Lyriques grecs
Scolies attiques
Les scolies
Le skñlion (ou skoliñn) ou « [chanson] en zigzag » était chanté lors des banquets. On le définissait comme paroÛnow Ód®, « chanson qui va avec le vin ».
On chantait d’abord en chœur, puis chacun son tour. Enfin, un convive prenait en main une branche de myrte ou de laurier et entonnait une chanson connue, de Simonide, Stésichore, Praxilla, Alcée, Anacréon et bien d’autres. Il s’interrompait lorsqu’il le souhaitait et passait la branche à un convive de son choix qui devait enchaîner aussitôt, et ainsi de suite. Dans certains banquets, au lieu d’une branche de laurier, on faisait passer la lyre qui permettait à chacun de s’accompagner.
Les Anciens faisaient dériver le mot skñlion de duskolÛa, « difficulté », eu égard à la difficulté de l’exercice.
En fait, les textes étant brefs, je suppose que chacun devait être prêt à chanter une œuvre du même auteur ou inspirée du même thème.
Voyez les Guêpes
d’Aristophane, vers 1216 et suivants.
Attik
skñlia
Pallw Tritog¡nei' nass' 'Ayhn
öryou t®nde pñlin te kaÜ polÛtaw
ter lg¡vn kaÜ stsevn
kaÜ yantvn Årvn sæ te kaÜ pat®r
Pallas, fille de la mer,
princesse Athéna,
Conduis cette cité et ses
citoyens
À l’écart du malheur et de la
discorde
Et de la mort prématurée, toi
et aussi ton père.
eÞw D®mhtra
Ploætou mht¡r' 'OlumpÛan eÛdv
D®mhtra stefanofñroiw ¤n Ëraiw
sæ te paÝ Diòw Fersefñnh
xaÛreton eï d¢ tnd' mf¡reton pñlin
Je chante la mère de la
Richesse, l’Olympienne
Déméter, en la saison où l’on
porte couronne,
Et toi aussi, Perséphone, fille
de Zeus,
Salut à vous deux, prenez bien
soin de cette cité !
eÞw LhtÅ
¤n D®lÄ pot' ¦tikte t¡kna LatÅ
FoÝbon xrusokñman nakt' 'Apñllvna
¤lafhbñlon t' grot¡ran
Artemin gunaikÇn m¡g' ¦xei krtow
A Délos autrefois Lato a mis au
monde des enfants,
Le prince Phébus Apollon à la
chevelure d’or,
Et la chasseresse tueuse de
cerfs
Artémis qui a sur les femmes un
grand pouvoir.
eÞw Pan
Î Pn 'ArkadÛaw med¡vn kleennw
ôrxhst bromÛaiw ôpad¢ Næmfaiw
gelseiaw Î Pn ¤p' ¤maÝw
eéfrosænaiw oid kexarhm¡now
à Pan
O
Pan, protecteur de la glorieuse Arcadie,
Toi
qui danses suivi des Nymphes de Bacchus,
Puisses-tu
rire, ô Pan, pour mon bien-être,
Si
tu as pris plaisir à mon chant.
¤n mærtou kladÜ tò jÛfow for®sv
Ësper `Armñdiow kristogeÛtvn
÷te tòn tærannon ktan¡thn
Þsonñmouw t' Ay®naw ¤poihsthn.
pour Harmodios et Aristogiton
Dans une branche de myrte je porterai
mon épée
comme Harmodios et Aristogiton,
lorsqu’en tuant le tyran
ils firent d’Athènes une ville
d’égalité.
Hipparque, tué en 514 av.
J.-C., n'était en réalité que le frère du tyran Hippias.
¤n mærtou kladÜ tò jÛfow for®sv
Ësper `Armñdiow kristogeÛtvn
÷t' AyhnaÛhw ¤n yusÛaw
ndra tærannon Ipparxon ¤kain¡thn.
Dans une branche de myrte je porterai
mon épée
comme Harmodios et Aristogiton,
quand pendant le sacrifice à Athéna
ils tuèrent le tyran Hipparque.
aÞeÜ sfÇn kl¡ow ¦ssetai kat' aäan,
fÛltay' `Armñdie kristñgeiton,
÷ti tòn tærannon ktan¡thn
Þsonñmouw t' Ay®naw ¤poihsthn.
