Noctes Gallicanae
La
Campanie
Colonia Veneria Cornelia Pompeiorum
Directeur des fouilles de 1860 à
1875, Giuseppe Fiorelli a imaginé de diviser Pompéi en
« arrondissements » ou « régions » (en latin regio), chaque arrondissement se divisant en îlots (insula) délimités par quatre rues, chaque maison (aedes) de l’îlot recevant un numéro ; ainsi la maison des
Vettii se trouve dans le VIe arrondissement, îlot 15, numéro 1, ce
qui se note en abrégé VI,
15, 1, ou Reg. VI, ins. 15, aed. 1.
L’abréviation CIL IV (ou CIL 4, il faut que je mette de l’ordre
dans mes références !)
renvoie au volume IV du Corpus Inscriptionum Latinarum, recueil de
toutes les inscriptions latines antiques, initié au 19ème siècle par
des érudits allemands et régulièrement mis à jour. Quelques milliers de pages…
Les volumes du Corpus et les inscriptions dans chaque volume sont organisés
selon la localisation géographique des inscriptions : le volume IV est
consacré aux inscriptions pariétaires et doliaires de Pompéi et d’Herculanum
(les inscriptions monumentales ont été rassemblées dans le volume X), le volume
VI à la ville de Rome, le volume XII à la Gaule Narbonnaise, etc. Le volume IV
contient environ 12000 inscriptions classées rue par rue, maison par maison,
pièce par pièce.
Il est d’usage lorsqu’on recopie une
inscription antique de signaler les passages à la ligne par un trait
vertical ; je devrais écrire
M MariVm | aed
faci | oro vos
mais je trouve plus esthétique de
respecter dans ma typographie les passages à la ligne.
M MariVm
aed faci
oro vos
L’abréviation
Anth. Palat. renvoie à l’Anthologie Palatine, ou Anthologie
Grecque. C’est un recueil de 4500 courts poèmes appelés épigrammes, composé
vers l’an 1000 et que nous a transmis un manuscrit dit « Palatinus ».
Le recueil rassemble les œuvres de plus de 300 poètes, depuis Tyrtée (et
peut-être même Homère) qui vivait au VIIe s. av. J.-C. jusqu’aux
contemporains de Justinien (VIe s. ap. J.-C.). Le livre I contient
les épigrammes chrétiennes, le livre V les épigrammes érotiques, le livre VI
les épigrammes dites « votives », le livre VII les épitaphes, le
livre IX les épigrammes « démonstratives » (par ex. inscriptions sur
la base de statues), le livre X les épigrammes morales, le livre XI les épigrammes
satiriques, le livre XIV les problèmes et devinettes.
L’abréviation AE suivie d’un millésime renvoie
à la revue l’Année épigraphique.
J’ai
utilisé la police Garamond Latin pour écrire le latin (vous pouvez la
télécharger ici)
et la police Athenian pour le grec (vous pouvez la télécharger ici).
J’ai utilisé des caractères de couleur marron pour les deux langues anciennes, sauf les inscriptions peintes
de Pompéi que je note en rouge, les graffitis en rouge
foncé et les inscriptions magiques sur tablettes de
plomb en gris.
Les
citations et les textes d’auteurs français apparaissent en caractères bleu foncé, mes propres traductions
en vert olive.
Comme je
trouve l’italique désagréable à lire sur l’écran, j’ai préféré souligner les
titres d’ouvrages.
J’ai
considéré que le mot « graffiti » était singulier et appelait un
pluriel « graffitis ». « Graffite » me semble
bizarre ; quant à dire « un graffito, des graffiti », pourquoi
pas « je viens de faire tomber un spaghetto sur ma chemise
propre ! » ?
La Campanie a toujours
exercé une indiscutable fascination sur les Romains.
Dès le IVe
siècle av. J.-C., les Campaniens passent pour un
ille praepotens opibus populus, luxuria superbiaque clarus
peuple
supérieur à tous les autres par ses richesses, connu pour son art de vivre et
son orgueil. (Tite-Live,
VII, 31).
