
All pages about Pompeii are copyright ©
Alain Canu, the year being that of the last
update.
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L’abréviation CIL IV (ou CIL 4, il faut que je mette de
l’ordre !)
renvoie au volume IV du Corpus Inscriptionum Latinarum, recueil de
toutes les inscriptions latines antiques, initié au 19ème siècle par
des érudits allemands et régulièrement mis à jour. Quelques milliers de pages…
Les volumes du Corpus et les inscriptions dans chaque volume sont organisés
selon la localisation géographique des inscriptions : le volume IV est
consacré aux inscriptions pariétaires et doliaires de Pompéi et d’Herculanum
(les inscriptions monumentales ont été rassemblées dans le volume X), le volume
VI à la ville de Rome, le volume XII à la Gaule Narbonnaise, etc. Le volume IV
contient environ 12000 inscriptions classées rue par rue, maison par maison,
pièce par pièce.
L’abréviation
Anth. Palat. renvoie à
l’Anthologie Palatine, ou Anthologie Grecque. C’est un recueil de
4500 courts poèmes appelés épigrammes, composé vers l’an 1000 et que nous a
transmis un manuscrit dit « Palatinus ». Le recueil rassemble les
œuvres de plus de 300 poètes, depuis Tyrtée (et peut-être même Homère) qui
vivait au VIIe s. av. J.-C. jusqu’aux contemporains de Justinien (VIe
s. ap. J.-C.). Le livre I contient les épigrammes chrétiennes, le livre V les
épigrammes érotiques, le livre VI les épigrammes dites « votives »,
le livre VII les épitaphes, le livre IX les épigrammes
« démonstratives » (par ex. inscriptions sur la base de statues), le
livre X les épigrammes morales, le livre XI les épigrammes satiriques, le livre
XIV les problèmes et devinettes.
L’abréviation AE suivie d’un millésime renvoie à la revue l’Année
épigraphique.
J’ai
utilisé la police Garamond Latin pour écrire le latin et la police Athenian
pour le grec, et des caractères de couleur marron pour les
deux langues anciennes, sauf les inscriptions peintes de Pompéi que je note en rouge, les
graffitis en rouge foncé et les inscriptions magiques sur tablettes de plomb en gris.
Les
citations et les textes d’auteurs français apparaissent en caractères bleu foncé, mes
propres traductions en vert olive.
Comme je
trouve l’italique désagréable à lire sur l’écran, j’ai préféré souligner les
titres d’ouvrages.
|
Nous
n’avons pas, concernant le sexe, exactement les mêmes idées que les Romains
de l’Antiquité. Et bien des mots de ce vocabulaire reflètent leurs
conceptions. Pour
les Romains, la femme n’avait qu’un rôle passif : elle se faisait
pénétrer. Tant
qu’un homme pénétrait son partenaire, féminin ou masculin, au cours d’un
rapport oral ou anal, l’honneur était sauf ; par contre accepter une
pénétration passait pour déshonorant. |
LENTE IMPELLE Vas-y doucement ! CIL 4, 794
Dans une petite pièce, côté ouest du
vico d’Eumachia
|
Memini illum, cum libertinum reum defenderet, cui obiciebatur,
quod patroni concubinus fuisset, dixisse: "impudicitia in ingenuo crimen
est, in servo necessitas, in liberto officium." Res in iocos abiit:
"non facis mihi officium" et "multum ille huic in officiis
versatur". Ex eo impudici et obsceni aliquamdiu "officiosi"
vocitati sunt.
Je me souviens qu’il a dit au cours d’un
procès où il défendait un affranchi à qui il était reproché d’avoir eu des
rapports avec son maître : « cette souillure est un crime chez
l’homme de naissance libre, c’est un devoir indiscutable pour un esclave, c’est
un service que rend un affranchi [à son ancien maître] ». C’est devenu une
source de bons mots : « Ne me rends pas service » et
« Untel s’applique beaucoup à rendre service à Untel ». De là le nom
de « serviables » que l’on donne parfois aux mignons et aux
débauchés. Sénèque le Père, Controverses, IV, 10.
arrigo, is,
ere : être en érection
Jam nisi per somnum non arrigis et tibi, Mevi,
Désormais tu ne bandes plus qu’en rêve,
Mévius…
Martial,
XI, 46
"Quid te mutavit ? Quod reginam ineo ? Uxor mea est. Nunc coepi an abhinc annos novem ? Tu
deinde solam Drusillam inis ? Ita valeas, uti tu, hanc epistulam cum
leges, non inieris Tertullam aut Terentillam aut Rufillam aut Salviam
Titiseniam aut omnes. An refert, ubi et in qua arrigas ? "
« Qu’est-ce qui te prend ?
