Noctes Gallicanae
Epigraphie
latine
Evergétisme
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eéergeteÝn t¯n pñlin "faire du
bien à la cité" Paul Veyne, dans Le pain et le cirque,
Seuil, 1976, souligne d’abord le fait
que « évergétisme est un néologisme », et qu’ « aucun
mot antique ne correspond parfaitement à évergétisme. » et il
poursuit : « L'évergétisme est le fait que les
collectivités (cités, collèges ... ) attendaient des riches qu'ils
contribuassent de leurs deniers aux dépenses publiques, et que leur attente
n'était pas vaine : les riches y contribuaient spontanément ou de bon
gré. Leurs dépenses en faveur de la collectivité allaient surtout à des
spectacles du Cirque et de l'arène, plus largement à des plaisirs publics
(banquets), et à la construction d'édifices publics : bref, à des
plaisirs et à des constructions, à des
voluptates et à des opera publica. « Tantôt les évergésies étaient offertes par
les notables en dehors de toute obligation définie (c'est ce que nous appellerons
l'évergétisme libre), tantôt elles étaient offertes à l'occasion de leur
élection à un « honneur » public, à une magistrature ou fonction
municipales ; dans ce deuxième cas, nous parlerons d'évergétisme ob honorem ; et évergétisme-là
était moralement ou même légalement obligatoire. « A vrai dire, la distinction est
superficielle. D'abord l'évergétisme libre peut être parfois (mais non
toujours, ni même souvent) l'effet d'une douce violence, d'un charivari,
d'une lutte des classes latente ou larvée; ensuite et surtout l'évergétisme
obligatoire n'est que la suite et la codification, à l'époque romaine, de
l'évergétisme libre, qui a fait son apparition dans le monde grec tout au
début de l'époque hellénistique et qui a été ensuite imité par les notables
des villes romaines. Mais, à côté de cet évergétisme ob honorem, l'évergétisme libre a continué à exister jusqu'à la
fin de l'Antiquité; mieux encore, plus d'un notable, élu magistrat, ne se
contentait pas toujours de payer son dû à la collectivité, mais payait
spontanément plus que son dû et transformait ainsi son évergésie ob honorem en une évergésie
libre. » [J’ai ajouté des alinéas
pour faciliter la lecture] |
Evergétisme
1
L BETILIENVS L F VAARVS
HAEC QVAE INFERA SCRIPTA
SONT DE SENATV SENTENTIA
FACIENDA COIRAVIT SEMITAS
IN OPPIDO OMNIS PORTICVM QVA
IN ARCEM EITVR CAMPVM VBEI
LVDVNT HOROLOGIVM MACELVM
BASILICAM CALECANDAM SEEDES
[L]ACVM BALINEARIVM; LACVM AD
[P]ORTAM AQVAM IN OPIDVM ADOV
ARDVOM PEDES CCCXL FORNICESQ
FECIT FISTVLAS SOLEDAS FECIT
OB HASCE RES CENSOREM FECERE BIS
SENATVS FILIO STIPENDIA MERETA
ESE IOVSIT POPVLVSQVE STATVAM
DONAVIT CENSORINO
CIL I, 2,
1529
Lucius Betilienus Varus, fils de Lucius,
a assumé, sur décision du sénat, la responsabilité des travaux, construction ou
réfection, qui sont décrits ci-dessous : tous les trottoirs de la ville,
la galerie couverte qui mène à la citadelle, le terrain de sport, un cadran
solaire, le marché à la viande, le chaulage de la basilique, des bancs, le
réservoir d’eau des thermes (ou peut-être une piscine), le réservoir d’eau à
l’entrée de la ville.
Il a amené l’eau dans la partie haute de
la ville à une hauteur de 340 pieds (100 m) et a fait faire les arches. Il a
fait poser des conduites d’eau durables.
En reconnaissance de ces ouvrages, il a
été élu deux fois censeur. Le sénat a décrété pour son fils une dispense de
service militaire, le peuple a offert une statue à son « ancien
censeur ».
Inscription datée de la fin
du IIe siècle ou du début du Ier av. J.-C. et découverte
à Aletrium, dans le Latium.
Le dernier mot de la ligne
10 ADOV n’offre pas de sens satisfaisant : je propose AD(D)OV(XIT),
d’autres ont lu AD(D)OV(CENDAM) ou ADQVE, ce qui donne le sens de « il a
amené l’eau dans la ville et dans la partie haute sur une longueur de 340
pieds ».
2
Q CAELIO MAXIMO AEDILI AVGVRI
IIVIR QVOD IN MAGG SVO LVDORVM ET
CIRCENSIVM SPECTACVLA EXHIBVERIT
MVNVS ETIAM GLADIATORIVM DE SVO
EDIDERIT ET HOC AMPLIVS IN PRAESENTIS
TEMPORE HS XI REI PVBLICAE DONAVERIT
EX CVIVS SVMMAE VSVRIS QVINSTO QV
[. .] [. .]NO SEMPER VNI[. . .