Au IIe
siècle ap. J.-C., Florus, l’abréviateur de Tite-Live, explique cette
fascination. Sa description s’insère dans le chapitre
où il raconte les événements de 353 av. J.-C., ce qui explique la mention
d’Herculanum et de Pompéi (Epitomae, I, 11) :
Omnium non
modo Italiae, sed toto orbe terrarum pulcherrima Campaniae plaga est. Nihil
mollius caelo: denique bis floribus vernat. Nihil uberius solo: ideo Liberi
Cererisque certamen dicitur. Nihil hospitalius mari: hic illi nobiles portus
Caieta, Misenus, tepentes fontibus Baiae, Lucrinus et Avernus, quaedam maris
otia. Hic amicti vitibus montes Gaurus, Falernus, Massicus et pulcherrimus
omnium Vesuvius, Aetnaei ignis imitator. Vrbes ad mare Formiae, Cumae, Puteoli,
Neapolis, Herculaneum, Pompei, et ipsa caput urbium, Capua, quondam inter tres
maximas (Romam Carthaginemque) numerata.
La
Campanie est la plus belle région de toutes, pas seulement d’Italie, mais du
monde entier. Rien de plus doux que son ciel : pour tout dire, le
printemps y fleurit deux fois. Rien de plus fertile que son sol : c’est
pourquoi on dit que Liber [le vin] y rivalise avec Cérès [les moissons]. Rien
de plus hospitalier que sa mer : voilà ces célèbres ports de Gaète,
Misène, Baies adoucie par ses sources, le Lucrin et l’Averne qui sont en
quelque sorte le lieu de repos de la mer. Voilà, couverts de vignes, les monts
Gaurus, Falerne, Massique et le plus beau de tous, le Vésuve qui imite le feu
de l’Etna. Voilà les villes du bord de mer : Formies, Cumes, Pouzzoles,
Naples, Herculanum, Pompéi et la capitale elle-même de ces villes, Capoue, que
l’on comptait jadis au nombre des trois plus grandes.

Enfin, la Campanie
contemporaine des dernières années de Pompéi nous est ainsi décrite par Pline
l’Ancien dans sa géographie de l’Italie (III, 60-61) :
Hinc felix
illa Campania, ab hoc sinu incipiunt vitiferi colles et temulentia nobilis suco
per omnes terras incluto atque, ut veteres dixere, summum Liberi Patris cum
Cerere certamen. Hinc Setini et Caecubi protenduntur agri ; his iunguntur
Falerni, Caleni, dein consurgunt Massici, Gaurani Surrentinique montes. Ibi
Leborini campi sternuntur et in delicias alicae politur messis. Haec litora
fontibus calidis rigantur praeterque cetera in toto mari conchylio et pisce
nobili adnotantur. Nusquam generosior oleae liquor est, hoc quoque certamen
humanae voluptatis. tenuere Osci, Graeci, Umbri, Tusci, Campani.
On
arrive maintenant dans cette Campanie, bénie des dieux. À partir de ce golfe
commencent les collines couvertes de vignes et la griserie bien connue à
travers le monde entier que nous donne leur illustre nectar. Sans oublier,
comme le disaient les Anciens, la rivalité suprême entre Liber Pater et Cérès. Derrière
soi, on laisse les plaines de Sétia et de Cécube, que continuent celles de
Falerne et de Calène. Puis s’élèvent le Massique, le Gaurus et les monts de
Sorrente. Là s’étendent les plaines de Labories où l’on donne les derniers
soins, pour notre plaisir futur, à la récolte de blé. La côte est arrosée de
sources chaudes et, sans parler des autres ressources, celles de la mer
entière, cette côte s’est rendue célèbre par la qualité du coquillage et du
poisson. Nulle part ailleurs ne coule plus généreusement le jus de l’olive,
autre rivalité pour le plaisir des hommes. Cette région a été occupée par les
Osques, les Grecs, les Ombriens, les Étrusques, les Campaniens.
