Noctes Gallicanae
Epigraphie latine
Rituel
des Frères Arvales
Le collège des frères Arvales célébrait un culte
agraire dans le bois sacré de la dea Dia à 7,5 km de Rome sur la via Campana. Il comprenait notamment les Ambarvalia, trois jours de fête autour du 29 mai. Les fragments
retrouvés de leur rituel restent énigmatiques.
Arvalis dérive du substantif arva, « terre labourée » et Varron (Ling. Lat., 15) définit
les Fratres
Arvales comme qui sacra
publica faciunt propterea ut fruges ferant arva ceux qui font
des sacrifices pour que les champs labourés donnent des récoltes.
Dans son Histoire naturelle, XVIII, 2, Pline attribue l’origine de cette confrérie
à Romulus : Arvorum
sacerdotes Romulus in primis instituit seque duodecimum fratrem appellavit
inter illos Acca Larentia nutrice sua genitos Romulus institua en premier lieu les prêtres Arvales et
se nomma lui-même le douzième frère en même temps que ceux qu’avait mis au
monde sa nourrice Acca Larentia.
Aulu-Gelle confirme cette tradition :
Sed Acca Larentia corpus in
vulgus dabat pecuniamque emeruerat ex eo quaestu uberem. Ea testamento, ut in Antiatis
Historia scriptum est, Romulum regem, ut quidam autem alii tradiderunt, populum
Romanum bonis suis heredem fecit. Ob id meritum a flamine Quirinali sacrificium
ei publice fit et dies e nomine eius in fastos additus. Sed Sabinus Masurius in
primo Memorialium, secutus quosdam historiae scriptores, Accam Larentiam Romuli
nutricem fuisse dicit. Ea, inquit, mulier ex duodecim filiis maribus unum morte
amisit. In illius locum Romulus Accae sese filium dedit seque et ceteros eius
filios fratres Arvales appellavit. Ex eo tempore collegium mansit fratrum
Arvalium numero duodecim, cuius sacerdotii insigne est spicea corona et albae
infulae.
Mais Acca
Larentia livrait son corps au public et elle avait gagné à ce commerce beaucoup
d’argent. Dans son testament elle institua héritier de ses biens le roi
Romulus, comme l’écrit dans son Histoire Valerius Antia, le peuple
romain, selon d’autres traditions. Pour ce mérite un sacrifice lui est fait au
nom de l'État par le flamine de Quirinus et un jour à son nom fut ajouté aux
fastes. Mais Sabinus Masurius dans le premier livre de ses Memorialia à la suite de certains
historiens, dit qu'Acca Larentia fut la nourrice de Romulus. « Cette
femme, dit-il, avait douze fils mâles, elle en perdit un qui mourut. A sa place
Romulus se donna pour fils à Acca Larentia et ils s'appelèrent, lui et les
autres fils, frères Arvales. Depuis ce temps le collège des frères Arvales
compte douze membres ; l'insigne de cette prêtrise est la couronne d'épis
et les bandelettes blanches.
Aulu-Gelle, VII, 7 : De Acca Larentia et Gaia Taracia deque origine
sacerdotii fratrum arvalium
Leur
rituel, très complexe et sans doute très archaïque, a été conservé dans de
nombreuses inscriptions. Voici deux extraits de l’une d’entre elles, qui date du
règne de Gordien, 238-240 ap. J.-C. (AE 1915, 0102).