C’est parce que je me tape une reine ? C’est ma femme. Ça vient de se
faire ou ça dure depuis neuf ans ? Et toi, tu ne te tapes que
Drusilla ? A la bonne heure, si quand tu liras cette lettre tu ne t’es pas
tapé Tertulla ou Terentilla ou Rufilla ou Salvia Titisenia ou toute la clique.
Qu’est-ce que ça me fait que tu bandes ici ou là et pour laquelle ? »
Suétone, Auguste,
69. (Lettre d’Antoine à Octave).
caco, as, are, avi,
atum : aller à la selle.
C’est le seul verbe courant pour exprimer cette notion.
Je traduis systématiquement par « faire caca », qui peut paraître un
peu enfantin mais le verbe latin n’était certainement pas perçu comme aussi
grossier dans les divers contextes que notre verbe « chier », qui est
son descendant direct. Mais évidemment voici le contre-exemple :
Hanc ad munditiem adde mundiorem,
quod culus tibi purior salillo est,
nec toto decies cacas in anno …
A cette propreté, ajoute plus propre
encore :
tu as le cul plus pur qu’une salière
et tu ne chies pas dix fois dans une
année entière…
Catulle,
23, 18-21.
calo, as, are, …(chalo) : « relâcher, entr’ouvrir », terme de
la langue nautique emprunté au grec xalv, même sens. Mot sans doute très vulgaire que n’emploient ni Catulle ni
Martial.
IVCVDVS
MALE CALA
Iucundus male
c(h)alat : Jucundus
baise mal !
CIL IV,
8715b
cauda (ou coda), ae, f : « queue » ; mêmes
emplois qu’en français.
accidit ut
cuidam testis caudamque salacem
demeterent
ferro …
Il est arrivé qu’à certain
[homme adultère] on ait tranché au fer ses testicules et sa queue lubrique.
Horace, Satires, I, 2, 45-46
… acris ubi me
natura
intendit, sub clara nuda lucerna
quaecumque
excepit turgentis verbera caudae …
Lorsqu’une pulsion
naturelle me fait bander et qu’à la lueur d’une lanterne une femme nue
reçoit les coups de ma
queue gonflée…
Horace, Satires,
II, 7, 49
Une inscription électorale de Pompéi (CIL 4, 7240),
peinte sur le mur du bistrot de Masculus, « le Mâle », non loin d’un expressif
Priape, mentionne des codati. Lisez caudati : « des hommes avec une queue » :
CN HELVIVM
SABINVM AED D R P O F
MASCVLVS CVM CODATIS VBIQ(VE)
Élisez Gnaeus Helvius Sabinus édile,
il est digne de gérer la collectivité.
Masculus et tous ceux qui ont une queue
vous le recommandent.
Caudam antiqui "penem" vocabant […], at hodie "penis" est in obscenis. « At vero Piso ille Frugi in Annalibus suis queritur adolescentes
peni deditos esse. » Quod tu in epistula appellas
suo nomine, ille tectius "penem;" sed, quia multi, factum est tam
obscenum quam id verbum, quo tu usus es. Les Anciens désignaient
la queue par le mot « membre » […], mais de nos jours
« membres » fait partie des mots obscènes. Mais, dis-tu, le fameux
Pison Frugi se plaint dans ses Annales de voir les jeunes gens consacrer
tout leur temps à leur membre. Ce que toi, dans ta lettre, tu appelles par son
nom, lui il le nomme à mot couvert « membre », mais comme beaucoup de
gens en font autant, ce mot est devenu aussi obscène que celui dont tu t’es
servi. Cicéron, Fam., IX, 22. Ce passage tendrait à montrer que pour Cicéron le mot cauda ne présente
justement pas de sens obscène.
Horace emploie cauda au sens de mentula, mais ni Catulle ni Martial
ne le font, peut-être parce que cet emploi avait une connotation paysanne. Par
contre, l’association d’idées se faisait inévitablement, tout comme chez nous.
ceveo, es, ere, cevi : remuer les fesses ; se dit
du mâle ou du pathicus :
Sed pedicaris, sed pulchre, Naevole, ceves.
Oui, tu te fais enfiler,
oui, Naevolus, tu tortilles joliment du cul…
Martial,
III, 95
cinaedus, i, m :
inverti, efféminé, qui se livre à toutes les complaisances. Du grec kÛnaidow que les Anciens faisaient dériver de kin¡v et aÞdÅw
« celui qui remue ses parties honteuses ».
Pedicabo ego
vos et irrumabo,
Aureli
pathice et cinaede Furi.
Je vous sodomiserai et je vous la ferai sucer,
Aurélius le mignon et
Furius le pédé.
