Noctes Gallicanae
Épigraphie latine :

Épitaphes d’enfants

 

 

1

D M PRISCVS

V A XIIII M VIIII

TI CLAVDIVS MOSCHVS

ET CLAVDIA NICOPOLIS

FILIO PIISSIMO

Dis Manibus. Priscus vixit annos XIIII menses VIIII. Tiberius Claudius Moschus et Claudia Nicopolis filio piissimo.

AE 1989, 94

Aux dieux Mânes. Priscus « l’Ancien » a vécu quatorze ans neuf mois. Tiberius Claudius Moschus et Claudia Nicopolis à leur fils si respectueux.

ÿ

 

2

P ACILIVS VICTOR

FECIT SE BIBO SIBI ET

SVIS PARENTIBVS POSI

TA AVTEM VRBANA SO

ROR HVZVS Q VIX BIR

CO ANN XIIII M VIII D XXI

ISDEM DIE SOROR

HORVM POSITA A NOMINE

BITALIS Q VIX ANN X

ET DIES LIBERTIS LIBERTABVS

Q POSTERISQ EORVM

P Acilius Victor fecit se vivo sibi et suis parentibus. Posita autem Urbana soror huius quae vixit virgo annos XIIII menses VIII dies XXI ; iisdem diebus soror horum posita a nomine Vitalis quae vixit annos X et dies. Libertis libertabusque posterisque eorum.

AE 1912, 253

Publius Acilius Victor a fait construire ce tombeau, lui vivant, pour lui-même et ses parents ; Mais y a été ensevelie Urbana, sa soeur, qui a vécu vierge quatorze ans, huit mois et vingt et un jours ; dans les jours qui ont suivi leur soeur du nom de Vitalis y a été ensevelie, elle a vécu dix ans et dix jours. Ce tombeau recevra aussi leurs affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants.

ÿ

 

3

Narbonne, musée archéologique

M CAREIEVS M L ASISABISIO

VIVOS SIBI FECIT ET CAREIE

NIGELLAE ET CAREIEÆ M F TERTIAE

[.]NOR VI MATER CVM GNATA

[.]ACEO MISERABILE FATO QVA[.]

PVRA ET VNA DIES DETVLT A[.]

CINERE[. . .]

Marcus Careieus Marci libertus Asisabisio vivus sibi [hoc monumentum] fecit... et Careieae Nigellae et Careiae Marci filiae Tertiae annorum sex :

– Mater cum gnata jaceo.

Miserabili fato : quas pura et una dies detulit ad cineres !

AE 1908, 186

Marcus Careius Asisabisio, affranchi de Marcus [Careius], a fait construire ce tombeau de son vivant pour lui-même et pour Careia Nigella et Careia Tertia, fille de Marcus, âgée de 6 ans.

– Moi, la mère, je repose avec ma fille.

Par un sort funeste, une journée sans nuages, une seule, les a vues réduites en cendres.

ÿ

 

4

TE TERRA OPTESTOR LEVITER SVPER OSSA QVIESCAS ET TENERAE AETATI NE GRAVIS ESSE VELIS.

Toi, terre, je t’en supplie, ne repose pas trop lourdement ces ossements et pour cet âge tendre, ne sois pas trop lourde si tu le veux bien.

ÿ

 

5

QVOD EDI BIBI MECVM HABEO QVOD RELIQVI PERDIDI

CIL 6, 18131

Ce que j’ai mangé, ce que j’ai bu, je l’ai emporté avec moi. Ce que j’ai laissé sur la terre, c’est perdu pour toujours.

Épitaphe d’un garçon mort à 14 ans.

ÿ

 

6

VICCENTIA DVLCISSIMA FILIA AVRI NETRIX QAE VIXIT AN VIIII M VIIII

ILS 7691

Viccentia, ma fille si douce, fileuse d’or, qui a vécu 8 ans et 8 mois.

ÿ

 

7

Rome, 2ème s. ap. J.-C ?