PR KAL APRIL
[FR]A[T]RES
ARVALES IN LVCO DEAE DIAE VIA CAMP APVD LAP V CONV
PER FAB FORTVNATVM VICTORINVM PROMAG VICE FL LVCILIANI
MAG OP INCHOANDI CAVSA LVCI SVBLVCANDI ET ARBORVM
OBLAQVEAND ET ALIAR RESTITVENDARVM HVIVS REI LVSTRVM
MISSVM SVOVETAVR MAIORIB ET ANTE AED DEAE DIAE B F AV
IVNCTAS ALB N II IANO PATR AR N II IOV VERB N II SIVE
DEO SIVE DEAE VERB N II VIRG OV N II FAMVL DIS VERB N
II
LAR VERB N II MATRI LAR OV N II FLOR OV N II VEST M OV
N II
ITEM ANTE CAES GEN D N IMP M ANTONI GORDIANI P F A T A
SOLEMN SACRIF
FACTIS FELICIA DIX
Pridie Kalendas Apriles. Fratres
Arvales in luco deae Diae via Campana apud lapidem V convenerunt per Fabium
Fortunatum Victorinum promagistrum vice Flavi Luciliani magistri, operis inchoandi causa luci
sublucandi et arborum oblaqueandarum
et aliarum restituendarum. Huius rei lustrum missum suovetaurilibus maioribus
et, ante aedem, deae Diae boves feminas auro iunctas albas numero II, Iano
Patri arietes numero II, Iovi verbeces numero II, sive deo sive deae verbeces
numero II virginibus oves numero II, famulis dis verbeces numero II, Laribus
verbeces numero II, matri Larum oves numero II, Florae oves numero II, Vestae matri
oves numero II. Item, ante caesareum, Genio domini nostri Imperatoris Marci
Antoni Gordiani Pii Felicis Augusti
taurum auratum. Solemnibus sacrificiis factis felicia dixerunt
La veille des calendes d’avril (31
mars). Les frères Arvales se sont réunis dans le bois sacré de la déesse Dia
sur la voie Campana à la borne 5, sous la présidence de Fabius Fortunatus
Victorinus, Vice-maître, remplaçant le Maître Flavius Lucilianus, pour
commencer les opérations : éclaircir le bois sacré, déplacer des arbres et
en remettre d’autres. La cérémonie de purification de cette action commença par
un suovétaurile solennel puis, devant le temple, à la déesse Dia on sacrifia
des génisses blanches au nombre de deux attelées d’un joug d’or, à Janus Pater
des béliers au nombre de deux, à Jupiter des moutons au nombre de deux, à la
divinité masculine ou à la divinité féminine des moutons au nombre de deux et
de jeunes brebis au nombre de deux, aux dieux subalternes des moutons au nombre
de deux, aux Lares des moutons au nombre de deux, à la Mère des Lares des
brebis au nombre de deux, à Flora des brebis au nombre de deux, à Vesta Mère
des brebis au nombre de deux. Ensuite, devant l’autel des Césars, au Génie de
notre maître l’empereur Marcus Antonius Gordianus Pius Felix Auguste un taureau
aux cornes recouvertes d’or. Les sacrifices rituels accomplis, les frères
Arvales prononcèrent les formules de bénédiction.
III KAL IVN
[IN LVCO DEAE DIAE FAB FORTVNATVS VICTORINVS PROMAG AD
ARAM]
[IMMOLAVIT
PORCILIAS PIACVLARES N II LVCI COINQVIENDI]
[ET
OPERIS FACIVNDI IBI VACCAM HONORARI]AM
DEAE DIA[E IM]
[MOLAVIT ET
INDE IN TETRASTY]LO REVERSVS SVBSELLIS CONSE[DIT]
[DEINDE REVERSVS AD AR]AM DEAE DIAE EXTAS PORCILIARVM
II
REDDIDIT ET AD FOCVLVM ARG EXTA BACCHAE REDDIDIT [FEL]
DIX ET IN TETRASTVLVM
REVERSVS EST ET SVBSELLIS C[ONSED]
ET IN CODICE
CAVIT SE ADFVISSE ET SACR FECISSE ET EXTAS [RED]
DIDISSE PRAETEXTA DEPOSVIT ET IN BALNEO IBIT
REVER[SVS]
COLLEGAS SVOS
VENIENTES EXCEPIT POSTQVAM PLENVS NV[MER]
VS COLLEGARVM CONVENIT TVNC VTRIQVE PRAETEXTA PO[S)]
ET IN
TETRASTVLO SVBSELL CONS ET IN CODICE CAVER SE ADFV
ISSE ET SACR
FECISSE ET MENSA PVMILA SINE FERRO ANTE IPSOS
POSITA EST ET
PANES SILIGINEOS ACCEP ET DE SANGVNCVLO
PORCILIARVM
VESCITI SVNT ET DE PORCILIAS PARTITI ET EPV
LATI SVNT ET
IN TETRASTVLO CAPITA VELAVERVNT ET LVCVM
ASCENDER ET
PROMAG ET FLAM STRVIB ET FERT FECER ET
IMMOL AGNA OP
ALBA AD LITATIONE EXTA INSPEXERVNT ET
III Kalendas Iunias. In luco deae Diae,
Fabius Fortunatus Victorinus promagister ad aram immolavit porcilias piaculares
numero II, luci coinquiendi et operis faciundi. Ibi vaccam honorariam deae Diae
immolavit et inde in tetrastylo reversus subsellis consedit. Deinde reversus ad
aram deae Diae, extas porciliarum II reddidit et ad foculum argenteum extam bacchae
reddidit. Felicia dixit. Et in tetrastulum reversus est et subsellis consedit
et in codice cavit se adfuisse et sacrum fecisse et extas reddidisse.
