Noctes Gallicanae

 

Lyriques grecs

 

Sappho de Lesbos


Sappho a vécu dans la deuxième moitié du 7e siècle.

 

« Originaire de Lesbos, de la cité de Mytilène. Son père était Scamandre, ou selon d'autres Scamandronymus. Elle avait trois frères: Erigyios, Larichos et l'aîné Charaxos qui s'embarqua pour l'Égypte accompagné d'une certaine Doricha pour laquelle il dépensa des sommes folles.

Elle eut une fille qu'elle appela Cléis, du nom de sa propre mère.

On l'a accusée de vivre un peu en marge et d'aimer les femmes. Physiquement, il semble qu'elle était sans intérêt et plutôt laide, trop brune de peau et très petite. » (Papyrus Oxyrhynchus, 2e s. ap. J.-C.)

 

Son véritable nom était Psapphô (C‹pfv), simplifié en Sappho (S‹pfv) puis Sapho (S‹ffv, S‹fv).

 

ƒEnn¡a tŒ Moæsaw fasÛn tinew: Éw ôligÅrvw:

 ±nÛde kaÜ SapfÆ Lesbñyen ² dek‹th.

On dit qu'il y a neuf Muses, voilà qui est bien sommaire !

Considérez aussi Sappho de Lesbos, la dixième.

Platon, Anth., IX, 506.


 

SapfÆ ² LesbÛa

µ ² MitulhnaÝa

 

 

..... t‹de nèn ¤taÛraiw

taÜw ¦maiw t¡rpoisa k‹lvw ŽeÛsv

Ces chansons, maintenant, pour mes compagnes,

je vais les chanter d'une voix mélodieuse.

 

taÜw k‹laisin ëmmi nñhmma tÎmon

oé di‹meipton

Envers vous, mes belles, ce sentiment que j'éprouve

ne changera pas.

 

oék oäd' ötti y¡v dæo moi tŒ no®mmata

Je ne sais pas que faire: le sentiment que j'éprouve est double.

 

sterew m¢n ŽmfÜ k‹lan sel‹nnan

c Žpukræptoisi f‹ennon eädow

öppota pl®yoisa m‹lista l‹mphi

gn <¤p' Žmaæran>

....... ŽmfÜ d' ëdvr

... cèxron kel‹dei di' ësdvn

malÛnvn aÞyussom¡nvn d¢ cællvn

kÇma kat‹rrei

....... ¦lye Kæpri

xrusÛaisin ¤n kulÛkessin brvw

summemigm¡non yalÛaisi n¡ktar

oÞnoxñeisa

Les étoiles autour de la beauté de la lune

cachent de nouveau leur visage brillant

maintenant que la pleine lune éclaire de tout son éclat

la terre sombre.

... Sur l'eau fraîche,

... le vent qui souffle chante dans les branches vertes

et dans les feuilles à qui il donne vie

coule un profond sommeil.

... Viens, Cypris,

et dans les coupes d'or, avec grâce,

prépare pour les convives le nectar

que tu serviras.

 

[Þñplok' gna mellixñmeide S‹pfoi

y¡lv ti WeÛphn ŽllŒ me kvléei

aàdvw : ...]

aÞ d' ·xew ¦slvn àmeron µ k‹lvn

kaÜ m® tÛ WeÛphn glÇss' ¤kéka k‹kon

aàdvw ken oékÛ s' ·xen öppat'

Žll' ¦legew perÜ tÇ dikaÛv

 

[Pure Sappho aux tresses de violettes, au sourire de miel...

Je veux te dire quelque chose, mais j'ai honte de le dire... (attribué à Alcée)]

-- Si ce que tu voulais était honnête ou bien,

et si ta langue ne bougeait pas pour dire quelque chose de mal,

la honte ne couvrirait pas tes yeux,

mais tu parlerais sans détours.

 

FaÛnetaÛ moi k°now àsow y¡oisin

¦menn' Ênhr öttiw ¤n‹ntiñw toi

Þsd‹nei kaÜ pl‹sion ”du fvneÛ-

saw épakoæei

kaÜ gelaÛsaw Þm¡roen tñ m' · mŒn

kardÛan ¤n st®yesin ¤ptñaisen

Èw gŒr ¦w s' àdv brñxe' Êw me fÅnai-

s' oéd' ¨n ¦t' eàkei

ŽllŒ kŒm m¢n glÇssa W¡age l¡pton

d' aëtika xrÇi pèr épadedrñmaken

ôpp‹tessi d' oéd' ¨n örhmm' ¤pirrñm-

beisi d' kouai

k‹d d¡ m' àdrvw kakx¡etai trñmow d¢

paÝsan grei xlvrot¡ra d¢ poÛaw

¦mmi teyn‹khn d' ôlÛgv 'pideæhn

faÛnom' ¦m' aët&.

ŽllŒ pn tñlmaton ¤peÜ <kaÜ p¡nhta>

...

Heureux! qui près de toi, pour toi seule soupire,

Qui jouit du plaisir de t'entendre parler,

Qui te voit quelquefois doucement lui sourire.