In ora Savo
fluvius, Volturnum oppidum cum amne, Liternum, Cumae Chalcidiensium, Misenum,
portus Baiarum, Bauli, lacus Lucrinus et Avernus, iuxta quem Cimmerium oppidum
quondam, dein Puteoli colonia Dicaearchia dicti, postque Phlegraei campi,
Acherusia palus Cumis vicina ; litore autem Neapolis, Chalcidensium et
ipsa, Parthenope a tumulo Sirenis appellata, Herculaneum, Pompei haud procul
spectato monte Vesuvio, adluente vero Sarno amne, ager Nucerinus et p. a mari
ipsa Nuceria, Surrentum cum promunturio Minervae, Sirenum quondam sede.
En
suivant la côte on rencontre le fleuve Savo ; la ville de Volturnes le
cours d’eau qui porte son nom ; Literne ; Cumes, ancienne colonie de
Chalcis ; Misène ; le port de Baies ; Baules ; les lacs
Lucrin et Averne sur le bord duquel se trouvait autrefois la ville des
Cimmériens ; puis Pouzzoles, dite aussi Colonia Dichaearchia ;
ensuite les Champs Phlégréens et le marais d’Acherusia proche de Cumes ;
sur le rivage Naples, elle aussi ancienne colonie de Chalcis, Parthénopé qui
doit son nom au tombeau de la Sirène ; Herculanum ; Pompéi d’où l’on
peut voir de près le Vésuve et qu’arrose le fleuve Sarnus, la plaine de Nucéria
et à quelque distance de la mer Nucéria elle-même ; Sorrente avec le
promontoire de Minerve, où vivaient autrefois les Sirènes...

Le site de Pompéi est
habité depuis la préhistoire. Situé en hauteur (33,5 m au centre du forum),
près de l’embouchure d’un petit fleuve navigable, le Sarno (en latin Sarnus), au cœur
d’une région fertile, cet emplacement ne pouvait être promis qu’à un bel
avenir, ce que confirme le géographe grec Strabon (~58 ?-
25 ?) :
« Étant donné sa situation sur le Sarnus, où les marchandises sont
transportées dans les deux directions, Pompéi sert de port à Nola, Nucéria et
Acherra. » (V,4,8)

Le nom de la ville pourrait
garder le souvenir de cinq villages osques qui se seraient regroupés pour
devenir une cité : en effet le mot qui signifiait « cinq » en
langue osque était formé sur un radical POMPE-. Les Osques
parlaient une langue appartenant à la famille des langues italiques et donc
assez proche du latin mais notée avec un alphabet légèrement différent.
« Les Osques ont occupé Herculanum et sa voisine Pompéi, près de
laquelle coule le fleuve Sarnus. Après eux, l’ont occupée les Étrusques et les
Pélasges, ensuite encore les Samnites, qui en furent enfin chassés par les
Romains. »
C’est ainsi que
Strabon raconte (ibid.), un peu vite,
l’histoire de Pompéi.
En fait, aux VIe
et Ve siècles av. J.-C., les Grecs s’installent à Pompéi et
agrandissent la ville vers le nord. On y parle toujours la langue osque, mais
beaucoup de Pompéiens de cette époque pratiquaient aussi le grec.

De 524 à 474, les
Étrusques, grands rivaux des Grecs dans cette région, occupent la ville, mais
sans laisser de traces sensibles.
En 424, Pompéi est
prise par les Samnites, rudes montagnards attirés par la richesse de la plaine
côtière. Ces Samnites, qui eux aussi parlaient osque, se donnent désormais le
nom de Campani, c’est-à-dire
« habitants de la plaine ». C’est de cette époque que datent les
remparts qui ceinturent la ville.
