenit ad aevi.'

Alors le père des dieux adresse à son fils ces paroles amicales :

Le jour de chacun est marqué, une durée brève et irrévocable

est fixée à la vie de tous les hommes : mais faire durer sa renommée par ses actions,

c’est le rôle de la Vertu. Sous les hauts remparts de Troie

sont tombés tant d’enfants des dieux, jusqu’à voir mourir avec eux

Sarpédon, mon enfant ! Turnus aussi est

appelé par son destin, il est parvenu au bout de la vie qui lui avait été donnée.

Énéide, X, 466-472.

 

17. NASTI ET AMPHIMACHO

Nastes Amphimachusque, Nomionis inclita proles,

ductores quondam, pulvis et umbra sumus.

Nastès et Amphimaque

Nastès et Amphimaque, nobles enfants de Nomion,

chefs de guerre autrefois, nous sommes poussière et ombre.

N‹sthw aï KarÇn ²g®sato barbarofÅnvn,

oã MÛlhton ¦xon FyirÇn t' örow Žkritñfullon

Mai‹ndrou te =oŒw Muk‹lhw t' aÞpeinŒ k‹rhna.

TÇn m¢n r' ƒAmfÛmaxow kaÜ N‹sthw ²ghs‹syhn,

N‹sthw ƒAmfÛmaxow te, NomÛonow ŽglaŒ t¡kna,

ùw kaÜ xrusòn ¦xvn pñlemñnd' àen ±æte koærh,

n®piow, oéd¡ tÛ oß tñ g' ¤p®rkese lugròn öleyron,

Žll' ¤d‹mh êpò xersÜ podÅkeow AÞakÛdao

¤n potamÒ, xrusòn d' ƒAxileçw ¤kñmisse daýfrvn.

Nastès et Amphimaque, conduisaient les Cariens au langage barbare,

ceux qui tenaient Milet et le mont Phthires au feuillage touffu,

le cours du Méandre et les sommets escarpés du Mycale.

Amphimaque et Nastès les conduisaient,

Nastès et Amphimaque, fils brillants de Nomion.

Amphimaque allait au combat paré d'or, comme une jeune femme.

L'ingénu ! l'or n'écarta pas de lui le malheureux trépas,

car il fut dompté par les mains du rapide descendant d'Éaque,

dans le lit du fleuve, et l'or de sa parure fut emporté par Achille à l'âme illuminée.

Iliade, II, 867-874

 

18. TROILO

Hectore prostrato nec dis nec viribus aequis

congressus saevo Troilus Aeacidae,

raptatus bigis fratris coniungor honori,

cuius ob exemplum nec mihi poena gravis.

Troïlus

Après la chute d’Hector, malgré les dieux et mes forces inégales,

j’osai combattre, moi Troilus, le cruel Éacide.

Enlevé derrière le char à deux chevaux, je partage cet honneur avec mon frère,

et grâce à son exemple ce supplice ne me pèse pas.

Ê moi ¤gÆ pan‹potmow ¤peÜ t¡kon uåaw ŽrÛstouw

TroÛú ¤n eéreÛú, tÇn d' oë tin‹ fhmi leleÝfyai,

M®stor‹ t' ŽntÛyeon kaÜ Trvýlon ßppiox‹rmhn...

Hélas, malheureux que je suis, j’avais engendré d’excellents fils

dans la vaste Troie, et je dis que d’entre eux aucun ne me reste,

ni Mestor, rival des dieux, ni Troïlus combattant sur son char...

(Priam s’emportant contre ses neuf fils survivants).

Iliade, XXIV, 255-257.

 

19. POLYDORO

Cede procul myrtumque istam fuge, nescius hospes:

telorum seges est sanguine adulta meo.

Confixus iaculis et ab ipsa caede sepultus,

condor in hoc tumulo bis Polydorus ego.

Scit pius Aeneas et tu, rex impie, quod me

Thracia poena premit, Troia cura tegit.

Polydore

Éloigne-toi, fuis ce myrte, étranger ignorant :

c’est une moisson de javelots qui a pris racine dans mon sang.

Percé de traits, enseveli sous les armes qui m’avaient tué

je repose dans ce double tombeau, moi Polydore.