Catulle, 16
eÞw kinaÛdouw
An¡raw ±rn®santo, kaÜ oék ¤g¡nonto
gunaÝkew:
oët' ndrew gegasin, ¤peÜ pyon ¦rga
gunaikÇn:
oëte gunaÝkew ¦asin, ¤peÜ fæsin ¦llaxon ndrÇn:
n¡rew eÞsÜ gunaijÜ kaÜ ndrsin
eÞsÜ gunaÝkew.
Les pédés
Ils ont renoncé à être hommes, et ne sont pas devenus
femmes ;
ils ne sont pas devenus hommes puisqu’ils assument les rôles des
femmes ;
ils ne sont pas femmes puisque la nature les a fait naître
hommes ;
ce sont des hommes aux yeux des femmes et aux yeux des hommes,
ce sont des femmes.
clunes, ium, m ou f :
fesses, croupe (des hommes et des animaux)
Forsitan
expectes ut Gaditana canoro
incipiant
prurire choro plausuque probatae
ad terram
tremulo descendant clune puellae,
Peut-être espères-tu que
les danses de Gadès
commencent à t’exciter sur
leurs rythmes mélodieux et qu’encouragées par les applaudissements
les filles glissent peu à peu
vers le sol en tortillant des fesses.
Juvénal,
XI, 162-165.
coleus, i, m :
« testicule ». On trouve aussi culio, onis, m (de là « couillon »). Il arrive
qu’un homme puisse se dire coleatus, « couillu ».
Cum
depilatos, Chreste, coleos portes…
Bien que tu trimballes, Chrestus, des couilles épilées, …
Martial,
IX, 27
criso, as, are, … : remuer les fesses, se
déhancher ; se dit en parlant d’une femme.
Numquid, cum crisas, blandior esse potes?
Tu licet
ediscas totam referasque Corinthon,
Non tamen omnino, Laelia, Lais eris.
Est-ce que tu peux, quand tu tortilles du cul, être plus
séduisante ?
Tu auras beau apprendre par cœur et reproduire Corinthe toute
entière,
Lélia, tu ne seras jamais
tout à fait Laïs.
Martial, X,
68.
cunnilingus, i, m :
celui qui lèche le sexe féminin.
Pediconibus
os olere dicis.
Hoc si,
sicut ais, Fabulle, verum est:
Quid tu
credis olere cunnilingis?
Les sodomites ont, dis-tu,
mauvaise haleine.
Si c’est vrai, Fabullus,
si c’est comme tu le dis,
Selon toi, que penser de
l’haleine des lécheurs de chattes ?
Martial, XII, 85

cunnus, i, m : « vulve, vagin ». L’ancêtre de notre « con », mais
contrairement à son descendant, ce mot n’est jamais employé comme insulte.
Praestatur
cano tanta indulgentia cunno
On montre une telle complaisance à cette chatte chenue…
Martial,
II, 34.
En
grec, õ kusyñw
ou õ kusñw
« trou ».
H prosmeneÝw
sæ, m¡xri seu ´liow ylcú
tòn kusòn ¤sdæw;
[...]
Est-ce
que tu vas rester là, jusqu’à ce que le soleil te chauffe
la
chatte en y pénétrant ?
Hérondas, Mimes,
VIII.
culum, i, n : « cul ».
Quid miseros
frustra cunnos culosque lacessis ?
Pourquoi harcèles-tu en
vain des chattes et des culs ?
Martial,
XI, 46
do, as, are, dedi, datum : avoir des relations sexuelles. Ellipse de cunnum alicui
dare ? Le verbe dare s’emploie avec un sujet féminin sans COD mais avec
éventuellement un nom d’homme en fonction de COS :
Martial, II, 31.
Saepe ego Chrestinam futui. Det quam bene quaeris ?
Supra quod fieri nil, Mariane, potest.
J’ai souvent sauté Chrestina. Tu veux
savoir si elle baise bien ?
Au-delà de tout ce qui peut se trouver,
Marianus !
Vxorem nolo Telesinam ducere : quare ?
Moecha est. Sed pueris dat Telesina : volo.
Je ne veux pas épouser Télésina.
Pourquoi ?
C’est une salope ! Quoi ? elle
baise avec de petits esclaves ? Alors je veux bien.
Martial,
II, 31.
draucus, i, m :
« sodomite ». Porté comme nom propre, au masculin ou au féminin, par
des prostitués.
Vna
lavamur : aspicit nihil sursum,
sed spectat
oculis devorantibus draucos
nec otiosis
mentulas videt labris.
Nous nous lavons ensemble : il ne
regarde rien en levant les yeux,
mais il contemple en les dévorant des
yeux les pédés,
et il ne voit pas leurs bites sans
remuer les lèvres.