Eutychiano filio dulcissimo Eutychus pater dedicavit. Vixit annum I menses II dies IIII, Dei servus Iesu Christi. IXYU%

A Eutychianus, mon fils si doux. Eutychus, son père, a fait bénir ce tombeau. Il a vécu 1 an, 2 mois, 4 jours, serviteur de Dieu et de Jésus Christ.

Þxyæw, « ichthus » désigne en grec le « poisson », les lettres qui forment le mot IXYU% sont les initiales de ƒIhsoè Xristòw Yeoè „Uiòw %vt®r « Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur ». La ligature des deux lettres initiales du mot grec XRI%TO% « le Christ » s’appelle un CHRISME.

ÿ

 

8

DM EVGENIAE FILIAE DEFVN

CTAE IVLIVS VIC

TOR CVPARIVS ET SACCARIVS

ET ACCEPTINAE CON

IVGI ET FLORENTINO FILIO

VIVIS VIVS FECIT

ILS 7659a

Aux dieux mânes d’Eugenia, sa défunte fille. De son vivant, Julius Victor, tonnelier et fabricant d’emballages, a fait élever ce tombeau ainsi que pour Acceptina, son épouse, et Florentinus, son fils, de leur vivant.

ÿ

 

9

ECCE SVB HOC TITVLO SITA SVNT SOTERIDIS OSSA
CONSVMPTA INMITI MORTE SEPVLTA IACET
NONDVM BIS TERNOS AETAS COMPLEVERAT ANNOS
CVM IVSSAST NIGRI DITIS INIRE DOMVM
MATER QVOS NATAE DEBEBAT TRADERE LVCTVS
TRADIDIT HOS MATRI NATA REPENTE SVAE

AE 1915, 2

Regarde : sous cette inscription reposent les ossements de Soteris. Elle a succombé à une mort prématurée et on l’a enterrée ici. Sa vie n’avait pas encore atteint le nombre de deux fois trois ans lorsqu’elle reçut l’ordre d’entrer chez le noir Pluton. Les chagrins qu’une mère doit laisser à sa fille, la fille tout à coup les a laissés à sa propre mère.

ÿ

 

10

M MARIVS

LASCIVOS

H S E

TV QVI PRAETERIENS

SPECTAS ARAM QVAM

FECIT CASVS PONI QVO SI

STIS LEGE ET INVENIES QVIT

MIHI CONTIGERIT TRIMVS

EGO ET MENSVM IAM SEX

TVAM LVCEM SENSI

M Marius Lascivos hic situs est. Tu qui praeteriens spectas aram quam fecit casus poni, quo sistis lege et invenies quid mihi contigerit : trimus ego et mensum iam sex tuam lucem sensi.

CIL 02, 14, 290

Ici repose Marcus Marius Lascivus. Toi qui t’arrêtes sur ton chemin et qui regardes cet autel que le malheur a fait élever, lis et tu sauras ce qui m’est arrivé : moi, à trois ans et six mois, j’ai cessé de percevoir la lumière sous laquelle tu es.

ÿ

 

11

C IVL VALERIVS VET L X G

VIVVS FECIT S ET SEPT

FLORE CONIVGI P K AN L

ET IVLIO FLORO FILIO K AN V

C Iulius Valerius veteranus legionis X Geminae, vivus fecit sibi et Septimiae Florae coniugi piae karissimae annorum L, et Iulio Floro filio karissimo annorum V.

AE 1891, 37

Gaius Iulius Valerius, vétéran de la dixième légion « Gemina » a fait construire ce tombeau de son vivant, pour lui-même, pour sa tendre épouse bien aimée Septimia Flora, âgée de cinquante ans et pour son fils bien aimé Iulius Florus, âgé de cinq ans.