Le pieux Énée sait bien, et toi aussi, roi impie, que

le crime thrace m’écrase, que le culte troyen m’abrite.

Forte fuit iuxta tumulus, quo cornea summo

virgulta et densis hastilibus horrida myrtus.

Accessi, viridemque ab humo convellere silvam

conatus, ramis tegerem ut frondentibus aras,

horrendum et dictu video mirabile monstrum.

Nam, quae prima solo ruptis radicibus arbos

vellitur, huic atro liquuntur sanguine guttae,

et terram tabo maculant. Mihi frigidus horror

membra quatit, gelidusque coit formidine sanguis.

Rursus et alterius lentum convellere vimen

insequor, et causas penitus temptare latentis:

ater et alterius sequitur de cortice sanguis.

Il y avait par hasard tout à côté un tertre, au sommet couronné d'un cornouiller

et d'un myrte hérissé d'épais rameaux.

J'approchai ; j'essayai d'arracher du sol ces verts arbustes,

pour couvrir les autels de leurs rameaux feuillus ;

mais je vois un horrible et étonnant prodige.

Le premier arbrisseau que j'arrache du sol en brisant ses racines

distille goutte à goutte un sang noir,

qui souille la terre de taches. Un frisson d'horreur

secoue mes membres et mon sang glacé se fige d'épouvante.

Je continue, j'arrache la tige flexible du second arbuste,

pour pénétrer les causes de ce mystère :

un sang noir coule encore de l'écorce du second.

Multa movens animo nymphas venerabar agrestis

Gradivumque patrem, Geticis qui praesidet arvis,

rite secundarent visus omenque levarent.

Tertia sed postquam maiore hastilia nisu

adgredior, genibusque adversae obluctor harenae –

eloquar, an sileam ? – gemitus lacrimabilis imo

auditur tumulo, et vox reddita fertur ad auris:

'Quid miserum, Aenea, laceras? Iam parce sepulto;

parce pias scelerare manus. Non me tibi Troia

externum tulit, aut cruor hic de stipite manat.

Heu, fuge crudelis terras, fuge litus avarum:

nam Polydorus ego; hic confixum ferrea texit

telorum seges et iaculis increvit acutis.'

Agitant mille pensées, je suppliais les Nymphes champêtres

et le Père Gradivus , qui protège les guérets des Gètes,

de rendre ce prodige favorable et de conjurer ce mauvais présage.

Mais tandis qu'avec plus d'effort je m'en prends à un troisième rameau,

et qu'à genoux je lutte contre le sable qui résiste

– dois-je parler ou me taire ? – un gémissement plaintif

se fait entendre au fond du tertre, et une voix qui en sort vient frapper mes oreilles :

« Pourquoi donc, Énée, déchirer un malheureux ? épargne désormais ma tombe,

épargne un crime à tes mains pieuses. Étant natif de Troie,

je ne te suis pas étranger, et ce sang ne coule pas d'une souche.

Ah ! fuis ces terres cruelles, fuis ce rivage avide.

Car je suis Polydore : ici mon corps a été couvert

d'une moisson de traits d'airain, et ces javelots pointus ont pris en lui racine. »

Tum vero ancipiti mentem formidine pressus

obstipui, steteruntque comae et vox faucibus haesit.

Hunc Polydorum auri quondam cum pondere magno

infelix Priamus furtim mandarat alendum

Threicio regi, cum iam diffideret armis

Dardaniae, cingique urbem obsidione videret.

Ille, ut opes fractae Teucrum, et Fortuna recessit,

res Agamemnonias victriciaque arma secutus,

fas omne abrumpit; Polydorum obtruncat, et auro

vi potitur. Quid non mortalia pectora cogis,

auri sacra fames? Postquam pavor ossa reliquit,

delectos populi ad proceres primumque parentem

monstra deum refero, et quae sit sententia posco.

Alors, accablé d'une trouble épouvante,

je demeurai stupide , mes cheveux se dressèrent sur ma tête et ma voix resta dans ma gorge.