Q. Caelio
Maximo, aedili, auguri, IIviro, quod in maggistrato (=magistratu) suo ludorum
et circensium spectacula exhibuerit, munus etiam gladiatorium de suo ediderit,
et hoc amplius in praesenti(s) tempore HS XI [milia] rei publicae donaverit, ex
cuius summae usuris quinto quoque anno semper universis [...
AE 1915,
0078
À Quintus Caelius Maximus, édile,
augure, duumvir, parce que pendant l'exercice de ses fonctions il a présenté
des jeux et des courses, qu'il a organisé à ses frais des combats de
gladiateurs, et que, outre cela, il a donné à l’époque où nous sommes onze
mille sesterces, pour qu’avec les intérêts de cette somme, tous les cinq ans,
toujours, à tous sans exception...
3
[. . .]TI A[.]VSTO GENIO [. . .]
SA[.]RVM
[. .]M FLAVIVS BREVCVS FL [. . .]
SVA PEC DEDERAT RES P BA[. . .]
[. ]LVMNIS ET THOLO FEC[. ]
[. ]RANTIB L OCT[.]VIO NATA[. . .]
[. . .]ASSIO HONORATO II[. . .]
Marti Augusto Genio
coloniae sacrum. Quam Flavius Breucus
flamen perpetuus de sua pecunia dederat, res publica basim cum columnis et
tholo fecit, curantibus L. Octavio Natali et Cassio Honorato IIviris, decreto
decurionum.
AE 1915,
0103
Consacré à Mars Auguste Génie de cette
colonie : ce piédestal à colonne et coupole que Flavius Breucus, flamen
perpétuel avait offert à ses propres frais, la collectivité l'a réalisé. Lucius
Octavius Natalis et Cassius Honoratus, duumvirs, en ont surveillé les travaux
conformément à l'arrêté des décurions.
4
M MAEGONIO M F
M N M PRON COR
LEONI
AED IIIIVIR LEG COR
Q P P PATRONO MV
NICIPII IIIIVIR QQ
DECVRIONES AVGVS
TALES POPVLVSQVE
EX AERE CONLAT
OB MERITA EIVS
KAPVT EX TESTAMENTO
REI P MVNICIPIVM MEORVM SI MIHI STATVA PEDESTRIS
IN FORO SVPERIORE SOLEA LAPIDEA BASI MARMOREA AD EXEMPLVM BASIS
QVAM MIHI AVGVSTALES POSVERVNT PROPE EAM MIHI MVNICIPES
POSVERVNT POSITA FVERIT HS CD N Q EIS ME VIVO POLLICITVS
SVM DARI VOLO
EA AVTEM CONDICIONE HS CD N Q S S S DARI VOLO VT EX
VSVRIS SEMISSIBVS
EIVS PECVNIAE OMNIBVS ANNIS DIE NATALIS MEI QVI EST X KAL APRIL
DISTRIBVTIO FIAT DECVRIONIBVS EPVLANTIBVS
CCC DEDVCTO EX HIS
SVMPTV STRATIONIS RELIQVI INTER EOS QVI PRAESENTES EA HORA ERVNT
DIVIDANTVR ITEM AVGVSTALIBVS EADEM CONDICIONE
CL DARI VOLO ET MVNICIPIBVS PETELINIS VTRIVSQVE SEXVS EX MORE
LOCI
I OM
NIBVS ANNIS DARI VOLO ITEM IN CENA PARENTALICIA
L ET HOC
AMPLIVS SVMPTVM HOSTIAE PROVT LOCATIO PVBLICA FVERIT DARI VOLO
A VOBIS OPTIMI MVNICIPES PETO ET ROGO PER SALVTEM SACRATISSIMI
PRINCIPIS
ANTONINI AVGVSTI PII LIBERORVMQVE EIVS HANC VOLVNTATEM MEAM ET
DIS
POSITIONEM RATAM PERPETVAMQVE HABEATIS TOTVMQVE HOC CAPVT
TESTAMENTI MEI BASI STATVAE PEDESTRIS QVAM SVPRA A VOS PETIV MIHI PO
NATIS INSCRIBENDVM CVRETIS QVO NOTIVS POSTERIS QVOQVE NOSTRIS
ESSE POSSIT VEL EIS QVOQVE QVI MVNIFICI ERGA PATRIAM SVAM ERINT
ADMONEAT
Manio Maegonio, Mani filio, Mani nepoti, Mani pronepoti,
Cornelio Leoni, aedili, IIIIviro lege Cornelia, quaestori pecuniae publicae,
patrono municipii, IIIIviro quinquennali, decuriones Augustales populusque ex
aere conlato ob merita eius.
Kaput ex testamento : Rei
publicae municipium meorum, si mihi statua pedestris in foro superiore solea
lapidea basi marmorea (ad exemplum basis quam mihi Augustales posuerunt prope
eam [quam] mihi municipes posuerunt) posita fuerit, HS C milia nummum, quae eis
me vivo pollicitus sum, dari volo.