Votre gloire pour toujours se perpétuera
à travers les âges,
très chers Harmodios et Aristogiton
parce que en tuant le tyran
vous avez fait d’Athènes une ville
d’égalité.
fÛltay' `Armñdi' oë tÛ pou t¡ynhkaw,
n®soiw d' ¤n makrvn s¡ fasin eänai,
ána per podÅkhw 'Axileçw
Tudeýdhn t¡ fasin Diom®dea.
Très cher Harmodios, quel que soit le
lieu de ta mort,
on dit que tu es dans les îles des
Bienheureux ;
là même où est Achille aux pieds rapides
où est, dit-on, Diomède, fils de Tydée.
par Pandrñsou
¤nik®samen Éw ¤boulñmeya
kaÜ nÛkhn ¦dosan
yeoÜ f¡rontew
par Pandrñsou
[Éw fÛlhn Ayhnn]
Pandrosos
Nous avons vaincu comme nous le
voulions,
et les dieux ont donné la victoire
l’accordant à Pandrosos, puisqu’elle est
aimée d’Athéna.
paÝ TelamÇnow Aäan aÞxmht, l¡gousÛ se
¤w Troýan riston ¤lyeÝn DanaÇn met' Axill¡a.
scolie d’Ajax
Fils de Télamon, valeureux Ajax, on dit
de toi
que tu fus le meilleur des Danaens venus
à Troie, juste après Achille.
tòn TelamÇna prÇton, Aàanta d¢ deæteron
¤w Troýan l¡gousin ¤lyeÝn DanaÇn met' Axill¡a.
scolie de Télamon
Télamon fut le premier, Ajax le second,
dit-on, des Danaens venus à Troie, juste
après Achille.
aÞaÝ Leicædrion
aÞaÝ Leicædrion prodvs¡tairon,
oáouw ndraw pÅlesaw, mxesyai
gayoæw te kaÜ eépatrÛdaw,
oã tñt' ¦deijan oávn pat¡rvn ¦san.
Leipsydrion, hélas !
Leipsydrion,
hélas ! traître à nos compagnons !
quels hommes
as-tu perdus, courageux
au combat et
de haute naissance,
qui ont alors
montré de quels aïeux ils descendaient !
Il s'agit d’un lieu-dit au
pied du Parnasse, fortifié par les Alcméonides
dans leur lutte contre le
tyran Hippias (vers ~512).
÷stiw ndra fÛlon m¯ prodÛdvsin
÷stiw ndra fÛlon m¯ prodÛdvsin meglhn ¦xei
tim¯n ¦n te brotoÝw ¦n te yeoÝsin kat' ¤mòn nñon.
celui qui ne trahit pas un ami...
Celui qui ne
trahit pas un ami est tenu en grand
honneur parmi
les mortels et parmi les dieux, c’est ce que je pense.
eàye læra kal¯ genoÛmhn ¤lefantÛnh
kaÜ me kaloÜ paÝdew f¡roien Dionæsion ¤w xorñn...
puissé-je devenir...
Puissé-je
devenir une belle lyre d’ivoire
que de beaux
garçons porteraient pour le chœur de Dionysos.
eày' puron kalòn genoÛmhn m¡ga xrusÛon
kaÜ me kal¯ gun¯ foroÛh kayaròn yem¡nh nñon...
Puissé-je devenir une grande belle coupe non forgée au feu
qu’une belle
femme porterait avec des pensées pures à l’esprit.
à la procession des
Panathénées ?
êpò pantÜ lÛyÄ
skorpÛow Î ¥taÝr' êpodæetai
frzeu m® se
blh: tÒ d' faneÝ pw §petai dñlow
sous chaque pierre
Sous
chaque pierre, un scorpion se cache, mon ami !
Évite
de te faire piquer : avec ce qui se cache vient toute sorte de mal.
Texte proche de celui de
Praxilla.
eày' ¤j°n õpoÝñw
tiw ·n §kastow
tò st°yow dielñnt',
¦peita tòn noèn
¤sidñnta, kleÛsanta
plin,
ndra fÛlon nomÛzein
dñlÄ frenÛ.
reconnaître un véritable ami
S’il était possible de savoir comment
est tout un chacun
en lui ouvrant le cœur, puis en
examinant
son esprit, et tout refermer ensuite
pour reconnaître un véritable ami à sa
pensée sans malice.