Martial, I,
96.
fascinum, i, n : membre viril.
… inlitterati
num minus nervi rigent
minusve languet fascinum? …
Horace, Épodes,
VIII.
Mes attributs incultes en sont-ils plus
petitement raides
Et ma bite s’est-elle amollie, plus
petite ?
Tu, qui non
bene cogitas et aegre
carpendo tibi temperas ab horto,
pedicabere
fascino pedali.
Quod si tam
gravis et molesta poena
non
profecerit, altiora tangam.
Toi qui as de mauvaises intentions et
qui difficilement
Te retiens de cueillir les fruits de ce
jardin,
Tu seras sodomisé par une bite d’un pied
de long !
Et si un châtiment si sévère et si
pénible
Ne suffit pas, je m’attaquerai à l’étage
au-dessus.
Priapées, 28
fello, as, are, … : sucer. Sur le même radical sont formés fel(l)ator, fel(l)atrix.
Quid faciat
volt scire Lyris. Quid? Sobria fellat.
Lyris veut savoir ce qu’elle a pu faire.
Ce qu’elle a fait ? Même sans avoir bu, elle suce !
Martial,
II, 73
Os male
causidicis et dicis olere poetis.
Sed
fellatori, Zoile, peius olet.
La bouche sent mauvais, dis-tu, chez les avocats et les poètes.
Mais chez les suceurs, Zoïlus, elle sent encore plus mauvais.
Martial,
XI, 30
ficus, i,
m : « la figue ». Désigne une sorte de kyste mal placé, à l’anus
ou in locis verecundioribus !
Notons qu’en grec tò sèkon,
tout comme l’italien fica, désigne le sexe de
la femme.
Cum dixi
ficus, rides quasi barbara verba
et dici ficos, Caeciliane, iubes.
Dicemus
ficus, quas scimus in arbore nasci,
dicemus ficos, Caeciliane, tuos.
J’ai dit « ficus » (accusatif pluriel), et tu en ris comme d’une faute de déclinaison :
Tu veux qu’on dise « ficos », Cécilianus.
Nous emploierons « ficus » pour celles dont nous
savons qu’elles poussent sur un arbre,
Nous emploierons « ficos », Cécilianus, pour les
tiennes.
Martial, I,
65
fornix, icis, m :
« chambre voûtée », et tout particulièrement celle qu’occupaient les
prostituées, d’où les mots populaires comme fornicare, fornicator qui seront repris par le latin de l’Église.
At meretrix
abigit testem veloque seraque
raraque
Submemmi fornice rima patet.
Mais la putain écarte tout témoin avec un rideau, avec un verrou
Et une ouverture étroite laisse passer le jour dans ce bordel du
Submemmium.
Martial, I,
34
futuo,
is, ere, ui, utum : avoir des
relations sexuelles. Le sujet est toujours masculin et le COD, exprimé ou sous-entendu
toujours féminin. Sur le même radical, fututor, fututrix et fututio.
Lingis, non
futuis meam puellam
et garris
quasi moechus et fututor.
Si te
prendero, Gargili, tacebis.
Tu lèches ma petite amie, tu ne la baises pas !
Et tu te vantes de me cocufier en grand baiseur…
Si je te prends, Gargilius, tu le tairas !
Martial,
III, 97
Nullus in
urbe fuit tota qui tangere vellet
uxorem gratis, Caeciliane, tuam,
dum
licuit : sed nunc positis custodibus ingens
turba fututorum est : ingeniosus homo es.
Personne dans tout Rome qui ait voulu toucher
ta femme pour rien, Cécilianus,
pendant que c’était possible. Mais maintenant que tu as embauché
des gardiens, immense
est la foule des baiseurs : tu es un malin !
Martial, I,
73
Numquid
pollicita est tibi beatam
noctem Naevia sobriasque mavis
certae
nequitias fututionis ?
Est-ce que Naevia t’a promis une nuit de bonheur ? Et tu
préfères attendre dans la sobriété les jouissances d’une baise assurée ?
Martial, I,
106

Le
féminin fututrix, usité à Pompéi comme attribut d’un nom propre de femme, n’est employé
par Martial qu’au figuré en rapport avec « main » ou
« langue » :
… inguina
saltem
parce
fututrici sollicitare manu.
… évite
Du moins d’exciter les
bas-ventres de ta main baiseuse !
Martial,
XI, 22
ineo,
is, ire, ii, itum : baiser
(vulgaire ; voir ci-dessus s.v. arrigo)
inguen,
inis, n : aine, bas-ventre, parties
génitales. Un mot convenable.
Priapus siligineus
Si vis esse satur,
nostrum potes esse Priapum:
Ipsa licet rodas inguina, purus eris.
