Noctes Gallicanae
Epigraphie latine
Inscriptions
diverses : tabellae defixionum
necesse est enim ad perversitatem
magicam referri,
quando victoria equorum meritis non potest applicari.
il faut bien s’en remettre à de mauvais
sortilèges
quand la victoire ne pas être obtenue grâce aux qualités des chevaux. Cassiodore, III, 51.
Il s’agit de tablettes de plomb sur lesquelles on gravait des formules
qui vouaient un adversaire aux dieux infernaux ou à quelque démon malfaisant.
Ces tablettes étaient ensuite enfouies en général dans des tombes, où elles se
trouvaient plus près des dieux d’en bas, ou encore sous la piste du cirque ou
l’arène de l’amphithéâtre. Les victimes désignées sont en effet souvent des
cochers et leurs chevaux ou des gladiateurs. Certaines tablettes visaient à
s’assurer une emprise sur un cœur rebelle.
Les tournures employées dans leur rédaction sont très proches de la
langue parlée, les incohérences orthographiques importantes, ce qui me donne à
penser que l’expression devait être parfois volontairement déformée pour
s’écarter de la communication plus littéraire et volontiers archaïsante avec
les dieux d’en haut.
ADIVRO TE DEMON QVI
CVNQVE ES ET DEMANDO TI
BI EX ANC ORA EX ANC DI
E EX OC MOMENTO VT EQVOS
PRASINI
ET ALBI CRVCIES
OCIDAS ET AGITATORE CLA
RVM ET
FELICE ET PRIMV
LVM ET ROMANVM OCIDAS
COLLIDA NEQVE SPIRITVM
ILLIS RELINQVAS ADIVRO TE
PER EVM QVI TE RESOLVIT
TEMPORIBVS DEVM PELAGI
CVM AERIVM IAO IASDAO
OSRIO LAHIA
Adiuro te
daemon, quicumque es, et demando tibi ex hanc hora ex hanc die ex hoc momento
ut equos Prasini et Albi crucies, occidas et agitatores Clarum et Felicem et
Primulum et Romanum occidas, collidas, neque spiritum illis relinquas. Adiuro
te per eum qui te resolvit temporibus, deum pelagicum aerium Iao Iasdao Osrio
Lahia !
AE 1902, 0054
Je te
conjure, démon, quel que soit ton nom, et je te supplie à compter de cette
heure, de ce jour, de cet instant, de rendre malades et de tuer les chevaux
Verts et Blancs, et de tuer les cochers Clarus, Felix, Primulus et Romanus , de
les faire se percuter et de ne pas leur laisser la vie sauve. Je t’en conjure
au nom de celui qui s’est acquitté envers toi au moment fixé, toi, dieu marin
aérien. Iao
Iasdao Osrio Lahia !
BAITMO
ARBITTO
. . .
LYNCEVS
MARGARITA
PREMAS DEPREMAS
HOCIDAS QVINTO DE
PREMAS
. . .
NERVI
A ILLIS CON
CIDAS
NEQVE SPI
RITVM
ABEANT
ADIVRO TE DEMON CVI
CVNCVE ES ET DEMAMDO
TIBI EX ANC ORA ET EX OC MO
MENTO VT CRVCIETVN
TVR ECVI CVOS ABES TECVM
DONATI CONDITORIS PRA
SINI ADIVRO TE PER EVM CVI
TE RESOSVIT EX VITE TEMPO
RIBV DEVM PELAGICVM
AERIVM ALTISSIMVM
Baitmo (=Baitmum) Arbitto
(=Arbittum)... Lynceus (=Lugk¡vw) Margarita(m) premas deprimas occidas ; Quintum
deprimas ; [equos ?] Nervi a illis concidas neque spiritum habeant.
Adiuro te daemon quicumque es et demando tibi ex hanc hora et ex hoc momento ut
crucietuntur equi quos habes tecum Donati Conditoris prasini. Adiuro te per eum
qui te resolvit ex vitae temporibus deum Pelagicum Aerium Altissimum.
AE 1911, 0006
[Puisses-tu abattre, jeter à terre et tuer] Baitmus Arbittus
(noms de chevaux ou de cochers ?)... Puisses-tu abattre, jeter à terre et
tuer Margarita de Lyncée, jeter à terre Quintus, faire tomber dans leur chute
l’attelage de Nervius et qu’ils ne reprennent pas vie. Je t’en conjure, démon,
qui que tu sois, et je te supplie à partir de cette heure et de cet instant que
tombent malades les chevaux que je te confie, ceux de Donatus Conditor le Vert.
Je t’en conjure au nom de celui qui s’est acquitté sur le champ toute sa vie
envers toi, dieu Marin, Aérien, très Haut.