PAUL
DIACRE
Paul Diacre (en langue lombarde Warnfridus,
Paul the Deacon en anglais) est né vers 720 d’une famille lombarde.
Il fait ses études à Pavie, puis il enseigne et devient diacre à
Aquilée.
Il fréquente la cour de Charlemagne de 782 à 786, date à laquelle il se
fait moine dans l’abbaye du mont Cassin.
Il y meurt vers 799.
Paul Diacre reste pour les musiciens l’immortel auteur du célèbre UT queant laxis REsonare
fibris … Pour en savoir plus, voyez le site très documenté Origine du nom des notes.
Paul Warnefride, diacre de l'Eglise d'Aquilée, puis moine au
mont Cassin, l'un des plus savants hommes de son siècle, qui semble s'être dès
lors attaché au même Prince, fut aussi un de ceux qui travaillèrent des
premiers au rétablissement des Lettres en France.
C'est ce que montrent les divers ouvrages qu'il y composa.
Tel est un vocabulaire [De verborum significatu, vers 785], qui
se trouve encore manuscrit en partie dans quelques bibliothèques.
Tel est le recueil
d'Homélies choisies des Pères [Homiliarum liber, vers 790], qu'il fit à la prière de Charlemagne, et que ce
Prince adressa à tous les Lecteurs des églises, tant pour servir aux offices de
l'Eglise, que pour inspirer aux ecclésiastiques quelque goût de l'antiquité.
Telle est enfin l'Histoire des évêques de Metz [Gesta episcoporum Mettensium, 782-786], qu'il
écrivit aux sollicitations d'Angelramne, ou Enguerran, un d'entre eux.
Nous passons sous silence les autres ouvrages de ce grand
Homme [Historia
Romana, vers 770; Vita beati Gregorii papae, vers 775 ; Historia Langobardorum, 785-799; sans
parler des poèmes et d’une abondante correspondance.], et ne pousserons pas
plus loin son histoire, parce qu'il ne fit que se montrer quelques années dans
nos Provinces, et qu'il retourna ensuite finir ses jours en Italie sa patrie.
Histoire littéraire de la France, par
des religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, Paris, 1866.
(source : Gallica, site de la BNF)
Quant à
Paul Diacre, il appartenait lui-même à ce peuple lombard dont il racontait les
destinées; il connaissait à fond son passé légendaire, il avait, dans sa propre
famille, des souvenirs qui s'y rattachaient d'une manière intime, et puis, fils
d'une race vaincue, il devait trouver quelque douceur à se bercer du murmure de
l'épopée nationale, au moment où le joug des Francs pesait si lourdement sur le
pays ! Nos deux chroniqueurs [Cassiodore et Paul Diacre] obéissaient donc chacun
à une grande inspiration : raviver les traditions nationales était pour
celui-ci un devoir de patriotisme, pour celui-là, un calcul de la politique.
Godefroid Kurth (1847-1916), Histoire
poétique des Mérovingiens, Paris, 1893.
(source : Gallica, site de la BNF)
VERSUS PAULI DIACONI
VERSUS PAULI DIACONI AD REGEM PRECANDO
Verba tui famuli, rex summe, adtende serenus,
Respice et ad fletum cum
pietate meum!
Sum miser, ut mereor, quantum vix ullus in orbe est,
Semper inest luctus tristis et
hora mihi.
Les
paroles de ton serviteur, très grand roi, écoute-les calmement,
dirige
aussi ton regard avec bienveillance sur ces pleurs que je verse !
Je suis
malheureux, c’est mon sort, plus peut-être que quiconque en ce monde,
il y a
toujours en moi chagrin amer et jugement dernier.
Septimus annus adest, ex quo nova causa dolores
Multiplices generat et mea
corda quatit:
Captivus vestris extunc germanus in oris
Est meus afflicto pectore,
nudus, egens.
Depuis
déjà six ans une cause nouvelle fait naître
des
douleurs multiples et frappe mon cœur :
mon frère
est prisonnier depuis ce temps dans votre pays,
le coeur
blessé, nu, dépourvu de tout.
