Noctes Gallicanae
Épigraphie latine

Épitaphes : couples, mères et épouses

 

 

1

 

V(IVI) F(ECERVNT) CN(AEVS) BAEBIVS EROS

CHILONIANVS

OPPIA MONTANA VXOR

IN SVIS HORTEIS SITI SVNT

H(OC) M(ONVMENTVM) H(EREDEM) N(ON) S(EQVETVR)

IN F(RONTE) P(EDES) XXIII IN A(GRO) P(EDES) XX

CIL 02, 14, 407

De leur vivant, Gnaeus Baebius Eros Chilonianus et Oppia Montana, son épouse, ont fait élever ce monument. Ils reposent sur leurs terres. Ce monument ne fait pas partie de l’héritage. En façace : 23 pieds ; en profondeur, 20 pieds.

 


2

 

DIS EST SACRATVS MANIBVS
HIC TVMVLVS
QVI TEGIT OSSA PIAE
C[. . .]AE NVMISIAE
MARCELL[IN]AE QVINTI
[. . .]O[. . .]RIS
QVORVM QVOT SIC SVNT
CONIVNCTA SEPVLCRA
TESTANTVR QVAM CONCOR
DES EXEGERINT AEVOM(!)
QVOS NEC MORS POTVIT
SEIVNGERE LONGE
CRVDELIS QVAE SOLA POTEST
DISIVNGERE AMANTES

AE 1915, 0073.

Dis est sacratus Manibus hic tumulus
qui tegit ossa piae Claudiae Numisiae Marcellinae Quinti
...o...ris quorum quot sic sunt coniuncta sepulcra
testantur quam concordes exegerint
aevom quos nec mors potuit seiungere longe
crudelis quae sola potest disiungere amantes

Il est consacré aux dieux mânes, ce tombeau qui abrite les ossements de la pieuse Claudia Numisia Marcellina et de Quintus ... dont les pierres tombales, puisqu’elles sont ainsi réunies, attestent à quel point ils ont passé leurs vies en bonne entente, eux que la mort n’a pas pu séparer en les éloignant, la mort qui seule peut séparer ceux qui s’aiment.


3

 

CLAVDIA
FORTVNAT[.]
XII LIBERO
RVM MATER
V ANN L
HIC SITA EST

Claudia Fortunata XII liberorum mater vixit annos L hic sita est

AE 1934, 0067

Claudia Fortunata, mère de douze enfants repose ici ; elle a vécu cinquante ans.


4

 

D M

TI CLAVDIVS DIADVMENVS

PATRONAE B M F

SI TV BIBIS ET MIHI DA

AE 1976, 1030.

Aux dieux Mânes. Tiberius Claudius Diadumenus a fait construire ce tombeau pour sa patronne avec une grande reconnaissance. Et toi, si tu bois, donne-m’en aussi.


5

 

D M

SEPTIMIAE T F MAXVMAE

MATRI PIENTISSIMAE

QVAE VIXIT ANN LVI MENSE V

DIE XX B M

Í

HOSPES SISTE PIVS PATVLAE SVB TEGMINE QVERCVS

MANIBVS HIC NATI ME POSVERE DEIS

QVAE FVERINT MALA MVLTA MIHI QVAE VOLNERA FATI

QVI CASVS NESCIS DVLCIS AMORE VIRI

SEPTIMIAE MATRIS CASTAE SEMPER MEMOR ESTO

CVIVS PROGENIES PERPETVAT SPECIEM

Dis Manibus Septimiae Titi filiae Maxumae matri pientissimae quae vixit annos LVI menses V dies XX bene merenti.

Hospes, siste pius patulae sub tegmine quercus. Manibus hic nati me posuere deis. Quae fuerint mala multa mihi, quae volnera fati, qui casus, nescis. Dulcis amore viri, Septimiae, matris castae, semper memor esto, cuius progenies perpetuat speciem.

AE 1993, 539 a et b.

Aux dieux mânes de Septimia maxima, fille de Titus, mère admirable qui a vécu 56 ans, 5 mois et vingt jours, et qui a bien mérité cet hommage.
Passant, assieds-toi recueilli à l’ombre de ce large chêne. Ici mes enfants m’ont consacrée aux dieux Mânes. Quels ont été mes nombreux malheurs, quelles ont été les blessures du destin, quels ont été les coups du sort, tu l’ignores. Souviens-toi de Septimia, douce par amour de son mari, chaste mère, dont la descendance perpétue la race.