Étiquette d’un
Priape en froment
Si tu veux être rassasié, tu peux manger mon Priape :
Tu peux même lui ronger
les parties, tu resteras pur.
Martial,
XIV, 70.
crassa nec
opposito pauidus tegit inguina guto.
Il ne cache pas
craintivement son énorme bas-ventre derrière une jarre d’huile.
Juvénal,
XI, 158.
irrumo,
as, are, … : donner à téter, faire
sucer.
Subdola famosae moneo fuge retia moechae,
levior o conchis, Galle, Cytheriacis.
Confidis
natibus ? Non est pedico maritus ;
quae faciat duo sunt : irrumat aut futuit.
Je te conseille de fuir les filets dangereux d’une adultère
notoire,
Gallus, toi qui as moins de polis que les coquilles de Vénus.
Tu comptes sur tes fesses ? Le mari n’est pas un sodomite,
Il ne fait que deux choses : il se fait sucer ou il baise.
Martial,
II, 47
irrumare implique éjaculer :
Non vis in
solio prius lavari
quemquam,
Cotile : causa quae, nisi haec est,
undis ne
fovearis irrumatis ?
Primus te
licet abluas : necesse est
ante hic
mentula quam caput lavetur.
Tu ne veux pas qu’avant toi un autre se trempe
Dans le bain, Cotilus. Pour quelle raison, sinon celle-ci ?
Pour ne pas sentir la tiédeur des pollutions dans l’eau.
Baigne-toi le premier si tu veux, il faudra pourtant bien
Que dans le bain ta bite
se trempe avant ta tête !
Martial,
II, 70
irrumator,
oris : au sens propre « qui se
fait sucer », le mot prend aussi une valeur d’injure plus générale.
Praesertim quibus
esset irrumator
praetor, nec
faceret pili cohortem.
Surtout ceux qui avaient un salaud
pour officier supérieur, se fichant bien de sa cohorte.
Catulle, 10
landica,
ae, f : clitoris. En grec ¤sxra.
At di
deaeque dentibus tuis escam
negent, amicae
cunnilinge vicinae,
per quem
puella fortis ante nec mendax
et quae
solebat impigro celer passu
ad nos
venire, nunc misella landicae
vix posse
iurat ambulare prae fossis.
Puissent les dieux et les déesses refuser à tes dents
La nourriture ! Tu as léché la chatte de la petite amie de
ton voisin !
A
cause de toi, une fille qui était vigoureuse et pas du tout menteuse
Et qui venait toujours vers moi, vive
Et d’un pas rapide, maintenant cette pauvre petite
Jure
qu’elle peut à peine marcher en raison des fentes à son clitoris.
Priapées, 78
lingo, is, ere, linxi, lictum : lécher, sucer, mais par forcément dans un sens
obscène, tout comme lambo,
is, ere, « lécher, laper ».
ista cum
lingua, si usus veniat tibi, possis
culos et
crepidas lingere carpatinas.
Avec une langue pareille, tu pourrais, si besoin était,
Lécher des culs ou des sandales bas de gamme.
Catulle, 98
lupa, ae, f : louve, prostituée. Quel rapport entre
une louve et une prostituée ? La louve passait, semble-t-il, pour une
femelle particulièrement lubrique ! Selon d’autres, les prostituées
racolaient en imitant le hurlement du loup.
La
célèbre Messaline exerçait, paraît-il, ses talents au lupanar sous le
pseudonyme de Lycisca, formé sur le nom grec du loup (lækow).
Chez Lucien et dans l’Anthologi grecque on
rencontre des courtisanes nommées LukaÛnh, LukaÛnion, LukainÛw.
Dans le Satiricon de Pétrone, le voisin
d’Encolpe appelle Fortunata, la femme de Trimalcion, lupatria, mot que P.
Grimal traduit par « putain ».
Voyez ci-dessous meretrix.
lupanar,
aris, f : lieu de prostitution, où
l’on trouve des louves, lupae.
intravit
calidum veteri centone lupanar
et cellam
vacuam atque suam …
Elle entra dans le tiède lupanar aux vieux rideaux
et dans la cellule vide qui lui est réservée…
Juvénal, VI,
121-122 voyez Messaline
meio,
is, ere et mingo, is, ere, mi(n)xi,
mictum : pisser. On trouve des
formes comme miare, minsare dans les inscriptions.
cuius ad effigiem
non tantum meiiere fas est.
Contre la statue duquel on peut pisser sans crainte, et pas
seulement !
Juvénal, I, 131
laudare paratus,
si bene
ructavit, si rectum minxit amicus
Prêt à s’extasier si son ami a bien roté et s’il a pissé droit.
Juvénal,
III, 106-107
Minxisti
currente semel, Pauline, carina.