Illius in patria coniunx miseranda per omnes
Mendicat plateas ore
tremente cibos;
Quattuor hac turpi natos sustentat ab arte,
Quos vix pannuciis praevalet
illa tegi.
Dans sa
patrie, sa pitoyable femme mendie
de la
nourriture sur toutes les places d’une voix tremblante.
Ses
quatre enfants, elle les maintient en vie par cette honteuse activité,
ses
enfants qu’elle a bien du mal à couvrir même de haillons.
Est mihi, quae primis Christo sacrata sub annis
Excubat, egregia simplicitate soror;
Haec sub sorte pari luctum sine fine retentans
Privata est oculis iam prope
flendo suis.
J’ai
aussi une sœur, qui a été consacrée au Christ dès son plus jeune âge
et qui
veille sur nous, dans sa simplicité remarquable ;
elle
subit un sort semblable et retient un chagrin sans fin,
pourtant
elle a perdu ses yeux ou presque à force de pleurer.
Quantulacumque fuit, direpta est nostra supellex
Nec est, heu, miseris qui
ferat ullus opem.
Coniunx est fratris rebus exclusa paternis
Iamque sumus servis
rusticitate pares.
Pour
mince qu’il fussent, nos biens furent pillés,
et il
n’est personne, hélas, qui porte secours aux malheureux.
la femme
de mon frère est écartée de ses biens paternels
et nous
sommes désormais semblables aux serfs par notre rusticité.
Nobilitas periit, miseris accessit
egestas;
Debuimus,
fateor, asperiora pati.
Sed miserere, potens rector, miserere,
precamur,
Et tandem finem his, pie, pone malis!
Notre
noblesse a péri, aux malheurs s’est ajoutée l’indigence ;
nous
étions destinés, j’en conviens, à subir un destin plus tragique,
mais aie pitié
de nous, puissant maître, aie pitié, nous t’en supplions,
et mets
enfin un terme, dans ta bienveillance, à nos malheurs !
Captivum patriae redde et civilibus arvis,
Cum modicis rebus culmina
redde simul,
Mens nostra ut Christo laudes in saecla frequentet,
Reddere qui solus praemia
digna potest!
Rends le
captif à sa patrie et à ses labours d’homme libre,
avec bien
peu de choses rends-lui en même temps les sommets de l’honneur,
afin que
notre esprit pour les siècles à venir célèbre la gloire du Christ
le seul
qui puisse rendre à chacun les récompenses qu’il mérite.
Les Lombards espéraient une revanche; ils bloquaient Ravenne et
menaçaient Rome. A l'appel du pape, Charlemagne descendit en Italie, battit et
déposa leur roi Didier. Il lui enleva la fameuse couronne de fer (ainsi appelée
parce quelle aurait été en partie forgée, disait-on, avec le fer des clous qui
fixèrent Jésus à la Croix) et prit le titre de roi des Lombards (774). Malet et Isaac, L’histoire, tome
1, Marabout Histoire.
Hildegard, rapuit, subito te funus acerbum,
Ceu raptat Boreas vere
ligustra novo.
Explevit necdum vitae tibi circulus annum,
Annua nec venit lux geminata
tibi.
Parvula, non parvum linquis, virguncula, luctum
Confodiens iaculo regia
corda patris.
Matris habens nomen renovas de matre dolorem,
Postquam vixisti vix quadraginta dies.
Pectore nos maesto lacrimarum fundimus
amnes,
Tu nimium felix gaudia longa petis.
ÉPITAPHE
D’HILDEGARDE, MA FILLE
Hildegarde,
une mort cruelle t’a enlevée sans prévenir,
comme
Borée emporte les troènes au début du printemps.
Pour toi,
le cercle de la vie n’a pas encore achevé son année,
Pour toi,
la double lumière du parhélie annuel n’est pas venue.
Toute
petite, tu laisses, toute petite fille, un chagrin loin d’être petit,
transperçant
d’un javelot le royal cœur de ton père ;
portant
le nom de ta mère, tu redoubles la douleur de ta mère,
à l’idée que
n’as vécu tout juste que quarante jours.