Mais en 355, pour se
protéger de nouvelles agressions des Samnites de la montagne, les Campaniens,
en particulier les habitants de Capoue, font appel aux armées romaines. Les
Romains refusent d’abord ou font semblant, arguant de leur traité d’amitié avec
les Samnites. Les Campaniens remettent alors, selon la formule traditionnelle,
populum Campanum urbemque Capuam, agros, delubra deum, divina humanaque omnia in vestram, patres conscripti, populique Romani dicionem dedimus
au
pouvoir discrétionnaire [du sénat] et du peuple romain le peuple campanien et
la ville de Capoue, son territoire, les sanctuaires de ses dieux, tout ce qui
touche aux dieux et aux hommes (Tite-Live, VII, 31). Les Romains qui
défendent désormais leurs propres biens s’empressent d’intervenir.
Les guerres samnites
dureront jusqu’en 295. C’est ainsi que Rome s’implante en Campanie, concluant
des accords d’amitié et d’alliance avec les différentes cités.
Pompéi restera
toujours fidèle à l’alliance romaine, même dans les périodes difficiles
(guerres contre les Samnites, puis contre Pyrrhus et Hannibal), contrairement à
la plupart des autres cités de Campanie. Beaucoup de Pompéiens parlent
maintenant, en dehors de l’osque, le latin comme une première langue étrangère,
à côté du grec.
|
Inscription en
osque sur un cadran solaire, Thermes de Stabies :
MR : ATINIÍS : MR : KVAÍSSTUR : EÍTIUVAD MULTASIKAD : KUMBENIEIS : TANGI[N(UD)] AAMANAFFED traduite
en latin : Maraevs Atinivs Maraei [f(ilivs)]
qvaestor pecvnia mvltaticia conventvs sententia locavit et en
français : Maraeus Atinius, fils de Maraeus, chargé du trésor public, avec l’argent des amendes, conformément à la décision de
l’assemblée, a fait mettre en adjudication ce projet. |
Mais en 90 av. J.-C.,
une grande partie des Italiens que Rome appelle ses « amis et
alliés » (amici et
socii populi Romani) se révolte, et cette fois les Pompéiens
se joignent à eux.
Quorum ut fortuna
atrox, ita causa fuit iustissima : petebant enim eam civitatem, cuius
imperium armis tuebantur : per omnis annos atque omnia bella duplici
numero se militum equitumque fungi neque in eius civitatis ius recipi, quae per
eos in id ipsum pervenisset fastigium, per quod homines eiusdem et gentis et
sanguinis ut externos alienosque fastidire posset. Id bellum amplius trecenta
milia iuventutis Italicae abstulit.
Autant
le sort des Italiens fut affreux, autant leur cause était juste. Ils
demandaient effet le droit d’être citoyens de cette cité dont ils protégeaient
l’empire par leurs armes : tous les ans, pour toutes les guerres, ils
fournissaient un double contingent de fantassins et de cavaliers sans être
admis à jouir des droits de cette cité qui, grâce à eux, s’était élevée à une
telle hauteur qu’elle pouvait se montrer hautaine envers des gens de même
origine et de même sang, comme s’ils étaient des étrangers sans lien de
parenté. Cette guerre coûta plus de trois cent mille hommes à la jeunesse
italienne. (Velleius Paterculus, II, 15).
La ville est assiégée
par le futur dictateur Lucius Cornelius Sylla qui remporte à Nola une
importante victoire sur les forces campaniennes. Ses méthodes sont brutales et
expéditives. Laissant des troupes autour de Pompéi, il attaque la petite ville
d’Aeculanum dans les montagnes qui dominent Salerne,
« les habitants
qui attendaient pour le jour même un renfort venu de Lucanie lui demandèrent de
leur donner un peu de temps pour prendre une décision. Il devina le piège, leur
donna une heure, pendant laquelle il fit entasser des fagots sous les murs de
la ville qui étaient faits de bois. L’heure écoulée, il y fit mettre le feu.
Les habitants, effrayés, se rendirent, mais Sylla soumit la ville au pillage
alléguant qu’ils ne s’étaient pas rendus volontairement, mais sous l’effet de
la force. Par contre il épargna les autres villes qui se rendaient
spontanément. » (Appien, Guerres
civiles, I, 51).