Praetextam deposuit et in balneo ibit. Reversus collegas suos venientes
excepit. Postquam plenus numerus collegarum convenit, tunc utrique praetextas
posuerunt et in tetrastulo subsellis consederunt et in codice caverunt se
adfuisse et sacrum fecisse. Et mensa pumila sine ferro ante ipsos posita est et
panes siligineos acceperunt et de sangunculo porciliarum vesciti sunt et de
porcilias partiti et epulati sunt. Et in tetrastulo capita
velaverunt et lucum ascenderunt. Et promagister et flamen struibus et fertis
fecerunt et immolaverunt agnam opimam albam ad litationem extas inspexerunt.
Le 3 des calendes de juin (30 mai).
Dans le bois sacré de la déesse Dia, Fabius Fortunatus Victorinus, Vice-maître,
immola à l’autel les jeunes truies expiatoires au nombre de deux en raison de
l’émondage du bois et des travaux accomplis. Il y immola une vache en l’honneur
de la déesse Dia et de là, revenu dans le tétrastyle, il siégea sur les bancs.
Puis, revenu à l’autel de la déesse Dia, il offrit en sacrifice les entrailles
des deux jeunes truies et sur un brasero argenté les entrailles de la vache, et
il prononça les formules de bénédiction. Et il revint dans le tétrastyle, et il
siégea sur les bancs et il prit soin de consigner dans le registre qu’il était
présent et qu’il avait fait le sacrifice et qu’il avait offert les entrailles.
Il ôta sa toge prétexte et il alla se baigner. De retour, il accueillit ses
collègues qui venaient le rejoindre. Lorsque le nombre total de ses collègues
fut réuni, alors ses collègues et lui endossèrent leur toge prétexte et allèrent
siéger dans le tétrastyle sur les bancs et prirent soin de noter dans le
registre qu’ils étaient présents et qu’ils avaient accompli le sacrifice. La
table en bois de vigne sans fer fut déposée devant eux et ils reçurent les
pains blancs et consommèrent le boudin des jeunes truies et festoyèrent de
morceaux des jeunes truies. Et dans le tétrastyle, ils se couvrirent la tête et
montèrent au bois sacré et le Vice-maître et le flamine firent les prémisses de
gâteaux et de pains sacrés et immolèrent une grasse agnelle blanche et
examinèrent les entrailles pour savoir si le sacrifice était heureux.
Une
cérémonie en 37 ap. J.-C. : des participants illustres.
] T(ITI)
SE]XTI AFRICANI CONLEGI(I) FRA
[TR]VM ARVALIVM NOMINE
[AD] ARAM IMMOLAVIT DEAE
DIAE VACCAM DEINDE IN AE
DE IN FOCO SACRIFICIO FACTO
IMMOLAVIT DEAE
DIAE AGNAM
OPIMAM QVO PERFECTO E
CARCERIBVS RICINIATVS CO
RONATVS SIGNVM QVADRIGI[S]
ET DESVLTORIBVS MISIT
ADFVERVNT M SILANVS P MEMMIVS REGVLV[S]
L SALVIVS OTHO MESSALA
CORVINVS
Q CAECINA
PRIMO
P TREBONIO COS
IIII IDVS OCTOBR AVGVSTA
IBVS IN TEMPLO NOVO
[[A
VITELLIVS]] PROMAGISTER
MAGISTERIO T
SEXTI AFRICANI
CONLEGI
FRATRVM ARVALIVM
NOMINE
IMMOLAVIT DIVO
AVGVSTO BOVEM
MAREM
DIVAE AVGVSTAE VACCAM
IN COLLEGIO ADFVERVNT
NERO CAESAR PRINCEPS
IVVENTVTIS P MEMMIVS
REGVLVS L SALVIVS OTHO
M SILANVS C PISO MESSALA CORVINVS
] Titi Sexti
Africani, conlegii fratrum Arvalium nomine, ad aram immolavit deae Diae vaccam.