6

 

MEMOR AETERN

CLOD EVPORIAE ANN

XXXX DIES XXVIII

CASTAE ET ABSTINENTIS BONAE

INDOLIS MATRONAE NEC ALIE

NI CVPIDA PAR OPINIONIS SVAE

SANCTA IN CONIVGE PIA QVOQ

NATAE FAMVLISQ BENIGNA

OBSEQVENTISSIMA DIGNIS HANC

OMNIS AETAS AMAVIT QVAE MV

TATA PATRIA CASV RAPTA MANE[.]

CIL 02, 07, 439

Memoriae aeternae Clodiae Euporiae, annorum XXXX dierum XXVIII, castae et abstinentis, bonae indolis matronae, nec alieni cupida, par opinionis suae, sancta in coniugem, pia quoque, natae famulisque benigna, obsequentissima dignis. Hanc omnis aetas amavit. Quae mutata patria casu rapta manet.

A la mémoire éternelle de Clodia Euporia, 40 ans et 28 jours, pudique et sobre, femme douée d’un heureux caractère, pas envieuse des autres, au jugement équilibré, respectueuse du lien conjugal, pieuse également, bienveillante pour sa fille et ses serviteurs, obéissante à ceux qui le méritaient. Tous ses contemporains l’ont aimée. Elle demeure ici, ayant changé de patrie et ravie par un sort funeste.


7

 

D M

CAESIAE DAPHNES

T CAESIVS ADVENA

CONIVGI SANCTISSIMAE ET

FIDELISSIMAE CVM QVA VIXIT

INCOMPARABILI DVLCITVDINE

ANNIS XXVII SINE VLLA ANIMI EIVS

OFFENSA QVAE VIX ANN XXXXII

MENS IIII DIE I HOR III

HAEC SINE VLLA CORPORIS SVI

VEXATIONE DIE VII FLENTE SVPER SE

MARITO CVIVS MANVS SVPER OCVLOS

SVOS TENEBAT DEBITVM NATVRAE SOLVIT

AE 1911, 0192

Aux dieux mânes de Caesia Daphné. Titus Caesius Advena à sa très respectée et très fidèle épouse, avec laquelle il a vécu dans une incomparable douceur 27 ans, sans aucun saut d’humeur de sa part. Elle a vécu 42 ans, 4 mois, 1 jour et 3 heures. Le septième jour, sans aucune souffrance physique, comme son mari en pleurs se penchait sur elle et qu’elle lui tenait la main sur ses yeux, elle s’est acquittée de sa dette envers la nature.

 


8

 

[. . .]

DIEBV[. . .]RA NOCTVRN VI

AVR FELICIANVS PR LEG VII CL

CONIVGI DIGNISSIMAE

Diebus decessit hora nocturna VI. Aurelius Felicianus princeps legionis VII Claudiae coniugi dignissimae.

AE 1902, 0023

Elle a fini ses jours à la sixième heure de la nuit. À Claudia, son épouse si méritante, Aurelius Felicianus, soldat de deuxième ligne de la septième légion.

 


9

 

DIS MANIB

GRAPTE

EGNATIAE MA

XIMILLAE

A MANV

CONIVGI KARIS

SIMAE C EGN

ATIVS AROGVS

ILS, 7397

Aux dieux mânes de Grapta, secrétaire d’Egnatia Maximilla. A son épouse si chère, Gaius Egnatius Arogus.


10

 

DEAE SANCTAE MEAE

PRIMILLAE MEDICAE

L VIBI MELITONIS F

VIXIT ANNIS XXXXIIII

EX EIS CVM L COCCEIO

APTHORO XXX SINE

QVERELLA FECIT

APTHORVS CONIVG

OPTIMAE CASTAE

ET SIBI

ILS, 7804

A ma vénérée déesse Primilla, médecin, fille de Lucius Vibius Melito. Elle a vécu 44 ans, dont 30 avec Lucius Cocceius Apthorus sans dispute. Tombe élevée par Apthorus pour son excellente et pudique épouse, et pour lui-même.


11

 

DAPHNIS EGO HERMETIS CONIVNX SVM LIBERA FACTA

CVM DOMINVS VELLET PRIMV HERMES LIBER VT ESSET

FATO EGO FACTA PRIOR FATO EGO RAPTA PRIOR

QVAE TVLI QVOD GEMVI GEMITVS VIRO SAEPE RELIQVI

QVAE DOMINO INVITO VITAM DEDI PROXIME NATO

NVNC QVIS ALET NATVM QVIS VITAE LONGA MINISTRAT

ME STYGA QVOD RAPVIT TAM CITO ENI A SVPEROS

PIA VIXIT ANNIS XXV H S E

AE 1897, 43

cum dominus vellet primus Hermes liber ut esset

fato ego facta prior fato ego rapta prior

quae tuli quod gemui gemitus viro saepe relinqui

quae domino invito vitam dedi proxime nato

nunc quis alet natum quis vitae longa ministrat

me stygia quod rapuit tam cito enim a superos

 

Moi, Daphnis, épouse d’Hermès, je suis devenue libre.