ÿ

 

12

FLAVIA P [....]OENA

VT ROSA AMOENA HOMINI EST QVOM PRIMO TEMPORE FLORET

QVEI ME VIDERVNT SEIC EGO AMOENA FVI

Flavia Publii filia Amoena

Ut ròs(a) à|mœn(a) (h)òmì|n(i) est cum | primo | tempore | floret

qui me | vide|runt | sic eg(o) à|mœnà fù|i

AE 1894, 20=CIL 6, 23316

Flavia la Charmante, fille de Publius :

de même que la rose pour l’homme est charmante quand elle est fleurissante,

de même pour ceux qui m’ont vue je fus moi aussi charmante.

ÿ

 

13

HIC PACATE SEDEM LOCAS BAPTISMATE PVRVS

QVARTVM DVM INCVRRIS DEFLENDVM FVNERE LVSTRVM

hic Pa|catè sè|dëm lö|cäs bap|tismàtè | purus

quartum | dum in|curris dè|flendum | funere | lustrum

AE 1944, 587

Ici Pacatus, tu habites un logement provisoire. Toi qui as été purifié par le baptême au moment où tu entrais à grands pas dans ton quatrième lustre, celui où il faut déplorer ta mort soudaine.

ÿ

 

14

B M

ANNA IN

NOK FILIA STEFANI

LOK SERS BIXIT

IN P ANNV VNV

MEN VIIII DI VIIII S

DEF EST DIES ¢

MEN IVINI IND XII

Bonae Memoriae. Anna innocens filia Stefani, loci servatoris vixit in pace annum unum, menses VIIII, dies VIIII semis. Defuncta est die{s} V mensis Iu{i}nii, ind(ictione) XII.

IRT 834

À la mémoire d’Anna, innocente fille de Stephanus, d’une famille d’esclaves. Elle a vécu dans la paix un an, neuf mois et neuf jours et demi. Elle s’est éteinte le cinq juin, douzième indiction.

ÿ

 

15

PAVLE DVLCITI DEVS

TE REFRIGERET CVI

VIXIT ANNIS VN

DECI MENSES SEX DIES TREDECI

Paule Dulciti, Deus te refricat. Qui vixit annis undecim, menses sex, dies tredecim.

AE 1976, 60.

Paul Dulcitius, que Dieu te ressucite. Il a vécu onze ans, six mois, treize jours.

ÿ

 

16

FVRII IANVARIVS ET MOEDVLA

AFRICANO FILIO AGNO INMACV

LATO B M

Furii Ianuarius et Moedula Africano filio agno inmaculato bene merenti.

AE 1915, 65

Januarius, fils de Furius, et Moedula, à leur fils Africanus, agneau immaculé, qui l’a bien mérité.

ÿ

 

17

BONA ME
MORIA IREN[. ]
BIXI[. . .]NN TR
ES ET MENSE UN
ET REQ IN PACE
[. . .]

Bona memoria. Irene bixit! annos tres et mensem unum et requieuit in pace ...

IRT 209

À sa mémoire. Irène a vécu trois ans et un mois et elle a reposé dans la paix...

ÿ

 

18

MERENTES PARENTES FECERVNT QVOD

IPSE DEBVIT FACERE INFELICES PARENTES

DOLO DEBERET HVNC TVMVLVM FECERVNT

QVI NATVS EST FL SERGIO ET FL NIGRIANO COSS

III IDVS AVG DIE SATVRNIS DEPOSITVS IN HAC

DOMO AETERNA DD NN VALENTINIANO ET VALENTE

AVG ITERVM COSS VII IDVS DECEMB DIE SATVRNIS

QVI VIXIT ANN XVIIII M III D XXVI

IN PACE

Maerentes parentes fecerunt quod ipse debuit facere. Infelices parentes ! dolo deberet. Hunc tumulum fecerunt. Qui natus est Flavio Sergio et Flavio Nigriano consulibus III Idus Augustas die Saturnis ; depositus in hac domo aeterna dominis nostris Valentiniano et Valente Augustis iterum consulibus, VII Idus Decembribus, die Saturnis. Qui vixit annos XVIIII, menses III, dies XXVI. In pace.