Nous, le
cœur en peine, nous versons des torrents de larmes,
Toi, par
trop bienheureuse, tu vas vers de longues joies.
Il s’agit d’une fille
de Charlemagne et d’Hildegarde, née fin 782 et morte début 783. Sa mère est
morte cette même année.
Je me demande si l’on
ne devrait pas attribuer ce poème à Charlemagne : le titre EPITAPHIUM HILDEGARDIS FILIAE se comprend comme
« Épitaphe de MA fille Hildegarde ». Bien sûr, Paul Diacre a pu le
composer au nom de son roi…
VERSUS PAULI DIACONI AD REGEM
PRECANDO
Verba tui famuli, rex summe, adtende serenus,
Respice et ad fletum cum
pietate meum!
Sum miser, ut mereor, quantum vix ullus in orbe est,
Semper inest luctus tristis
et hora mihi.
Prière au roi
Les paroles
de ton serviteur, très grand roi, écoute-les calmement,
Et regarde
avec bienveillance mes pleurs !
Je suis aussi
malheureux – et je le mérite – qu’on peut je crois l’être en ce
monde,
Je suis toujours hanté par un chagrin amer et par l’heure
dernière.
Ces
deux distiques répondaient peut-être à Charlemagne qui reprochait à
Paul Diacre de pas venir le rejoindre à l’armée.
De puero, qui in glacie extinctus est
Trax puer adstricto glacie dum ludit in Hebro,
Frigore concretas pondere rupit
aquas.
Dumque imae partes rapido traherentur ab amni,
Praesecuit tenerum lubrica testa caput.
Orba quod inventum mater dum conderet urna,
« Hoc peperi flammis, cetera», dixit, «aquis».
L’enfant décédé dans la glace
Alors que le jeune
Trax jouait sur l’Ebre solidifié par la glace,
il rompit
sous son poids les eaux durcies par le froid.
Alors que le
bas de son corps était entraîné par le courant rapide,
un glaçon
glissant trancha la tendre tête.
On la ramassa
et alors que sa mère en deuil la plaçait dans une urne,
elle
dit : « J’ai mis ceci au monde pour les flammes, le reste pour les
eaux ».
POUR CHANTER LES LOUANGES DE SAINT JEAN-BAPTISTE
Ut queant laxis resonare
fibris
mira gestorum famuli tuorum,
solve polluti labii reatum,
sancte Iohannes!
Pour que
puissent résonner sur la bouche large ouverte
de ton
serviteur les merveilles de tes actions,
efface le
péché de ma lèvre impure,
saint
Jean.
Nuntius celso veniens Olympo
te patri magnum fore nasciturum,
nomen et vitae seriem gerendae
ordine promit.
Un ange
venant du haut de l’Olympe
annonce
dans l’ordre à ton père
qu’un
grand homme va lui naître,
il
annonce ton nom et le déroulement de ta vie.
Luc,
1.5-1.17 :
Du
temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de
la classe d'Abia; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait
Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière
irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils
n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile ; et ils
étaient l'un et l'autre avancés en âge. Or, pendant qu'il s'acquittait de ses
fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort,
d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir
le parfum. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du
parfum.
Alors
un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel
des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui.
Mais l'ange lui dit : « Ne crains point, Zacharie; car ta prière a
été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom
de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se
réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira
ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein
de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur
Dieu ; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour
ramener les coeurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des
justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.
Ille promissi dubius superni
perdidit promptae modulos loquelae;
sed reformasti genitus peremptae
organa vocis.
Celui-ci
hésitant à croire cette annonce d’en-haut
en perdit
les modulations de la parole courante
mais tu
as restitué de la voix perdue de ton père
les sons
harmonieux.
Luc,
1.18-1.23 :
Zacharie
dit à l'ange : « A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et
ma femme est avancée en âge ». L'ange lui répondit : « Je suis
Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j'ai été envoyé pour te parler, et pour
t'annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras
parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes
paroles, qui s'accompliront en leur temps. »
Ventris abstruso positus cubili
senseras regem thalamo manentem,
hinc parens nati meritis uterque
abdita pandit.
