Flamininus,
né en 228, est consul en 198. Vainqueur de Philippe V à Cynocéphales en 197, il
fait lire en 196 aux Jeux isthmiques de Corinthe une proclamation qui annonce
que les Corinthiens et d'autres peuples de Grèce sont désormais libérés de
l'autorité macédonienne.
Plutarque,
Vie de Flamininus, 10:
Comme on célébrait la fête Isthmique, une foule immense était assise
dans le stade pour assister au concours gymnique, d'autant plus qu'en ayant
fini depuis quelque temps avec la guerre, la Grèce s'était réunie, espérant la
liberté et déjà certaine de la paix. La trompette ayant commandé le silence a
toute l'assemblée, le héraut s'avança au milieu et fit cette proclamation : Le
sénat romain et le consul Titus Quinctius, ayant vaincu le roi Philippe et les
Macédoniens, laissent libres, sans garnisons, exempts de tribut, en possession
de leurs lois traditionnelles, les Corinthiens, les Phocidiens, les Locriens,
les Eubéens, les Achéens Phthiotes, les Magnètes, les Thessaliens et les
Perrhèbes. Sur le moment, les spectateurs n'entendirent pas absolument tous ni
bien distinctement cette proclamation : c'était dans le stade un mouvement
confus et tumultueux ; on était dans l'étonnement, on s'interrogeait
mutuellement, on demandait une seconde audition. Le silence à nouveau établi,
le héraut, élevant la voix avec plus de force, s'empressa de crier à tous les
assistants la proclamation qu'il répéta d'un bout à l'autre. Alors une clameur
de joie d'une ampleur incroyable se répercuta jusqu'à la mer ; toute
l'assemblée se leva ; il n'était plus question des concurrents ; tous bondirent
d'un seul élan vers Titus pour lui prendre les mains et le saluer comme le
défenseur et le sauveur de la Grèce. On vit alors se produire l'effet, que l'on
cite souvent, d'un cri extraordinairement fort : de corbeaux qui volaient par
hasard au-dessus de l'assemblée tombèrent dans le stade. La cause en est une
rupture de l'air ; car, lorsque des voix nombreuses et puissantes s'élèvent,
l'air, déchiré par elles, n'offre plus de support aux ailes des oiseaux ; ils
glissent comme s'ils se mouvaient dans le vide. Peut-être cependant serait-il
plus juste de dire qu'ils tombent et meurent comme s'ils avaient été frappés et
transpercés par une flèche. La cause peut être aussi un tournoiement de l'air
pareil aux tourbillons marins et aux remous des flots profondément agités.
Il
est élu censeur en 189, c'est Caton qui lui succède en 184. En 183, il dirige
une ambassade romaine auprès du roi de Bithynie, Prusias, chez qui Hannibal,
âgé de soixante-dix ans, a trouvé refuge.
Plutarque,
Vie de Flamininus, 20, 21:
Comme Hannibal se méfiait toujours de la faiblesse de Prusias et qu'il
craignait les Romains, il avait, bien avant l'arrivée de Titus, fait percer
sous sa maison sept passages souterrains partant de sa chambre, chacun dans une
direction différente et aboutissant tous secrètement à des issues lointaines.
Dès qu'il connut l'injonction de Titus Flamininus, il essaya de fuir par les
souterrains ; mais, étant tombé sur des gardes du roi, il résolut de se donner
la mort. Quelques-uns disent qu'il roula son manteau autour de son cou et
ordonna à un serviteur de lui appuyer par derrière son genou sur le dos, de
tirer violemment le manteau en arrière et de le tordre jusqu'à ce qu'il lui eût
coupé le souffle, causant ainsi sa mort, mais quelques autres prétendent qu'à
l'imitation de Thémistocle et de Midas, il but du sang de taureau. Tite-Live
rapporte qu'ayant sur lui du poison, il le délaya dans de l'eau, et, prenant la
coupe, dit ces mots : " Délivrons enfin de leur grand souci les Romains,
qui trouvent long et pénible d'attendre la mort d'un vieillard détesté. Mais
Titus ne remportera pas une victoire enviable et digne de ses ancêtres, qui
envoyèrent secrètement avertir Pyrrhus, leur ennemi et vainqueur, de
l'empoisonnement qui le menaçait. "
C'est ainsi, dit-on, que mourut Hannibal. Quand cette nouvelle parvint
au sénat, Titus passa aux yeux de beaucoup de gens pour un homme excessivement
dur, odieux et cruel : il avait fait périr Hannibal, comme un oiseau que l'âge
a dépouillé de ses plumes et de sa queue et qu'on laisse vivre une fois
apprivoisé, et il avait agi ainsi sans que personne l'y poussât, par amour de
la gloire pour attacher son nom à cette mort. [...] Aussi quelques uns
disent-ils que Titus n'agit pas ainsi de son propre chef, mais qu'il fut envoyé
en ambassade avec Lucius Scipion et que cette ambassade n'avait pas d'autre
objet que la mort d'Hannibal.
Il
semble que cette ambassade ait mis un terme à la carrière de Flamininus qui
meurt en 174.
Les grands noms de
la République