Ea autem condicione HS C milia
nummum, quae supra scripta sunt, dari volo ut ex usuris semissibus eius pecuniae
omnibus annis die natalis mei, qui est X Kalendas Apriles, distributio fiat
decurionibus epulantibus denariorum CCC, deducto ex his sumptu
strationis ; reliqui inter eos qui praesentes ea hora erunt
dividantur ; item Augustalibus eadem condicione denarios CL dari volo et
municipibus Petelinis utriusque sexus ex more loci denarios I (=singulos)
omnibus annis dari volo ; item in cena parentalicia denarios L et hoc
amplius sumptum hostiae, prout locatio publica fuerit dari volo.
A vobis optimi municipes peto et
rogo per salutem sacratissimi principis Antonini Augusti Pii liberorumque eius
hanc voluntatem meam et dispositionem ratam perpetuamque habeatis.
totumque hoc caput testamenti mei
basi statuae pedestris, quam supra a vos petivi, mihi ponatis inscribendum
curetis quo notius posteris, quoque nostris esse possit vel eis quoque qui
munifici erga patriam suam erint admoneat.
AE 1894,
148
Les
décurions, les Augustaux et le peuple, à Manius Meagonius Cornelius Leon, fils
de Manius, petit-fils de Manius, arrière-petit-fils de manius, quattuorvir
selon la loi Cornélia, trésorier des finances publiques, protecteur du
municipe, quattuorvir quinquennal, en reconnaissance de ses bienfaits, avec les
fonds d’une souscription publique.
Extrait
de son testament : à la communauté de mes concitoyens, si une statue
en pied m’est élevée en haut du forum, sur un socle de pierre et un piédestal
de marbre, sur le modèle du piédestal que les Augustaux m’ont élevé près de
celui que mes concitoyens m’ont élevé, je veux léguer la somme de cent mille
sesterces en espèces que je leur ai promise de mon vivant.
Mais
je veux léguer les dits cent mille sesterces en espèces, à cette condition sous
cette condition que les intérêts à six pour cent l’an produits par cette somme
servent tous les ans, le jour anniversaire de ma naissance, à savoir le dix
avant les calendes d’avril [22 mars], soit faite une distribution aux
décurions, à l’occasion d’un banquet, d’une somme de trois cents deniers :
après déduction des frais du repas, le reste devra être partagé entre les
participants effectifs ;
aux
Augustaux, sous la même condition, je veux attribuer cent cinquante deniers et
à mes concitoyens des deux sexes, selon notre coutume locale, je veux attribuer
un denier par tête tous les ans ;
pour
le repas des Parentalia, je veux attribuer cinquante deniers et, en sus, les
frais d’achat d’une victime pour le sacrifice, pour autant que la vente soit
publique.
Au
nom du salut de notre très saint empereur Antonin Auguste le Pieux et de ses
enfants, je vous demande et vous prie, mes très chers concitoyens, de
considérer cette volonté et cette disposition testamentaire qui sont les
miennes comme définitives et perpétuelles ; de prendre soin que l’intégralité
du présent chapitre de mon testament soit inscrit sur le piédestal de la statue
en pied que j’ai demandé ci-dessus que vous m’éleviez, ceci pour qu’il puisse
être connu aussi de nos descendants et qu’il inspire aussi ceux qui se
montreront généreux envers leur municipe.
à Pétélie, dans le Bruttium
5
[ . . .]
COM[. . .]
VAL SVPER V
E PR[. . .]
ARVM BALNEO
P[. . .]
QVAM
SVFFICIENT[. . .]VX[..]
Imperatore
Caesare Marco Aurellio Antonino Pio Felice Augusto et Comazonte consulibus, Valerius
Super vir egregius procurator argentiarum balneo publico aquam sufficientem
induxit.
AE 1893,
130
Sous le consulat de l’empereur César Marc Aurèle Antonin le
Pieux Felix Auguste et de Comazon, Valérius Super, appartenant à l’ordre
équestre, procurateur des monnaies, a fait amener la quantité d’eau nécessaire
pour les bains publics.
6
IMPERATO[. . . ]
II ET CAPITOLINO COS
AVR VERECVNDVS V E PRO
ARGENTARIARVM BALNEVM
VETVSTATE CONLAPSVM
AD PRISTINAM FACIEM RE
FORMARE CVRAVIT
Imperatore Caesare
Lucio Domitio Aureliano Augusto II et Capitolino consulibus Aurelius Verecundus
vir egregius procurator argentariarum balneum vetustate conlapsum ad pristinam
faciem reformare curavit.
AE 1893,
131
Sous le consulat de l’empereur César Lucius Domitius Aurélien
Auguste pour la deuxième fois et de Capitolinus, Aurélius Vérécundus,
appartenant à l’ordre équestre, procurateur des monnaies, a fait restaurer dans
leur état initial les bains publics dont la construction ancienne menaçait
ruine.
voir
aussi les thermes.