Ce Polydore était un fils de l'infortuné Priam, qui, se défiant déjà des armes de la Dardanie

et voyant le blocus de sa ville investie, l'avait envoyé jadis secrètement au roi de Thrace avec un lourd poids d'or, pour qu'on prît soin de l'élever.

Dès que la puissance des Teucères eut été brisée et que la fortune nous eut abandonnés

il suit le parti et les armes victorieuses d'Agamemnon,

et, au mépris de toutes les lois saintes, égorge Polydore et s'empare de son or.

A quoi ne pousses-tu pas le cœur des mortels,

exécrable soif de l'or ! Quand l'épouvante eut laissé mon être,

je rapporte aux principaux chefs du peuple  et à mon père

le premier ce prodige émané des dieux, et leur demande quel est leur avis.

Omnibus idem animus, scelerata excedere terra,

linqui pollutum hospitium, et dare classibus austros.

Ergo instauramus Polydoro funus, et ingens

aggeritur tumulo tellus; stant Manibus arae,

caeruleis maestae vittis atraque cupresso,

et circum Iliades crinem de more solutae;

inferimus tepido spumantia cymbia lacte

sanguinis et sacri pateras, animamque sepulchro

condimus, et magna supremum voce ciemus.

Tous, à l'unanimité, proposent de fuir cette terre criminelle,

de quitter un asile pollué et de livrer nos voiles aux Autans.

Nous célébrons donc les funérailles de Polydore ; on lui élève

pour tombeau un énorme amas de terre, on dresse aux Mânes des autels

endeuillés de sombres bandelettes et de noirs cyprès,

et les femmes d'Ilion se rangent à l'entour, les cheveux épars, selon le rite.

Nous versons des coupes écumantes d'un lait tiède encore,

et des patères pleines du sang des sacrifices, nous enfermons l'âme

dans son sépulcre et lui disons à haute voix l'adieu suprême.

Énéide, III, 22-68.

 

20. EVPHEMO

Euphemum Ciconum ductorem Troia tellus

condidit hastati Martis ad effigiem.

Nec satis est titulum saxo incidisse sepulcri:

insuper et frontem mole onerant statuae.

Ocius ista ruunt, quae sic cumulata locantur:

maior ubi est cultus, magna ruina subest.

Euphemos

Euphémos, chef des Cicones, est enseveli dans les champs de Troie, près d’une statue de Mars armé de la haste. Et l’inscription gravée sur la pierre sépulcrale ne suffit pas : une énorme statue charge encore le front de sa tombe. Ils s’écroulent bien vite, ces monuments accumulés ; et plus le faste est grand, plus grande est la ruine.

Eëfhmow d' Žrxòw Kikñnvn ·n aÞxmht‹vn

ußòw Troiz®noio diotref¡ow Ke‹dao.

Euphémos était le chef des Cicones porteurs de javelots,

fils de Trézène, nourrisson de Zeus, lui-même fils de Céas.

Iliade, II, 846-847.

 

21. HIPPOTHOO ET PYLEO IN HORTO SEPVLTIS

Hippothoum Pyleumque tenet gremio infima tellus:

caulibus et malvis terga superna virent.

Nec vexat cineres horti cultura quietos,

dum parcente manu molle holus excolitur.

Hippothoos et Pylée, enterrés dans un jardin

Hippothoos et Pylée, la terre profonde les renferme en son sein ;

La surface du sol verdoie de choux et de mauves.

La culture du jardin ne trouble point le repos de leurs cendres ;

car les légumes tendres sont cultivés d’une main légère.

„Ippñyoow d' ge fèla PelasgÇn ¤gxesimÅrvn

tÇn oã L‹risan ¤ribÅlaka naiet‹askon:

tÇn ·rx' „Ippñyoñw te Pælaiñw t' özow …Arhow

uåe dæv L®yoio Pelasgoè TeutamÛdao.

Hippothoos conduisait les tribus des Pélasges aux javelots furieux,

ceux qui habitent Larissa la fertile,

ceux à qui commandaient Hippothoos et Pylée rejeton d’Arès,

tous deux fils du Pélasge Léthos, lui-même fils de Teutamos.

Iliade, II, 840-843.