AE 1892, 31

Ses parents affligés ont fait ce qu’il devait faire lui-même. Malheureux parent ! Il le devait dans la douleur. Ils ont fait élever ce tombeau. Il est né sous le consulat de Flavius Sergius et de Flavius Nigrianus, le troisième jour des Ides d’août, un samedi (11 août 355) ; il a été enseveli dans cette demeure d’éternité sous le second consulat de nos seigneurs Valentinien Auguste et Valens Auguste, le septième jour des Ides de décembre, un samedi (7 décembre 373). Il a vécu dix-neuf ans, trois mois, vingt-six jours. Qu’il repose en paix.

ÿ

 

19

PARENTES DICVNT

AEHEEV MISEROS NOS ET INFELICES QVI DVO LVMINA TAM CIA

RA PERDIDIMVS SET QVID ALIVT FIERI POTEST NISI NATVRAE SER

VIENDVM SET VENIET VTIQVE VINDEX ILLE NOSTER DIES

VT SECVRI ET EXPERTES MALI IACEAMVS SI PARITER SO

PIETVR DOLOR SI SAEPARATIM MAIOR CRVCIATVS SVPER

STITI RELINQVETVR CVPIDI TAMEN SVMVS MORTI VT

IN ILLVM PVRIOREM SECESSVM PROFVGIAMVS

HOMINES ENIM QVO INNOCENTIORES EO INFELICIORES

Parentes dicunt « aeheeu ! miseros nos et infelices, qui duo lumina tam clara perdidimus. Sed quid aliud fieri potest, nisi naturae serviendum ? Sed veniet utique vindex ille noster dies ut securi et expertes mali iaceamus, si pariter sopietur dolor ; si separatim maior cruciatus superstiti relinquetur, cupidi tamen sumus morti ut in illum puriorem secessum profugiamus homines enim quo innocentiores eo infeliciores ! »

AE 1901, 105

Tes parents disent « Hélas ! pauvres malheureux que nous sommes, nous qui avons perdu deux yeux si lumineux ». Mais que peut-on faire d’autre, que se soumettre à la nature ? Mais quoi qu’on fasse, il viendra ce jour, notre jour, qui nous consolera, qui nous étendra en sûreté et à l’abri du malheur, si le chagrin s’endort pareillement. Puisqu’une souffrance plus grande est laissée dans la séparation à celui qui survit, nous sommes désireux de la mort pour nous réfugier dans cette retraite plus pure. Les hommes en effet sont d’autant plus malheureux qu’ils n’ont rien fait pour l’être.

ÿ

 

20

VIRGINIS HOC TITVLO NOMEN NON DEBVIT ESSE

QVAE CVNCTOS ARTES PERBIBIT ET CECIDIT

NVNC IANVARIA IACES ANNOS TER QVINQVE SEPVLTA

ERIPVIT MISERAS INVIDA FLAMMA PRECES

IN TE CERTEBAT SPECIES FORMATA PVDORE

ET STVDIVM NITENS AD MAIORA BONA

SI NON FATORVM PRAESPOSTERA IVRA FVISSENT

MATER IN HOC TITVLO DEBVIT ANTE LEGI

AE 1916, 56.

Sur cette stèle ne devrait pas se trouver le nom d’une vierge,

qui a bu tous les remèdes de l’art et qui est tombée.

maintenant, Januaria, tu es étendue dans la tombe à trois fois cinq ans,

la flamme envieuse a enlevé les pauvres prières,

en toi l’apparence soignée rivalisait avec la réserve,

et tes goûts tendaient vers de plus grands biens

Si les arrêts des destins n’avaient pas été inversés,

on devrait lire sur cette stèle le nom de ta mère avant le tien.

ÿ

 

21

DIS MANIBVS

M LVCCEI VERI

VIX ANN VII

DIEB XIII HOR II

Dis Manibus M. Luccei Veri. Vixit annis VII diebus XIII horis II.

AE 1989, 98.

Aux dieux Mânes de Marcus Lucceius Verus. Il a vécu sept ans, treize jours et deux heures.