Pompéi comprend la
leçon et se rend « honorablement ». Sa punition est donc moins dure
que celle de certaines de ses voisines : elle devient simplement colonie
romaine.
« Sylla punit
certaines cités en démantelant leur citadelle ou leurs remparts, en leur
infligeant des amendes collectives ou en les écrasant sous de très lourds
impôts. Dans la plupart d’entre elles, il installa comme colons ses anciens
soldats pour avoir des garnisons dans toute l’Italie, partageant les terres et
les habitations pour ses vétérans. » (Appien, Guerres civiles, I, 96).
Pompéi devient la COLONIA VENERIA CORNELIA POMPEIANORVM.
« Colonia » parce qu’y habitent désormais des
coloni, ces soldats
démobilisés ;
« Cornelia » parce que le nom de famille de
Sylla était Cornelius,
« Veneria » parce que, tout comme Sylla
lui-même, Pompéi se place sous la protection de Vénus, la Venus Pompeiana, « Vénus pompéienne ».
Désormais, à Pompéi, le latin devient langue officielle et la langue usuelle de
tous. Toutes les inscriptions officielles sont rédigées en latin. Quelques
inscriptions privées sont toujours écrites en grec mais l’osque disparaît
complètement.

Pompéi
est devenue une ville romaine, caractérisée par son forum (centre de la vie
politique, de la vie religieuse, de la justice, des affaires et du commerce),
et ses centres de loisir : théâtres, un grand en plein air et un petit
couvert, son amphithéâtre qui est le plus ancien du monde romain, et ses
thermes (établissements de bains et de loisirs). La palestre (complexe sportif)
conserve le souvenir de la présence grecque. Par contre, comme les autres villes
italiennes de l’époque, Pompéi ne dispose pas de cirque pour les courses de
chevaux.
Désormais la colonie
de Pompéi connaît une existence tranquille et se consacre tout entière à son
expansion économique, comme en témoignent ces trois professions de foi :
SALVE LVCRV(M)
CIL 10, 874
bonjour le profit.
LVCRVM GAVDIVM
CIL 10, 875
le profit, c’est mon plaisir.
LVCRV(M) AC(C)IPE
CIL 10, 875
reçois tes profits.
Deux événements
viennent troubler cette vie de petite cité provinciale sans histoire.
En 59, sous le règne
de Néron, un spectacle donné à l’amphithéâtre tourne au tragique. Tacite
consacre un chapitre des Annales à ce fait divers sanglant : les
duumvirs en exercice doivent démissionner au profit de magistrats nommés par
l’empereur.
En février 62, un
violent tremblement de terre détruit une grande partie de la ville. Les
Pompéiens, pendant les dix-sept années qui leur restent à vivre, vont se
consacrer à relever leur ville de ses ruines.
L’éruption du 24 août
79 les surprendra alors que la reconstruction se trouve encore loin d’être
achevée.

Hic est
pampineis viridis modo Vesbius umbris,
presserat hic madidos nobilis uva lacus :
haec iuga
quam Nysae colles plus Bacchus amavit ;
hoc nuper Satyri monte dedere choros ;
haec Veneris
sedes, Lacedaemone gratior illi ;
his locus Herculeo nomine clarus erat.
Cuncta
iacent flammis et tristi mersa favilla :
nec superi vellent hoc licuisse sibi.
Voici le mont Vesbius, hier encore verdoyant et ombragé de
pampres :
ici un noble cru avait plus d’une fois fait déborder nos cuves
de ses flots.
Voici ces hauteurs que Bacchus aimait plus que les collines de
Nysa ;
sur cette montagne le chœur des Satyres déroulait naguère ses
danses.
C’était le séjour de Vénus, plus agréable à ses yeux que celui
de Lacédémone ;
ce lieu était fameux par le nom d’Hercule.
Tout a sombré dans les flammes : une lugubre cendre couvre
le sol,
et les dieux eux-mêmes auraient voulu que cela ne leur fût pas
permis.

La
Campanie
septembre
79 après J.-C.
© Alain Canu