Deinde in aede in foco sacrificio facto immolavit deae Diae agnam opimam. Quo
perfecto e carceribus riciniatus coronatus signum quadrigis et desultoribus
misit. Adfuerunt Marcus Silanus, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Otho,
Messala Corvinus.
Quinto Caecina
Primo Publio Trebonio consulibus, (ante diem) IIII Idus Octobres, Augustalibus,
in templo novo, Aulus Vitellius promagister, magisterio Titi Sexti Africani,
conlegi fratrum Arvalium nomine, immolavit divo Augusto bovem marem, divae
Augustae vaccam. In collegio adfuerunt Nero Caesar princeps iuventutis, Publius
Memmius Regulus, Lucius Salvius Otho, Marcus Silanus, Gaius Piso, Messala
Corvinus.
… de Titus Sextus Africanus, au nom du collège des frères
Arvales, il immola à l’autel de la déesse Dia (Junon) une vache. Ensuite, dans
le temple, sur le foyer, ce sacrifice terminé, il immola à la déesse Dia une
grasse agnelle. Ceci accompli, la tête couverte et couronné, il donna du haut
des stalles le signal aux quadriges et aux voltigeurs. Étaient présents Marcus
Silanus, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Othon, Messala Corvinus. Sous
le consulat de Quintus Caecina Primus et de Publius Trebonius, le 4 des ides
d’octobre (12 octobre), pour les Augustales, dans le temple neuf, le
vice-président Aulus Vitellius, sous la présidence de Titus Sextus Africanus,
au nom du collège des frères Arvales, il immola au divin Auguste un bovin mâle,
à la divine Augusta une vache. Étaient présents Néron César, prince de la
Jeunesse, Publius Memmius Regulus, Lucius Salvius Othon, Marcus Silanus, Gaius
Pison, Messala Corvinus.
Le
« Nero Caesar » dont il est question ici était le petit-fils de
Tibère, Tiberius Claudius Drusus Nero, né vers 20.
eäxe m¢n gr kaÜ tòn Tib¡rion tò ¦kgonon:
ll' ¤keÝnon m¢n di te t¯n ²likÛan (¦ti gr paidÛon ·n) kaÜ di
t¯n êpocÛan (oé gr ¤pisteæeto toè Droæsou paÝw eänai) pareÅra (Tibère)
avait aussi un petit-fils, Tibère, mais du fait de son âge (c’était [en 33]
encore un enfant) et par méfiance, il pensait en effet que ce n’était pas le
fils de Drusus, il le dédaignait. Dion Cassius,
LVIII, 23. De ce fait, Tibère choisit Caligula pour successeur, persuadé aussi,
ajoute Dion Cassius, que Caligula n’attendrait pas longtemps pour se
débarrasser de ce rival possible : sæ te toèton pokteneÝw kaÜ s¢ lloi tu le tueras
(dit Tibère à Caligula), et toi, d’autres te tueront (ibid.).
Tibère,
finalement, décide de laisser l’empire à Caligula tout en lui associant son
petit-fils.
Fratrem Tiberium die virilis togae
adoptavit appellavitque principem iuventutis
[Caligula] adopta son
frère Tibère le jour où il prit la toge virile et lui donna le titre de Prince
de la Jeunesse. Suétone, Caligula, 16.
Les
apparences étant sauves, Caligula peut tranquillement poursuivre ses desseins
et réaliser la prédiction de Tibère :
Fratrem Tiberium inopinantem repente immisso tribuno militum interemit Silanum item socerum ad necem secandasque novacula fauces compulit, causatus in utroque, quod hic ingressum se turbatius mare non esset secutus ac spe occupandi urbem, si quid sibi per tempestates accideret, remansisset, ille antidotum obol[e]visset, quasi ad praecavenda venena sua sumptum, cum et Silanus inpatientiam nauseae vitasset et molestiam navigandi, et Tiberius propter assiduam et ingravescentem tussim medicamento usus esset Il fit tuer à l’improviste par un tribun militaire son frère Tibère. De même, il força son beau-père Silanus à se tuer en se tranchant la gorge avec un rasoir. Il reprochait à ce dernier de ne pas l’avoir suivi un jour qu’il s’embarquait par gros temps et d’être resté à Rome avec l’espoir de s’en rendre maître si quelque chose était arrivé à l’empereur dans la tempête ; il reprochait au premier de sentir l’antidote, antidote qu’il aurait pris pour se protéger de ses poisons. En réalité, Silanus avait voulu éviter les désagréments du mal de mer et les fatigues d’une traversée, Tibère avait pris un remède contre une toux opiniâtre qui s’aggravait. Suétone, Caligula, 23.