ÿ

 

22

D M

HIC IACET ECCE VIDES PVPA SINE FINE DECORIS QVE MIHI

TAM SVBITO RAPTA EST NEQVE ADHVC CREDERE POSSI

NON EGO TAM MODICA POTVI MACVLARE PARE

NTEM CASSIA SVM VOCITA IACET SVB SAXO RECL

VSA IIII ANNOS VIXI ET MENSES V TV QVIDEM QVEM RE

CITAS ABLATVS PIETATE PARENTIS QVISQVIS ES VALE

Dis Manibus. Hic iacet, ecce vides, pupa sine fine decoris, quae mihi tam subito rapta est neque adhuc credere potui.

– non ego tam modica potui maculare parentem, Cassia sum vocita.

– iacet sub saxo reclusa.

– IIII annos vixi et menses V. Tu quidem qui  recitas, ablatus pietate parentis, quisquis es vale !

AE 1992, 1460.

Aux dieux Mânes. Ici repose, comme tu le vois, une fillette au charme sans limite, qui m’a été enlevée si soudain que je n’ai pas encore réussi à le croire.

– Ce n’est pas moi, si discrète, qui ai pu infliger ce deuil à mère, je m’appelle Cassia.

– Elle repose enfouie sous cette pierre.

– J’ai vécu quatre ans et cinq mois. Et toi qui es en train de lire, bien loin de la tendresse de ta mère, qui que tu sois, adieu !

ÿ

 

23

D M S

MEMORIAE DORIDIS

INFELICISSIMAE QVAE INCREDI

BILI SVBITANEA VI IGNIS DEPERIT

[.]NNOS AETATIS VII DIEB XXII

FECIT LICINIA HEDONE

[..]RONA O T B Q T T L S

Dis Manibus sacrum. Memoriae Doridis infelicissimae quae incredibili subitanea vi ignis deperiit, annos aetatis VII diebus XXII. Fecit Licinia Hedone, patrona. Ossa tua bene quiescant. Tibi terra levis sit.

AE 1988, 117

Consacré aux dieux mânes. A la mémoire de la si malheureuse Doris, qui a péri dans un incendie soudain d’une incroyable violence. Elle a vécu sept ans et vingt-deux jours. Stèle élevée par sa patronne Licinia Hédoné. Que tes os reposent bien. Que la terre te soit légère.

ÿ

 

24

..]O

[. . .]IM MATER

[. . .]IMO QVI MIHI FLORE

PERIT PERCVSSVS CORNV BVBVS

DVM PABVLA PONIT

AD QVEM DVM CVRRO DVM MISER ANTE PERIT

INFELIXS GENETRIX DITI TRIA FVNERA DVXSI

LVGEBAM NATAS CVM MIHI NATVS OBIT

QVOD SVPEREST MATRI SALTEM CONCEDITE

MANES

VT SINT QVI VOLTVS POST MEA FATA PREMANT

M OCTAVI PVLLI

F RVFI

Filio infelicissima mater aetatis primo. Qui mihi florebat. Periit percussus cornu bubus, dum pabula ponit. Ad quem dum curro, dum miser ante periit. Infelix genetrix Diti tria funera duxi : lugebam natas cum mihi natus obiit. Quod superest matri, saltem concedite, Manes, ut sint qui voltus post mea fata premant, Marci Octavi, Pulli filii, Rufi.

AE 1922, 48

A son fils, un mère infortunée, à son fils aîné. Lui qui resplendissait pour mon bonheur. Il a péri frappé par la corne, par les bœufs, en leur donnant leur fourrage. Le temps que je me précipite vers lui, le malheureux était mort avant. Mère éprouvée par le sort, j’ai conduit vers Pluton trois enterrements : je pleurais mes filles lorsque mon garçon est décédé. Ce qui survit à une mère, accordez-moi au moins ça, dieux Mânes, afin qu’il y ait quelqu’un pour fermer les yeux, après ma mort, de Marcus Octavius Rufus, fils de Pullus.

