Noctes Gallicanae

Lyriques grecs

Les Sept Sages


Selon la tradition, Bias de Priène, Chilon de Lacédémone, Cléobule de Lindos, Périandre de Corinthe, Pittacos de Mytilène, Solon d’Athènes et Thalès de Milet, tous philosophes ou hommes politiques grecs du VIe s. av. J.-C. formaient le groupe des Sept Sages.

 

On attribuait à chacun un certain nombre de maximes.

 

L'authenticité de ces préceptes n'est nullement établie ; telle sentence est indifféremment attribuée à l'un ou à l'autre de ces Sages. Ces maximes comportent des éléments postérieurs et des proverbes d'origine inconnue ; ce sont des observations isolées, des conseils de prudence et de morale qui ne dépassent pas la sagesse pratique et ne témoignent pas d'une réflexion philosophique approfondie. « Pas de discussion, pas de raisonnement, des vérités nettement formulées, qu'on suppose évidentes par elles-mêmes, ou fondées sur quelque autorité divine. » (Janet et Séailles.) Leur mérite est seulement de montrer les débuts de la pensée grecque, quand elle s'applique au problème de la conduite de la vie. Presque tous ces sages passent pour avoir été des législateurs.

Le nombre de Sept Sages est évidemment symbolique. Mais quatre d'entre eux seulement figurent dans toutes les énumérations : Thalès, Pittacos, Bias, Solon. « Dicéarque en nomme six autres, parmi lesquels il en choisit trois : Aristodème, Pamphile, le Lacédémonien Chilon, Cléobule, Anacharsis et Périandre. D'autres ajoutent Acousilaos, Caba ou Scala, un Argien. Hermippe, dans son livre sur les Sages, dit qu'ils furent dix-sept et que chacun en choisit sept selon ses préférences. » (Diogène Laërce).

Diogène Laërce a fait figurer dans sa liste, en plus des quatre précédents : Chilon, Cléobule, Myson, Anacharsis, Périandre, Épiménide, Phérécyde. (Jean Voilquin, les Penseurs grecs avant Socrate).

 

Platon, dans son Protagoras, propose la liste suivante :

toævn ·n kaÜ Yal°w õ Mil®siow kaÜ Pittakòw õ MutilhnaÝow kaÜ BÛaw õ Prihneçw kaÜ Sñlvn õ ²m¡terow kaÜ Kleñboulow õ LÛndiow kaÜ Mæsvn õ Xhneçw kaÜ §bdomow ¤n toætoiw ¤l¡geto LakedaimonÛow XÛlvn.

Parmi eux se trouvaient Thalès de Milet, Pittacos de Mytilène, Bias de Priène, notre Solon, Cléobule de Lindos, Myson de Chèné, et on compte comme septième d’entre eux Chilon de Lacédémone.

 

Antipater de Sidon propose celle-ci (Anth. Palat., VII, 81) :

„EptŒ sofÇn Kleñboule s¢ m¢n teknÅsato LÛndow:

   fatÜ d¢ SisufÛa xyÆn PerÛandron ¦xein:

Pittakòn Mutilna: BÛanta d¢ dÝa Pri®nh:

   MÛlhtow d¢ Yal°n kron ¦reisma DÛkaw;

Sp‹rta XÛlvna: Sñlvna d¢ KekropÜw aäa:

   p‹ntaw Žriz‹lou svfrosænaw fælakaw.

Des Sept Sages, tu fus mis au monde, Cléobule, par Lindos ;

La terre de Sisyphe affirme qu’elle détient Périandre ;

Mytilène possède Pittacos ; la divine Priène possède Bias ;

Milet possède Thalès, ce haut rempart de la Justice ;

Sparte possède Chilon ; la terre de Cécrops possède Solon ;

Tous furent les gardiens de l’enviable sagesse.


 

oß ¥ptŒ SofoÛ

 

 

Žpofy¡gmata tÇn ¥ptŒ sofÇn

¥ptŒ sofÇn ¤r¡v kat' ¦pow pñlin oënoma fvn®n

m¡tron m¢n Kleñboulow õ LÛndiow eäpen riston

XÛlvn d' ¤n koÛlú LakedaÛmoni gnÇyi seautñn

ùw d¢ Kñrinyon ¦naie Xñlou krat¡ein PerÛandrow

Pittakñw oéd¢n gan, ùw ¦hn g¡now ¤k Mutil®nhw

t¡rma d' õrn biñtoio Sñlvn ßeraÝw ¤n ƒAy®naiw

toçw pl¡onaw kakÛouw d¢ BÛaw Žp¡fhne Prihneæw

¡ggæhn feægein d¢ Yal°w Mil®siow hëda

 

Maximes des Sept Sages

des Sept Sages je vais vous dire en vers la cité, le nom et la parole.

Cléobule de Lindos : « Mesure est perfection » ;

Chilon dans le val de Lacédémone : « Connais-toi toi-même » ;

celui qui habitait Corinthe, Périandre : « Maîtrise ta colère » ;

Pittacos : « Rien de trop », il était de Mytilène,

« Regarde le terme de ta vie », disait Solon dans la sainte Athènes ;

« Les méchants sont en majorité » a révélé Bias de Priène ;

« Évite de donner ta caution » a recommandé Thalès de Milet.

Anth. Palat., IX, 366.

 

Traduction latine d’Ausone :

E GRAECO

Septenis patriam, Sapientum nomina, voces,

versibus expediam ; sua quemque monosticha dicent.

Mensuram optimum, ait Cleobulus Lindius, in re.

Chilo, cui patria est Lacedaemon, Noscere seipsum.

Periander, Trepidam moderare, Corinthius, iram.

Ex Mitylenaeis, Nimium nil, Pittacus oris.

Exspectare Solon finem docet, ortus Athenis.

Plures esse Bias pravos, quem clara Priene.

Mileti, fugisse Thales vadimonia, alumnus.

 

Voyez aussi « le Jeu des Sept Sages » et « Maximes des Sept Sages » d’Ausone.

 

 

m¡tron riston

gnÇyi seautñn

xñlou kr‹tei

oéd¢n gan

oß pleÝstoi kakoÛ

÷ra t¡low makroè bÛou

gÛgnvske kairñn

m¡leta tò pn

¤ggæa par' t&

 

 


 

 

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