Noctes Gallicanae
Epigraphie
latine
Tablettes
Vindolanda :
un fortin romain de Grande-Bretagne. Plus tard passera à proximité le mur
d’Hadrien.
En 105 ap.
J.-C., la garnison, mutée sur la frontière du Danube, détruit ses archives au
moment d’évacuer le fort. Mais la pluie a raison du feu et quantité de
tablettes vont se conserver plus ou moins intactes protégées par une croûte
carbonisée.
On a
ainsi retrouvé évidemment des documents militaires, mais aussi le journal du
cuisinier du commandant du camp (listes d’invités et menus), des lettres comme
celle d’un certain Octavius qui cherche à emprunter de l’argent à un certain
Candidus et se plaint du mauvais état des routes.
Une des
lettres les plus intéressantes est une invitation à une fête adressée par la
femme du commandant du camp par sa sœur, elle-même épouse du commandant d’un
fortin voisin.
Cette lettre est écrite à
l’encre sur de minces planchettes de bois. La première partie du texte a été
écrite par un secrétaire professionnel, mais les lignes 11 à 14 pourraient bien
être de la main de Claudia Severa elle-même (tout comme on ajoute quelques mots
à la main sur une carte de voeu ou sur une invitation), ce qui en ferait le
plus ancien document manuscrit authentique écrit de la main d’une femme dans le
monde romain. Les planchettes étaient attachées l’une contre l’autre. Le dos
comporte les adresses du destinataire et de l’expéditeur
[PAGINA I]
SVLPICAE LEPIDINAE
[. . .]I CERIALIS
[. . .]VERA
[PAGINA II]
CL SEVERA LEPIDINAE [. .]
[.]L[.]TEM
III IDVS SEPTEMBR[.]S SOROR AD DIEM
SOLLEMNEM NATALEM MEVM ROGO
LIBENTER
FACIAS VT VENIAS
AD NOS IVCVNDIOREM MIHI
[PAGINA III]
[. . .] INTERVENTV TVO FACTVRA SI
[. . .]S
CERIAL[. . .]VM SALVTA AELIVS MEVS
ET FILIOLVS
SALVTANT
VALE SOROR
ANIMA
MEA ITA VALEAM
KARISSIMA ET
HAVE
Sulpiciae
Lepidinae
Flavii
Cerialis
a
Severa
Claudia
Severa Lepidinae suae salutem.
III Idus
Septembres, soror, ad diem sollemnem natalem meum rogo libenter facias ut
venias ad nos : iucundiorem mihi diem interventu factura si venies. Cerialem
tuum saluta. Aelius meus et filiolus salutant.
[altera
manu] Sperabo te, soror. Vale, soror, anima mea.
Ita
valeam, carissima, et have.
Dest. : Sulpicia Lepidina, épouse de Flavius Cerialis
Exp. : Severa
Le bonjour de Claudia Severa à sa chère Lepidina.
Le 3ème jour des ides de septembre (le 11 septembre),
ma sœur, je souhaite sincèrement que tu puisses venir chez nous pour mon
anniversaire : par ta présence, tu me rendras ce jour encore plus agréable
si tu viens. Donne le bonjour à ton cher Cerialis. Mon Aelius et mon petit
garçon te donnent le bonjour.
[D’une
autre main] Je compte sur toi, ma sœur. Porte-toi
bien, ma sœur, ma chère âme, puissé-je ainsi me bien porter, ma chérie. Le
bonjour.
Sources :
plusieurs sur la Toile, en particulier
http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/
et
aussi
http://www.uky.edu/ArtsSciences/Classics/dfr-severa.html
http://www.ls.uidaho.edu/Luschnig/Roman%20Letters/sev.htm
http://www.athenapub.com/hadwvin1.htm