Placé
dans le berceau obscur du ventre,
tu avais
perçu la présence royale dans la chambre,
c’est
ainsi que tes deux parents pour le bien de leur enfant
ouvrent
leurs entrailles.
Luc,
1.24-1.25 ; 1.78 :
Quelque
temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq
mois, disant : « C'est la grâce que le Seigneur m'a faite, quand il a
jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes. » […]
« Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, en vertu de
laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut ».
Antra deserti teneris sub annis
civium turmas fugiens, petisti,
ne levi saltim maculare vitam
famine posses.
Tu
recherchas tout jeune encore
les
grottes du désert, fuyant les bataillons de tes contemporains,
afin que
ta vie ne puisse être rendue impure
par une
tentation même légère.
Luc,
3.2-4 :
La
parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il
alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de
repentance, pour la rémission des péchés, selon ce qui est écrit dans le livre
des paroles d'Ésaïe, le prophète: « c'est la voix de celui qui crie dans
le désert ».
Praebuit hirtum tegimen camelus,
artubus sacris strofium bidentis,
cui latex haustum, sociata pastum
mella locustis.
Le
chameau te fournit un vêtement fait de ses poils,
une
ceinture de cuir de mouton autour des reins,
toi pour
qui la boisson est l’eau, la nourriture un mélange
de miel
et de sauterelles.
Matthieu,
3.4 : Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir
autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Caeteri tantum cecinere vatum
corde praesago iubar adfuturum;
tu quidem mundi scelus auferentem
indice prodis.
Les
autres prophètes avaient seulement chanté
avec la
prescience du cœur que l’Astre brillerait ;
mais toi
tu dévoiles par un indice
la venue
de celui qui ôte le péché du monde.
Non fuit vasti spatium per orbis
sanctior quisquam genitus Iohanne,
qui nefas saecli meruit lavantem
tingere limphis.
Il n’y
eut pas dans l’étendue de la vaste Terre
quelqu’un
qui fût plus saint que Jean,
lui qui
lavant l’impureté du siècle mérita
de
baptiser par les eaux.
Luc,
3.16 : il leur dit à tous: « Moi, je vous baptise d'eau; mais il
vient, celui qui est plus puissant que moi … Lui, il vous baptisera du Saint
Esprit et de feu. »
O nimis felix meritique celsi
nesciens labem nivei pudoris,
prepotens martyr heremique cultor,
maxime vatum!
O trop
heureux aussi de tes éminents services,
Toi qui
ne connais de souillure sur ta vertu blanche comme neige,
Très
puissant martyr qui ensemences le désert,
Le plus
grand des prophètes !
Marc,
1.2, 1.3 :
Selon
ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète: Voici, j'envoie devant toi mon
messager, Qui préparera ton chemin;
C'est
la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur,
Aplanissez ses sentiers.
Luc,
3.18 :
C'est
ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore
beaucoup d'autres exhortations.
Serta ter denis alios coronant
aucta crementis, duplicata quosdam;
trina centeno cumulata fructu
te, sacer, ornant.
Des
couronnes à trois fois dix tresses coiffent les uns,
enrichies
d’ornements ; certains en ont des doubles ;
une
triple couronne enrichie de cent récoltes
orne ta
tête, saint homme.
Nunc potens nostri meritis opimis
pectoris duros lapides repelle
asperum planans iter, et reflexos
dirige calles,
Maintenant
dans ta puissance avec tes mérites féconds
repousse
de nos cœurs les pierres dures
aplanissant
le rude chemin, et
dirige
vers eux les chemins
Nunc potens nostri meritis opimis
pectoris duros lapides repelle
asperum planans iter, et reflexos
dirige calles,
Maintenant
dans ta puissance avec tes mérites féconds
repousse
de nos cœurs les pierres dures
aplanissant
le rude sentier, et
dirige
loin d’elles nos chemins,
Marc,
1.2-3 : Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète :
« Voici, j'envoie devant toi mon messager qui préparera ton chemin ;
c'est la voix de celui qui crie dans le désert ; préparez le chemin du
Seigneur, aplanissez ses sentiers. »
Luc,
3.5 : Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront
abaissées; ce qui est tortueux sera redressé, et les chemins raboteux seront
aplanis.
ut pius mundi sator et redemptor
mentibus pulsa luvione puris
rite dignetur veniens sacratos
ponere gressus.