êgiaÛnein m¢n
riston ndrÜ ynhtÒ,
deæteron d¢ kalòn
fun gen¡syai,
tò trÛton d¢
plouteÝn dñlvw,
kaÜ tò t¡tarton ²bn
met tÇn fÛlvn.
se bien
porter : le bien le plus appréciable
Le bien le plus appréciable pour un mortel, c’est de se bien
porter,
en second un physique harmonieux,
en troisième s’enrichir honnêtement,
et en quatrième rester jeune avec ses amis.
õ tò skñlion eêrÆn
¤keÝnow, ÷stiw ·n,
tò m¢n êgiaÛnein
prÇton Éw riston øn
Ènñmasen ôryÇw:
deæteron d' eånai kalñn,
trÛton d¢ plouteÝn,
toèy', õrw, ¤maÛneto:
met t¯n êgÛeian
gr tò plouteÝn diaf¡rei:
kalòw d¢ peinÇn ¤stin
aÞsxròn yhrÛon.
'AnajandrÛdou toè kvmÄdiopoioè.
Celui qui,
quel qu’il soit, a composé ce chant
disant
qu’en premier être en bonne santé est le bien le plus appréciable
a eu
raison. Mais en second un physique harmonieux,
en
troisième s’enrichir, là, vois-tu, il a déliré :
c’est
juste après se bien porter qu’il faut placer le fait de s’enrichir :
un physique
harmonieux affamé, ça fait une bête repoussante !
Anaxandridès, poète comique.
Adm®tou lñgon Î ¥taÝre mayÆn toçw gayoçw fÛlei,
tÇn deilÇn d' p¡xou gnoçw ÷ti deiloÝw ôlÛgh xriw.
parole d’Admète
Apprends, compagnon, la parole d’Admète :
aime les gens bien élevés :
garde-toi du vulgaire, sachant que dans
le vulgaire on trouve peu d’honneur.
¦gxei kaÜ K®dvni, dikone, mhd'
¤pil®you,
eÞ xr¯ toÝw gayoÝw ndrsin
oÞnoxeÝn.
verse à boire à Cédon aussi
Verse à boire à Cédon aussi,
garçon, et ne l’oublie pas
si dois verser du vin aux honnêtes gens.
sæn moi pÝne
sæn moi pÝne sun®ba
sun¡ra sustefanhfñrei,
sæn moi mainom¡nÄ
maÛneo, sçn sÅfroni svfrñnei.
Avec moi bois, ensemble soyons jeunes, ensemble aimons,
ensemble couronnons-nous,
avec moi si je suis fou sois fou, avec un homme à jeun
reste à jeun.
tÒ pareñnti tr¡xein
kalòn m¢n ¤k g°w xr¯ katÛdhn plñon
eà tiw dænaito kaÜ palmhn ¦xoi,
¤peÜ d¡ k' ¤n pñntÄ g¡nhtai
tÒ pareñnti tr¡xein ngkh.
suivre sa course dans les
conditions du moment
Une
belle traversée, il faudrait la préparer
avant
de quitter la terre, avoir aussi de l’expérience,
mais
lorsqu’on est en mer, il faut bien
suivre
sa course dans les conditions du moment.
õ d¢ karkÛnow Ïd' ¦fa
xal tòn öfin labÅn:
eéyçn xr¯ tòn ¥taÝron ¤m-
men kaÜ m¯ skoli froneÝn.
le crabe et le serpent
le
crabe ainsi parla
en
sa pince ayant pris le serpent :
un
compagnon doit être droit
et
ne pas préparer de coups tordus.
Jeu de mots sur skoli « scolies » et
« obliques, tortueux »
ðw blanon ¦xei
ðw tn blanon
tn m¢n ¦xei, tn d' ¦ratai labeÝn:
kgÆ paÝda
kal¯n t¯n m¢n ¦xv, t¯n d' ¦ramai labeÝn.
la truie qui
possède un gland
La truie qui possède un gland désire
s’en trouver un autre,
et moi qui possède une jolie fille, je
désire m’en trouver une autre.
Premier vers en dialecte dorien, second vers en
dialecte attique.
pñrnh kaÜ balaneçw
tvétòn ¦xous' ¤mped¡vw ¦yow:
¤n taét pu¡lÄ
tñn t' gayòn tñn te kakòn lñei.
la putain et le
garçon de bains
La putain et le garçon de bains ont
une même habitude bien établie :
ils trempent dans le même bain les
bons comme les méchants.
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