Les Dieux dans son bonheur peuvent-ils l'égaler ?

 

Je sens de veine en veine une subtile flamme

Courir par tout mon corps, sitôt que je te vois :

Et dans les doux transports où s'égare mon âme.

Je ne saurais trouver de langue ni de voix.

 

Un nuage confus se répand sur ma vue.

Je n'entends plus: je tombe en de douces langueurs;

Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue,

Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs.

 

Mais quand on n'a plus rien, il faut tout hasarder...]

Traduction de Boileau, Traité du Sublime, ch. VIII, cité dans Alcée, Sappho, Les belles Lettres.

 

Catulli carmen LI ad Lesbiam

Ille mi par esse deo videtur,

ille, si fas est, superare divos,

qui sedens adversus identidem te

spectat et audit

dulce ridentem, misero quod omnis

eripit sensus mihi : nam simul te,

Lesbia, aspexi, nihil est super mi

********

lingua sed torpet, tenuis sub artus

flamma demanat, sonitu suopte

tintinant aures, gemina et teguntur

lumina nocte.

otium, Catulle, tibi molestum est :

otio exsultas nimiumque gestis :

otium et reges prius et beatas

perdidit urbes.

 

 

eÞw ƒAnakr¡onta

keÝnon Î xrusñyrone Moès' ¦nispew

ìmnon ¤k tw kalligænaikow ¤sylw

T®iow xÅraw ùn eide terpnÇw

pr¡sbuw Žgauñw

Muse au trône doré, entonne,

cet hymne du noble pays où les femmes sont belles,

que chantait si bien de Téos

l'illustre vieillard.

 

 

Poikilñyron' Žy‹nat' ƒAfrñdita

paÝ DÛow dolñploke, lÛssomaÛ se

m® m' saisi mhd' ônÛaisi d‹mna

pñtnia yèmon

Royale et immortelle Aphrodite,

fille de Zeus, pleine de ruses, je t'en supplie,

ne soumets pas mon âme aux dédains

ni aux chagrins.

 

ŽllŒ tæid' ¦ly' aà pota kŽt¡rvta

tw ¦maw aëdvw Žýoisa p®lui

¦klues pŽtrow d¢ dñmon lÛpisa

xræsion ·lyew

Viens ! Jadis, entendant ma voix au loin,

tu m'avais écoutée

et laissant là le palais doré de ton père,

tu étais venue.

 

rm' épasdeæjaisa: k‹loi d¡ s' ”gon

Êkeew stroèyoi perÜ gw melaÛnaw

pækna dÛnnentew pt¡r' Žp' Èr‹nvàye-

row diŒ m¡ssv

Battant des ailes et fendant le ciel,

les rapides colombes attelées à ton char

te menaient autour

de la sombre terre.

 

aäca d' ¤jÛkonto: sç d' Î m‹kaira

meidiaÛsais' Žyan‹tÄ prosÅpÄ

³re' ötti dhïte p¡ponya kÊtti

dhïte k‹lhmmi

Et déjà tu étais là, ma déesse, le visage

souriant, soucieuse de la pensée et du désir

de l'âme insensée

qui t avait appelée.

 

kÊtti moi m‹lista y¡lv g¡nesyai

mainñla yæmÄ: tÛna dhïte peÛyv

c s' ghn ¤w WŒn filñtata; tÛw s' Î

C‹pf' ŽdÛk®ei;

Qui dois-je persuader de t’aimer encore,

ma Sappho? Qui t'a blessée?

 

kaÜ gŒr aÞ feægei tax¡vw diÅjei

aÞ d¢ dÇra m¯ d¡ket' ŽllŒ dÅsei

aÞ d¢ m¯ fÛlei tax¡vw fil®sei

kvék ¡y¡loisa

Si elle te fuit, elle courra bientôt toi.

Si elle refuse tes cadeaux, elle t'en offrira bientôt.

Si elle ne t’aime pas; elle t'aimera bientôt,

même sans l’avoir voulu.

 

¦lye moi kaÜ nèn xal¡pan d¡ lèson

¡k merÛmnan össa d¡ moi t¡lessai

yèmow Þm¡rrei t¡leson sç d' aìta

sæmmaxow ¦sso

Cette fois encore, viens à moi, délivre-moi de mes peines,

exauce les souhaits de mon coeur.

Sois mon alliée.

 

 

  pterægvn d' épokakx¡ei ligæran ŽoÛdan

öppota flñgmon kat' ¦lan pept‹menon kataælei

(La cigale) laisse échapper de ses ailes un chant strident

lorsque l’ardeur du soleil, répandue sur la terre, dessèche tout.

 

 

katyn‹skei Kuy¡rh' brow …Advniw tÛ ke yeÝmen;

kattæptesye kñrai kaÜ katereÛkesye kÛyvnaw

Il se meurt, Aphrodite, le bel Adonis. Que pouvons-nous faire?

– Frappez-vous la poitrine, jeunes filles, et déchirez vos tuniques.

 

épigrammes de Sappho


 

 

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Dernière mise à jour: 25/10/02