Meiere vis iterum ? Iam Palinurus
eris.
Paulinus, tu as pissé une fois tandis que voguait la barque,
Tu veux pisser une seconde
fois, alors tu seras Palinure.
Jeu de mots: plin oéreÝn « uriner de
nouveau » et Palinurus, le pilote d’Énée.
Martial,
III, 78
mentula, ae,
f : membre viril, parfois terme injurieux (« tête de noeud »).
C’est le mot le plus courant, ni grossier, ni bien sûr très convenable du fait
de son sens. J’ai choisi, faute de mieux, de le traduire par
« bite ». Il existe d’autres mots, parfois plus imagés, pour désigner
cette partie du corps masculin, comme columna, medius vir, nervus, vomer, etc.
Solis
putatis esse mentulas vobis,
solis
licere, quidquid est puellarum,
confutuere
et putare ceteros hircos ?
Vous croyez être les seuls à avoir une bite ?
Les seuls à qui il est permis de se taper toutes les filles et
de considérer les autres hommes comme des boucs ?
Catulle, 37
pipinna
ce mot
qui devait appartenir au langage enfantin :
Drauci Natta
sui vorat pipinnam,
collatus cui gallus est Priapus.
Natta dévore la quéquette de son cher Draucus,
A côté duquel Priape est un eunuque !
Martial,
XI, 71
mentulatus
deus Priapo
mentulatior non est.
Aucun dieu n’est plus membré que Priape.
Priapées, 36

meretrix, icis, f :
« celle qui se fait payer », tout simplement, comme le dit bien
Ovide :
Stat
meretrix certo cuivis mercabilis aere
et miseras
iusso corpore quaerit opes
La gagneuse attend de gagner avec qui voudra la somme fixée
et recherche de misérables profits en livrant son corps.
Ovide, Amours, I, 10.

Alix, Spartaci
filius.
… meretricis
avarae
quae sese
toto corpore prostituit.
… de la putain rapace
qui offre au public son âme et son corps tout entier.
Catulle,
110
La bustuaria (bustuarius, « celui qui brûle les morts ») exerçait
ses talents dans les nécropoles, à l’abri des tombeaux.
Les prostituées de bas-étage étaient appelées dioboliae « qu’on paye
deux oboles » ou quadrantariae « qu’on paye un quart d’as »), c’est-à-dire
vraiment pas très cher : à Pompéi, chez Hédoné, une pinte de vin valait un
as.
moecha,
ae, f : femme adultère, cocotte.
ne Paris
abducta gavisus libera moecha
otia pacato degeret in thalamo.
Pour que Pâris ne jouisse pas de la maîtresse qu’il avait
enlevée
En vivant sans souci ni contrainte dans une chambre paisible.
Catulle,
68b
« Moecha
putida, redde codicillos,
redde putida
moecha, codicillos ! »
« Puante salope, rends-moi mes lettres
rends-moi mes lettres, puante salope ! »
Catulle, 42
Au
masculin moechus, « l’amant » :
Moechum Gellia non habet nisi unum.
Turpe est hoc magis: uxor est duorum.
En fait d’amants, Gellia n’en a qu’un.
C’est encore bien plus grave : elle est l’épouse de deux
hommes !
Martial,
VI, 90.
molo, participe archaïque multus : « moudre ». Il s’agit évidemment
d’une métonymie très vulgaire qui évoque la meule (mola) composée d’un cône
fixe, la « borne » (meta) et d’un double cône creux, le « plat » (catillus), dont la partie
supérieure forme trémie et dont la partie inférieure frotte contre la borne.
Deglubit,
fellat, molitur per utramque cavernam.
Elle branle, elle suce, elle se fait ramoner par les deux trous.
Ausone, Épigrammes,
71.
Super
inguina mea diu multumque frustra moluit.
Installé sur mes parties, il essaye longtemps et de toutes les
manières de se ramoner, mais sans résultat.
Pétrone,
Satiricon, 23.
Multus homo
es, Naso, neque tecum multus homost qui
descendit : Naso, multus es et
pathicus.
Avec toi, il faut que ça saute, Nason, mais personne ne saute
sur l’occasion
de descendre en ville avec toi : Nason, tu te fais sauter,
tu es une fiotte.
Catulle,
112.
mut(t)o, onis, m : membre viril ; dérivé
mutuniatus : bien membré
Dormis cum
pueris mutuniatis,
et non stat
tibi, Phoebe, quod stat illis …
Tu dors avec de jeunes esclaves bien membrés
et, Phébus, ce qui se dresse chez eux ne se dresse pas chez toi…
Martial,
III, 73.