Dion Cassius (LIX) précise que Caligula avait pris soin de faire auparavant annuler le testament de son prédécesseur, sous prétexte qu’il ne jouissait plus au moment de la rédaction de toutes ses facultés et que le jeune Tibère, n’ayant même pas l’âge d’entrer au sénat, ne pouvait pas raisonnablement être associé au pouvoir suprême.
Drusus, le fils de Tibère, est mort en 23. Le jeune Tibère, qui a pris la toge virile en 37 à 16 ou 17 ans, est donc né entre 20 et 22. Il a été assassiné fin 37 ou début 38. Il ne faut pas le confondre avec Drusus, le fils de Germanicus qui a été condamné par l’empereur Tibère.
Les autres participants à cette cérémonie :
On les retrouve tous, sans surprise, dans l’entourage immédiat de Tibère et de Caligula.
P. Memmius Regulus (consul en
31) :
Lolliam Paulinam, C. Memmio consulari
exercitus regenti nuptam, facta mentione aviae eius ut quondam pulcherrimae,
subito ex provincia evocavit ac perductam a marito coniunxit sibi brevique
missam fecit interdicto cuiusquam in perpetuum coitu En
ce qui concerne Lollia Paulina, mariée à l’ancien consul et chef d’armées Gaius Memmius, comme il avait entendu
dire que sa grand-mère avait été autrefois d’une grande beauté, il la fit
revenir immédiatement de sa province, se la fit céder par son mari et l’épousa.
Il la répudia rapidement mais lui fit interdire à jamais d’appartenir à qui que
ce soit. Suétone,
Caligula, 25.
Malgré
l’erreur des manuscrits de Suétone sur le prénom, il s’agit bien de Publius
Memmius. Cf. Dion Cassius, LXIX, 12.
L. Salvius Otho :
Pater L. Otho, materno genere praeclaro multarumque et magnarum propinquitatum, tam carus tamque non absimilis facie Tiberio principi fuit, ut plerique procreatum ex eo crederent Le père (de l’empereur Othon), Lucius Othon, issu du côté maternel d’une famille illustre aux alliances nombreuses et importantes, fut si cher à l’empereur Tibère et lui ressemblait tellement de visage que beaucoup de gens croyaient qu’il était son fils. Suétone, Othon, 1.
M. Silanus sera consul en 46,
sous le règne de Claude.
C. Piso :
Matrimonia contraxerit turpius an
dimiserit an tenuerit, non est facile discernere. Liviam Orestillam C.
Pisoni nubentem, cum ad officium et ipse venisset, ad se deduci imperavit
intraque paucos dies repudiatam biennio post relegavit, quod repetisse usum
prioris mariti tempore medio videbatur. Alii tradunt adhibitum cenae nuptiali mandasse
ad Pisonem contra accumbentem : Noli uxorem meam premere, statimque
e convivio abduxisse secum ac proximo die edixisse : matrimonium sibi
repertum exemplo Romuli et Augusti Quant à ses mariages, il n’est
pas facile de décider s’il s’est comporté de façon plus méprisable à les
contracter, à les rompre ou à les faire durer. Lorsque Livia Orestilla épousa Gaius Pison, il avait lui aussi été
invité à la cérémonie. Il donna l’ordre de l’emmener chez lui et la répudia
quelques jours après. Il l’exila deux ans après parce qu’il pensait qu’elle
avait repris entre temps la vie commune avec son premier mari. D’autres
rapportent que pendant le repas nuptial, il fit dire à Pison qui était placé en face de lui : « Ne serre pas ma
femme de trop près ! », qu’il lui avait aussitôt fait quitter le
banquet avec lui et qu’il avait fait annoncer publiquement le lendemain qu’il
avait trouvé à se marier selon l’exemple de Romulus et d’Auguste.
Suétone, Caligula,
25.
Quinto
Caecina Primo Publio Trebonio consulibus :
La
cérémonie a bien eu lieu en 37, mais je ne trouve comme consuls cette année-là
que Gn. Acerronius Proculus et G. Petronius Pontius Nogrinus, avec comme consul suffectus A.