Pour que
le respecté créateur et rédempteur,
La boue
ayant été chassée de nos esprits purifiés,
Reconnaissant
accepte à son retour
D’y poser
ses pas sanctifiés.
Laudibus cives celebrant superni
te, deus simplex pariterque trine,
supplices ac nos veniam precamur:
parce redemptis!
De leurs
hymnes les élus et les anges te rendent grâce,
Dieu
unique dans la trinité,
et nous
pauvres pécheurs nous implorons ton pardon
aie pitié
de nous repentants.
ORAISON, PRIÈRE PUBLIQUE, ACTION DE GRÂCES, ETC.
Il reste très peu de formules de
prières publiques des peuples anciens. Nous n’avons que la belle hymne d’Horace
pour les jeux séculaires des anciens Romains. Cette prière est du rythme et de
la mesure que les autres Romains ont imités longtemps après dans l’hymne Ut
queant laxis resonare fibris.
Le Pervigilium Veneris est dans un goût
recherché, et n’est pas peut-être digne de la noble simplicité du règne
d’Auguste. Il se peut que cette hymne à Vénus ait été chantée dans les fêtes de
la déesse; mais on ne doute pas qu’on n’ait chanté le poème d’Horace avec la
plus grande solennité.
Il faut avouer que le poème séculaire d’Horace
est un des plus beaux morceaux de l’antiquité, et que l’hymne Ut queant
laxis est un des plus plats ouvrages que nous ayons eus dans les temps
barbares de la décadence de la langue latine. L’Église catholique, dans ces
temps-là, cultivait mal l’éloquence et la poésie. On sait bien que Dieu préfère
de mauvais vers récités avec un coeur pur, aux plus beaux vers du monde bien
chantés par des impies: mais enfin de bons vers n’ont jamais rien gâté, toutes
choses étant d’ailleurs égales. Voltaire, Dictionnaire
philosophique.
Ave Maris Stella
Ave maris stella,
Dei Mater alma,
Atque semper Virgo,
Felix caeli porta.
Je vous
salue étoile de la mer,
Auguste mère
de Dieu
et toujours
vierge,
douce porte
du ciel.
Sumens illud Ave,
Gabrielis ore,
Funda nos in pace,
Mutans Hevae nomen.
En
accueillant cet Ave
des lèvres de
Gabriel,
affermissez-nous
dans la paix,
en changeant
le nom d'Eve.
Solve vincla reis,
Profer lumen caecis,
Mala nostra pelle,
Boria cunta posce.
Dénouez les
liens des pécheurs,
rendez la
lumière aux aveugles.
Enlevez tous
les maux,
obtenez-nous
tous les biens.
Monstra te esse matrem,
Stimat per te preces,
Qui pro nobis natus,
Tulit esse tuus.
Montrez que
vous êtes Mère,
en faisant
agréer nos prières
Par celui
qui pour nous
daigna
naître de vous.
Virgo singularis,
Inter omnes mitis,
Nos culpis solutos,
Mites, fac et castos.
O vierge
sans égale,
douce entre
toutes,
Délivrez
nous du péché,
rendez nous
chastes et doux.
Vitam praesta puram,
Iter para tutum,
Ut videntes Jesum,
Semper collaetemur.
Donnez nous
une vie pure,
assurez nous
des chemins sûrs
Afin que la
vue de Jésus nous donne
à jamais
part à votre joie.
Sit laus Deo patri,
Summo Christo decus,
Spiritui Sancto,
Tribus honor unus.
Louange à
Dieu le Père
ainsi qu'au
Christ dans sa gloire,
Et à
l'Esprit Saint
aux trois
Personnes Honneur égal.
Amen.
Ainsi
soit-il.
Texte et traduction : http://ccvienne.free.fr/textes/ave-maris-stella.html
Le lac de Côme
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