Mutunus
Tutunus était une divinité priapique,
peut-être d’origine étrusque, symbolisant l’union des sexes dans le mariage et
à qui les femmes, revêtues de toges prétextes, adressaient des sacrifices.
pat(h)icus, i, m : sodomite passif
Pulccre
convenit improbis cinaedis,
Mamurrae
pathicoque Caesarique.
C’est un joli accord entre ces infâmes pédés,
Mamurra la fiotte et César.
Catulle, 57
pedico, as, are, … (paedico) : « sodomiser », formé sur le grec t paidik « le mignon, le favori ». On pense à la Moèsa Paidik® de Straton qui forme le livre XII de l’Anthologie
Palatine. Ce mot appartient à la même famille que paiderast®w « qui aime les jeunes garçons, pédéraste ». Pour autant que
je sache, la sodomie antique ne s’exerce que dans les relations homosexuelles.
Simpliciter
tibi me, quodcumque est, dicere oportet,
natura est quoniam semper aperta mihi :
pedicare
volo, tu vis decerpere poma ;
quod peto, si dederis, quod petis, accipies.
C’est en toute simplicité qu’il faut que je te dise ce qu’il en
est :
De fait, je suis d’une nature toujours directe,
Je veux sodomiser quelqu’un, tu veux cueillir les fruits,
Donne-moi ce dont j’ai envie, ce dont tu as envie emporte-le.
Priapées, 38
pedico, onis, m: celui qui sodomise
Dives eras
quondam: sed tunc pedico fuisti
et tibi nulla diu femina nota fuit.
Autrefois tu étais riche, mais tu étais alors un sodomite
Et pendant longtemps toutes les femmes t’étaient inconnues.
Martial,
XI, 87
penis, is, m : membre viril. Le sens ancien est
« queue » : penem antiqui codam vocabant. Même famille étymologique que le grec p¡ow, même sens.
verum a te
metuo tuoque pene
infesto
pueris bonis malisque.
Mais j’ai peur de toi et ta queue
Funeste aux garçons, les
bons et les mauvais.
Catulle, 15
percido,
is, ere, cidi, cisum : transpercer (sens
obscène bien sûr).
Percidere
puer, moneo : futuere puella :
barbatum furem tertia poena manet.
Tu vas te faire enfiler, mon garçon, je
te préviens ;
Tu vas te faire baiser, fillette,
Et le voleur barbu il lui reste le
troisième châtiment.
Priapées, 13
podex, icis, m : le derrière. De la famille de peto, is, ere, pepedi, peditum « péter », podex signifie donc au sens propre « le péteur ».
De la même racine que bd¡v et p¡rdomai.
Zoile, quid
solium subluto podice perdis ?
Spurcius ut fiat, Zoile, merge caput.
Zoïlus, pourquoi gâches-tu ton bain en y
trempant ton trou de balle ?
Pour que le bain soit vraiment sale,
Zoïlus, trempes-y ta tête !
Martial,
II, 42
porcus, i, m : le sexe des jeunes filles nubiles.
Sus graece dicitur ðw,
olim yèw, dictus ab illo verbo quod dicunt yæein, quod est immolare. Ab
suillo enim pecore immolandi initium primum sumptum videtur, cuius vestigia,
quod initiis Cereris porci immolantur, et quod initiis pacis, foedus cum
feritur, porcus occiditur, et quod nuptiarum initio antiqui reges ac sublimes
viri in Etruria in coniunctione nuptiali nova nupta et nouus maritus primum
porcum immolant. Prisci quoque Latini, etiam Graeci in Italia idem factitasse
videntur. Nam et nostrae mulieres, maxime nutrices, naturam qua feminae sunt in
virginibus appellant porcum, et Graecae choeron, (xoÝrow) significantes esse dignum insigne nuptiarum.
Le porc se dit en grec
« hys », autrefois « thys », nom qui dérive du verbe
« thyin » qui signifie « sacrifier ». En effet il semble
que c’est d’abord dans le troupeau de porcs que l’on prenait les victimes au
début des sacrifices. Il reste des souvenirs de cet usage : on sacrifie
des porcs au début des cérémonies pour Cérès ; on tue un porc au début des
cérémonies pour la paix lorsqu’on a négocié le traité ; au début des
cérémonies de mariage, chez nos anciens rois et dans l’aristocratie étrusque,
la jeune mariée et le jeune mari commençaient la célébration de leur union
nuptiale par le sacrifice d’un porc. Il semble que les anciens Latins aussi,
tout comme les Grecs installés en Italie, connaissaient la même coutume. La
preuve en est que chez nous, les femmes et tout particulièrement les nourrices
appelent chez les jeunes filles la partie du corps qui fait d’elles des femmes
le « porc » (les Grecques aussi l’appelent « choiros »).
Elles désignent ainsi les signes qui montrent que le temps du mariage approche.