Caecina Paetus. Problème !
Ce
Caecina devait être le fils de celui dont parle Tacite dans le premier livre
des Annales, duo apud ripam
Rheni exercitus erant : cui nomen superiori sub C. Silio legato,
inferiorem A. Caecina curabat on avait deux armées sur la rive du Rhin, celle
que l’on appelait « supérieure » était commandée par le légat C.
Silius, Aulus Caecina dirigeait l’armée « inférieure » (23).
Quoi
qu’il en soit, lorsque sous le règne de Vespasien Titus commandait la garde
prétorienne, Aulum Caecinam consularem, vocatum ad cenam ac vixdum triclinio egressum,
confodi iussit ; sane urgente discrimine, cum etiam chirographus eius
praeparatae apud milites contioni deprehendisset il ordonna de tuer Aulus
Caecina, ancien consul, qu’il avait invité à dîner, dès sa sortie de la salle à
manger : il est vrai que le danger était pressant, puisque Titus avait
saisi jusqu’au texte autographe du discours que Caecina se préparait à adresser
à l’assemblée des soldats. Suétone, Titus, 6.
Une autre cérémonie
sous le règne de Domitien
[DEINDE AD SVMMOTVM IN AEDE SACRIFICIO FACTO IMMOLAVIT
DEAE DIAE AGNAM]
OP[IMAM QVO SACRIFICIO PERACTO IN CAESAREO EPVLATI
SVNT AD MAGISTRVM IN]
DE P SALLVSTIVS BL[AESVS MAG CORONATVS RICINIATVS DE
CARCERIBVS SIGNVM]
QVADRIGIS ET
DESVLTORIBVS MISIT Q[VOS CORONIS ARGENTEIS ORNAVIT]
IN COLLEGIO
ADFVERVNT [P] SALLVSTIVS B[LAESVS . . . C TADIVS]
MEFITIANVS L
VERATIVS QVADRATVS C [VIPSTANVS APRONIANVS C SALVIVS]
LIBERALIVS NONIVS BASSVS [ISDEM COS . . . K IVN
DOMI AD PERAGENDVM SACRIFICIVM [EPVLANTES AD MAGISTRVM
ET FRVGES EXCI]
[PI]ENTES A SACERDOTIBVS ET AD AR[AM REFERENTES PVERI
INGENVI PATRIMI ET]
[MATRIMI SENAT]ORVM FILI½ [CAECIN]O PAETO [
Deinde ad
summotum in aede sacrificio facto, immolavit deae Diae agnam opimam. Quo
sacrificio peracto, in Caesareo epulati sunt ad magistrum. Inde Publius
Sallustius Blaesus magister coronatus riciniatus de carceribus signum quadrigis
et desultoribus misit. Quos coronis argenteis ornavit. In collegio adfuerunt
Publius Sallustius Blaesus . . . Gaius Tadius, Mefitianus, Lucius Veratius
Quadratus, Gaius Vipstanus Apronianus, Gaius Salvius Liberalius, Nonius Bassus.
Isdem consulibus . . . Kalendas Iunias domi ad peragendum sacrificium epulantes
ad magistrum et fruges excipientes a sacerdotibus et ad aram referentes, pueri
ingenui patrimi et matrimi senatorum filii Caecino (?) Paeto [
Ensuite, dans le temple, ce sacrifice terminé, il immola à la
déesse Dia une grasse agnelle. Ceci accompli, ils prirent le repas rituel dans
le temple des Césars auprès du président. De là, Publius Sallustius Blaesus,
couronné et la tête couverte donna du haut des stalles le signal aux quadriges
et aux voltigeurs, qu’il récompensa de couronnes d’argent. Étaient présents à
la réunion Publius Sallustius Blaesus, …, Gaius Tadius Mefitianus, Lucius
Veratius Quadratus, Gaius Salvius Liberalius, Nonius Bassus. Sous le consulat
de ces derniers (85 ap. J.-C.), le 3 des calendes de juin (30 mai), à domicile,
se réunirent pour accomplir le sacrifice, prirent le repas rituel chez le
président, reçurent les prémisses des moissons des mains des prêtres et les
apportèrent à l’autel. Des enfants libres, orphelins ni de père ni de mère,
fils de sénateurs, à Caecinus Paetus…