 

22. ENNOMO ET CHROMIO

Ennomus hic Chromiusque iacent, quis Mysia regnum,

quis pater Alcinous Oceanusque atavus.

Nobilitas quid tanta iuvat? quo clarius istis est

genus, hoc mortis condicio gravior.

Ennomos et Chromios

Ici reposent Ennomos et Chromios : la Mysie fut leur empire,

Alcinos leur père, et l’Océan leur aïeul.

A quoi bon cette haute noblesse ? Plus illustre est leur

origine, plus pesante la loi de la mort.

Héros troyens de second plan.

Ennomos est tué par Ulysse :

aétŒr ¦peita Yñvna kaÜ …Ennomon ¤jan‹rije.

ce furent ensuite Thoon et Ennomos qu’il dépouilla.

Iliade, XI, 422.

Chromios combat aux côtés d’Hector et d’Énée :

†Ektvr AÞneÛaw t' ±d¢ XromÛow yeoeid®w

Hector, Énée et Chromios semblable à un dieu...

Iliade, XVII, 534.

 

23. PRIAMO

Hic Priami non est tumulus nec condor in ista

sede: caput Danai deripuere meum.

Ast ego cum lacerum sine nomine funus haberem,

confugi ad cineres Hectoreos genitor.

Illic et natos Troiamque Asiamque sepultam

inveni et nostrum quidquid ubique iacet.

Priam

Ici n’est pas le tombeau de Priam ; je ne suis pas enterré en ce

lieu. Les Grecs ont arraché ma tête ;

et moi, cadavre mutilé, sans nom,

je me suis réfugié près des cendres d’Hector, je suis son père.

Là j’ai retrouvé aussi mes enfants et Troie et l’Asie, ensevelis,

et tout ce qui reste de nous sur la terre.

 

24. ITEM PRIAMO

Qui tumulum Priami quaerit, legat Hectoris ante.

Ille meus, nato quem prius ipse dedi.

Hectoris et patris simul est commune sepulcrum,

amborum quoniam iuncta ruina fuit.

Priam, autre épitaphe

Si on cherche le tombeau de Priam, qu’on lise d’abord l’inscription de celui d’Hector.

Ma tombe est celle que j’avais moi-même donnée d’abord à mon fils.

Hector et son père ont une commune sépulture,

parce qu’ils ont eu l’un et l’autre une ruine commune.

†Hrvow Pri‹mou baiòw t‹fow, oéx ÷ti toÛou

jiow Žll' ¤xyrÇn xersÜn ¤xvnnæmeya.

Du héros Priam voici la tombe exiguë, non que telle

il la méritât, mais nous avons été élevée par les mains d’ennemis.

Anth. Palat., VII, 136 (Antipater de Thessalonique).

 

25. HECVBAE

Quae regina fui, quae claro nata Dymante,

quae Priami coniunx, Hectora quae genui,

hic Hecuba iniectis perii superobruta saxis,

set rabie linguae me tamen ulta prius.

Fidite ne regnis et prole et stirpe parentum,

quicumque hoc nostrum sema kynos legitis.

Hécube

Moi qui fus reine, moi la fille de l’illustre Dymas,

moi l’épouse de Priam, moi la mère d’Hector,

Hécube, je suis morte ici écrasée sous des monceaux de pierres.

Mais ma langue avait auparavant servi ma rage et ma vengeance.

Ne vous fiez point à la royauté, au nombre de vos enfants, à la noblesse de votre origine,

vous qui lisez notre épitaphe au Tombeau de la Chienne.

 

26. POLYXENAE

Troas Achilleo coniuncta Polyxena busto

malueram nullo caespite functa tegi.

Non bene discordes tumulos miscetis, Achivi:

hoc violare magis quam sepelire fuit.

Polyxène

Polyxène la Troyenne, on m’enferme au tombeau d’Achille :

j’aurais mieux aimé que la terre ne couvrit jamais mon cadavre.

Vous faites mal, Achéens, de réunir ainsi deux tombes ennemies :

c’est un outrage plutôt qu’une sépulture.

 


Épitaphes des héros de la guerre de Troie: les Achéens


 

Epigraphie : sommaire

 


Ausone