Varron, De l’agriculture, II, 4, 9-10
prostituta : celle
qui « se tient exposée aux regards ». Le terme semble appartenir au
langage juridique. Martial n’utilise ce mot que comme adjectif.
Quaedam virgo a piratis
capta venit; empta a lenone et prostituta est.
Arrive une vierge qui a été enlevée par
des pirates, achetée par un souteneur, elle a été prostituée.
Sénèque le Père, Controverses, I, 2.
et
prostitutis levius caput culis,
et ta tête est plus lisse que les culs
prostitués…
Martial,
IX, 27.
prurigo, inis, f :
violent désir sexuel
Cum frustra
jacui longa prurigine tentus,
succurrit pro te saepe sinistra mihi.
Lorsque je reste longtemps allongé pour rien, tendu par
un violent désir,
c’est souvent que ma main gauche vient me secourir à
ta place.
Martial, XI,
73.
scortum, i, n : prostituée. Disparaît de l’usage sous
l’Empire.
verum nescio
quid febriculosi
scorti
diligis : hoc pudet fateri.
Mais tu aimes je ne sais quelle putain
Maladive : voilà ce que tu as honte
d’avouer.
Catulle, 6.
scortum désigne au sens
propre « la peau », et donc par métonymie « la peau sur laquelle
on se frotte ». Mot neutre, il peut s’appliquer aussi à un garçon.
Catulle
emploie le diminutif scortillum :
Varus meus ad suos amores
visum duxerat e foro otiosum,
scortillum,
ut mihi tum repente visum est,
non sane
illepidum neque invenustum.
Mon ami Varus, alors j’étais oisif au
forum,
M’avait emmené rendre visite à ses
amours,
Une petite cocotte, ça se voyait au
premier coup d’œil,
Mais pour dire vrai, ni dépourvue de
charme, ni dépourvue de grâce.
Catulle, 10
sopio, onis, m : membre viril ? (mot rare au sens
mal établi).
atqui putate :
namque totius vobis
frontem
tabernae sopionibus scribam.
Mais méfiez-vous ! Sur la façade de
toute
votre boutique, je vais vous dessiner
des biroutes.
Catulle, 37
spurca, ae, f :
prostituée, au sens propre « ordure, impureté ». Le mot semble rare.
Peut-être à rapprocher de spurius, « bâtard » et spurium, « sexe de la
femme » en latin tardif.
abscondunt spurcas et monumenta lupas.
Même les monuments funéraires cachent des tapins et des putes.
Martial, I,
34.
tenta, orum, n. pl.:
membre viril. C’est l’adjectif tentus, « tendu », employé par Catulle
comme nom, mais il s’agit peut-être d’une figure de style plutôt que d’un
emploi lexicalisé.
Nescio quid certe est : an vere fama susurrat
grandia te medii tenta vorare viri ?
Je ne sais pas cequ’il en est : faut-il croire ce
que dit la rumeur,
que tu avales ce qui est grand et raide au milieu de l’homme ?
Catulle, 80
tentigo, inis, f :
érection. Voir l’exemple sous tribas.
tribas, adis, f :
« lesbienne ». Du grec tribw, dow, même sens. Mot de la racine de trÛbv, « frotter, user » ; l’équivalent
latin tero possède le même emploi obscène.
Pedicat pueros tribas Philaenis
et tentigine saevior mariti
undenas dolat in die puellas. [...]
Non fellat, putat hoc parum virile,
sed plane medias vorat puellas.
La gouine Philaenis sodomise des garçons
et plus féroce qu’un mari en érection,
elle frotte onze filles dans la journée…
Elle ne suce pas, elle trouve ça peu viril,
mais elle dévore à fond le sexe des filles .
Martial,
VII, 66.
verpa, ae, f : pénis au prépuce rétracté
Jam nisi per
somnum non arrigis et tibi, Mevi,
incipit in medios meiere verpa pedes…
Désormais tu ne bandes plus qu’en rêve, Mévius,
Et ta bite commence à pisser au milieu de tes pieds…
Martial,
XI, 46
verpus, i, m :
décalotté, circoncis (terme souvent péjoratif), cvlñw.
vos
Veraniolo meo et Fabullo
verpus
praeposuit Priapus ille ?
C’est vous qu’à mon cher Veraniolus, à mon cher Fabullus
A préférés ce Priape décalotté ?
Catulle, 47
Illud me
cruciat, Solymis quod natus in ipsis
pedicas puerum, verpe poeta, meum.
Ce qui me tourmente, c’est que, né au centre de Jérusalem,
Tu sodomises, poète circoncis, mon petit esclave.
Martial,
XI, 94
© Alain Canu
9 octobre 2005
24 août 2006