Alors que notre maître voulait qu’Hermès soit libre le premier,

Le destin a voulu que je le sois la première, le destin a voulu que je sois enlevée la première,

Moi qui ai enduré en pleurant de laisser bien des larmes à mon mari,

Moi qui malgré la volonté du maître viens de donner le jour à un garçon.

Qui maintenant va nourrir ce garçon ? Qui s’occupera de lui au long de sa vie ?

Puisqu’il m’a arrachée, malheureuse, si vite au monde des vivants.

Elle a vécu dans le devoir 25 ans. Elle repose ici.


12

 

Rome, 3ème s. av. J.-C.)

 

via Appia : le monument des Caecilii Metelli, état actuel et reconstitution

CAECILIAE

Q(VINTI) [METELLI] CRETICI F(ILIAE)

METELLAE CRASSI [VXORI]

A Caecilia Metella, fille de Quintus [Caecilius Metellus], épouse de Crassus.


13

 

D M S

IVLIAE SATVRINAE

ANN XXXXV VXORI INCOMPARABILI

MEDICAE OPTIMAE MVLIERI SANCTISSIMAE

CASSIVS PHILIPPVS MARITVS OB MERITA

H S E S T T L

ILS 7802

Consacré aux dieux mânes de Julia Saturina, âgée de 45 ans, épouse incomparable, excellent médecin, femme à la vertu irréprochable. Cassius Philippus, son mari, lui a fait élever cette stèle pour rendre hommage à ses mérites. Elle repose ici. Que la terre te soit légère.


14

 

HI DVO CONVENTI

VNA FATA SECVTI

VNO LECTO COMPOSITI

VNA FAVILLA IACENT

CIL 9, 5140

Ces deux êtres réunis, qui ont suivi un seul et même destin, qui ont été placés sur un seul et même lit funèbre, gisent ici en une seule et même cendre.


15

 

D M S

CLODIAE SE

CVNDAE CONIV

GI DVLCISSIMAE ET BENE

MERENTI QVAE VIXIT AN

XXV MEN X DIEB XIIII IN

CONIVGIO MECVM FVIT SI

NE QVERELLA AN VII M IIII

DIEB XVIII L CAELIVS FLO

RENTINVS

(CENTVRIO) COH(ORTIS) X

VRB(ANAE) POSVIT

NAT(A) MAMERTINO ET

RVFO COS PRI NON

AVG DEF XV KAL IVL APRO ET MAXIMO

COSS

AE 1901, 140

Consacré aux dieux mânes. A Clodia Secunda, mon épouse si tendre qui mérite bien ma reconnaissance, qui a vécu vingt-cinq ans, dix mois et quatorze jours, qui a passé avec moi sans une dispute une vie conjugale de sept ans, quatre mois et dix-huit jours. Moi, Lucius Caelius Florentinus, centurion de la dixième cohorte « Urbana », j’ai fait élever ce tombeau. Elle était née sous le consulat Mamertinus et de Rufus, la veille des nones d’août (4 août 182) ; elle est décédée le quinzième jour des calendes de juillet, sous le consulat d’Aper et de Maximus (17 juin 207).


16

 

MEMMIAE PALAESTR[.]

CONIVGI SANCTISSIMA[.]

A PONTIVS EVTYCHVS

OMNIVM HOMINVM INFELICISSIM[.]

QVI TAM INCOMPARABILEM FEMINAM

CITO CARVI [. . .

Memmiae Palaestrae(?) coniugi sanctissimae  Aulus Pontius Eutychus omnium hominum infelicissimus qui tam incomparabilem feminam  cito carui

AE 1968, 0175

A Memmia Palaistra, son épouse très respectable. Aulus Pontius Eutychus (« l’Heureux », en latin « Felix »), le plus malheureux (en latin « infelix ») de tous les hommes, qui a perdu si vite une femme tout à fait incomparable.


17

 

D M

METTIAE LEDAE L

MANITIVS ASIATI

CVS COIVGI INCO

MPARABILI CVM QVA VIXIT ANNIS

XXXII MENSIBVS

VII SINE VLLA QVAE

RELLA BEN MER

FECIT

Dis Manibus  Mettiae Ledae Lucius  Manitius Asiaticus coniugi incomparabili cum qua vixit annis XXXII mensibus VII sine ulla qu{a}erella bene merenti fecit

AE 1968, 0135

Aux dieux mânes de Mettia Leda. Lucius Manitius Asiaticus a fait élever ce monument à son épouse incomparable qui l’avait bien mérité, avec laquelle il a vécu 32 ans et 6 mois sans la moindre querelle.

 


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