ÿ

 

25

DM
EVGENIAE
FILIAE DEFVN
CTAE IVLIVS VIC
TOR CVPARIVS
ET SACCARIVS ET
ACCEPTINAE CON
IVGI ET FLORENTINO
FILIO VIVIS VIVS
FECIT
ILS 7659a

Aux dieux mânes d’Eugenia, sa défunte fille. De son vivant, Julius Victor, tonnelier et fabricant d’emballages, a fait élever ce tombeau ainsi que pour Acceptina, son épouse, et Florentinus, son fils, de leur vivant.

ÿ

 

26

P ALBI P F FAB MEMORIS

VIX ANNV M VI D VI

P ALBIVS THREPTVS

ET ALBIA APOLLONIA

PARENTES FILIO DVLCISSIMO

(source: Mallet-Isaac, 5ème, éd. 1957)

A la mémoire de Publius Albius Fabius, fils de Publius. Il a vécu un an, 6 mois, 6 jours. Publius Threptus et Albia Apollonia ses parents à leur fils si doux.

ÿ

27

AVE

HERENNIA CROCINE

CARA SVEIS INCLVSA HOC TVMVLO

CROCINE CARA SVEIS VIXI EGO

ET ANTE ALIAE VIXERE PVELLAE

IAM SATIS EST LECTOR DISCEDENS

DICAT CROCINE SIT TIBI TERRA

LEVIS VALETE SVPERI

Ave ! Herennia Crocine, cara suis, inclusa hoc tumulo. Crocine cara suis vixi ego, et ante aliae vixere puellae. Iam satis est. Lector discedens dicat : « Crocine sit tibi terra levis ! » Valete superi.

CIL II, 1821

Bonjour ! Herennia Crociné, chère à ses proches, est ensevelie dans cette tombe. Moi, Crociné, chère à ses proches, j’ai fini de vivre, et d’autres jeunes filles ont fini de vivre avant moi. En voilà assez. Que celui qui a lu dise en repartant : « Crociné, que la terre te soit légère ! » Adieu, les vivants.

Stèle découverte à Gadès (Espagne), Ier siècle av. J.-C.

 

ÿ

28

CHRYS[.]

HIC DORM[.]

Chryse hic dormit

AE 1983, 0097.

Ici dort Chrysè.

Tombe de jeune fille ?

 

ÿ

29

DIS MANIBVS
SACRVM
DIDIAE CHARIDI
VIXIT ANNIS VII
MENS X DIEBVS VII
A DIDIVS MNESTER
PRAECO A FORO
FILIAE DVLCISSIMAE ET
NONIAE CHARIDI
MATRI EIVS ET SIBI ET
SVIS LIBERT LIBERTABVSQ
SVIS POSTERISQ EORVM
IN FRONT P II S IN AGR P II

Dis Manibus sacrum. Didiae Charidi (X‹riti). Vixit annis VII, mensibus X, diebus VII. A. Didius Mnester, praeco a foro, filiae dulcissimae et Noniae Charidi, matri eius, et sibi, et suis libertis libertabusque suis posterisque eorum. In fronte pedes II semis, in agro pedes II.

AE 1912, 0224

Consacré aux dieux mânes. À Didia Charis. Elle a vécu sept ans, dix mois, sept jours. Aulus Didius Mnester, héraut au forum, a fait construire ce tombeau pour sa fille si douce, pour Nonia Charis, la mère de cette enfant, pour lui-même, pour ses affranchis hommes et femmes ainsi que leurs enfants. En façade deux pieds et demi, en profondeur deux pieds.

 

ÿ

30

EGNATIA FLORENTINA

H S E S T T L

QVOD PARENTI FACERE DEBVIT

FILIA ID IMMATVRE FILIAE

FECIT PATER

CIL 02, 07, 452

Egnatia Florentina repose ici. Que la terre te soit légère. Ce que pour son père devait une fille, c’est ce que prématurément pour sa fille a fait un père.

ÿ

31