Noctes Gallicanae
Epigraphie
latine
Inscriptions
chrétiennes et modernes de Rome
Je ne
garantis pas l’authenticité de toutes ces inscriptions que j’emprunte pour la
plupart à un beau livre du XIXe siècle :
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ROME, ses églises, ses monuments, ses institutions Par M. l’abbé Rolland Chanoine honoraire de Tours, membre de la Société archéologique de Touraine, etc. Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, MDCCCLXXXVI |
L’abbé Rolland était animé par une foi de charbonnier et n’a pas de mots assez durs pour les « splendeurs et les hontes du paganisme ». Je n’ai pourtant pas cru devoir résister à la tentation de citer de temps en temps le commentaire qu’il fait de certaines inscriptions. Ses informations, qui n’engagent que leur auteur, m’ont paru dignes d’intérêt, même si je suis loin de partager toutes les vues de ce saint homme.
Saint Pierre aurait été logé chez le sénateur Pudens dont la maison était située au pied de l’Esquilin. Pudentienne était une petite fille du sénateur, martyrisée.
« L’autel
est une simple planche de chêne enchâssée dans le marbre, il a servi à saint
Pierre. »
Je
laisse à l’abbé la responsabilité de cette affirmation.
« Sur
le côté de droite en regardant l’autel, et à côté de l’autel même, on
lit :
IN HOC ALTARI
SANCTUS PETRUS
PRO VIVIS ET DEFUNCTIS
AD AUGENDAM
FIDELIUM MULTITUDINEM
CORPUS ET
SANGUINEM DOMINI OFFEREBAT
ET EST ALTARE PRIVILEGIATUM
PRO SUFFRAGIIS
DEFUNCTORUM
« Sur
cet autel saint Pierre, pour les vivants et les morts, afin d’augmenter la
foule de ceux qui ont la foi, offrait le corps et le sang du Seigneur et cet
autel a des vertus particulières pour les prières des morts. »
On lit
sur l’autre mur vis-à-vis :
IN HAC AEDE
SANCTÆ PUDENTIANÆ
FUIT
PRIMUM HOSPITIUM
SANCTI PETRI
PRINCIPIS APOSTOLORUM
QUO FIDELES
SACROSANCTUM
EUCHARISTIÆ SACRAMENTUM
CHRISTIANO RITU
SUMPTURI ACCEDEBANT
« Dans
ce temple de sainte Pudentienne fut le premier asile de saint Pierre, prince
des apôtres, où ceux qui avaient la foi se rendaient pour recevoir le
sacro-saint sacrement de l’eucharistie selon le rite chrétien. »
Sœur de
Pudentienne.
« Le
pape saint Pascal fit bâtir cette église, et y fit transporter les ossement de
deux mille trois cents martyrs… »
QUORUM NOMINA SCIT OMNIPOTENS
« Dont
le Tout-puissant connaît les noms. »
HVNC LOCVM VBI AVGVSTI MANES VOLITANT PER AVRAS
POSTQVAM IMPERATORIS MAVSOLEVM EX SAECVLORVM TENEBRIS
EST EXTRACTVM ARAEQVE PACIS DISIECTA MEMBRA REFECTA
MVSSO[LINI DVX ( ?)] VETERIBVS ANGVSTIIS DELETIS
SPLENDIDIORIBVS
[FACTI]S AEDIFICIIS AEDIBVS AD HUMANITATIS MORES APTIS
ORNANDVM CENSVIT ANNO MDCCCCXL

« Ce lieu, où les Mânes d’Auguste voltigent dans
la brise,
après que le mausolée de l’Empereur eut été arraché
aux ténèbres des siècles,
et qu’eurent été rassemblés les éléments épars de
l’Autel de la Paix,
[le duce ?] Musso[lini], ayant fait raser les vieilles
constructions parasites et rendre tout leur éclat
à ces édifices, constructions qui relèvent du
patrimoine de l’humanité,
a décidé de le restaurer en l’an 1940. »
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3 : le nom de Mussolini a été martelé, mais pourquoi pas
complètement ? Pour qu’on puisse le lire sans qu’il soit vraiment
écrit ? Je pense à la damnatio
memoriae qui a frappé Néron !
L’espace
est trop long pour le nom seul, un peu court pour qu’on y insère
« duce », « dux » peut-être ?
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