M. Livius Drusus ( ?- ~91)

 

Fils de M. Livius Drusus, consul en 112, il adopte un garçon de la gens Claudia, M. Livius Drusus Claudianus, qui deviendra le père de Livia Drusilla et donc le grand-père de l’empereur Tibère.

 

Liber de Viris illustribus, 66.

 

M Livius Drusus, genere et eloquentia magnus, sed ambitiosus et superbus, aedilis munus magnificentissimum dedit. Ubi Remmio collegae quaedam de utilitate reipublicae suggerenti : Quid tibi, inquit, cum republica nostra ? Quaestor in Asia nullis insignibus uti voluit, ne quid ipso esset insignius. Tribunus plebis Latinis civitatem, plebi agros, equitibus curiam, senatui iudicia permisit.

Marcus Livius Drusus, grand par sa naissance et son éloquence, mais ambitieux et orgueilleux, donna comme édile un spectacle de gladiateurs particulièrement grandiose durant lequel, à son collègue Remmius qui lui suggérait des mesures dans l’intérêt de la république, il répondit : « Qu’est-ce que tu as à voir, toi, avec notre république ? ». Questeur en Asie, il refusa de faire usage de tout insigne de sa fonction pour que rien ne soit plus insigne que lui-même. Tribun de la plèbe, il fit accorder le droit de cité aux Latins, des terres à la plèbe, l’accès à la curie à des chevaliers, le droit de juger aux sénateurs.

 

Nimiae liberalitatis fuit : ipse etiam professus nemini se ad largiendum praeter caelum et caenum reliquisse ; ideoque cum pecunia egeret, multa contra dignitatem fecit. Magudulsam Mauritaniae principem ob regis simultatem profugum accepta pecunia Boccho prodidit, quem ille elephanto obiecit. Adherbalem filium regis Numidarum obsidem domi suae suppressit redemptionem eius occultam a patre sperans. Caepionem inimicum actionibus suis resistentem ait se de saxo Tarpeio praecipitaturum. Philippo consuli legibus agrariis resistenti ita collum in comitio obtorsit, ut multus sanguis efflueret e naribus ; quam ille luxuriam opprobrans muriam de turdis esse dicebat.

Il fit des largesses excessives : il affirmait lui-même qu’il n’avait rien laissé aux autres qu’ils puissent distribuer, sinon le ciel et le fiel (m. à m. « la boue ») ; mais pour ce faire, lorsqu’il était à court d’argent, il lui arriva souvent d’agir de façon indigne. Le prince Magudulsa de Maurétanie qui était en conflit avec le roi Bocchus s’était réfugié auprès de lui : Pour de l’argent, il le livra à Bocchus qui le fit écraser par un éléphant. Il retint Adherbal, le fils du roi de Numidie, en otage dans sa propre maison, dans l’espoir de recevoir de son père une rançon secrète. Il déclara qu’il ferait jeter du haut de la roche Tarpéienne son adversaire Caepio qui s’opposait à ses actions. Le consul Philippe s’opposant à ses lois agraires, il le saisit par le cou dans le comitium et le blessa si fort qu’il lui fit jaillir du sang par les narines ; et en lui reprochant son intempérance, il disait que coulait de la saumure de grive.

 

Deinde ex gratia nimia in invidiam venit. Nam plebs acceptis agris gaudebat, expulsi dolebant, equites in senatum lecti laetabantur, sed praeteriti querebantur ; senatus permissis iudiciis exaltabat, sed societatem cum equitibus aegre ferebat. Unde Livius anxius, ut Latinorum postulata differret, qui promissam civitatem flagitabant, repente in publico concidit sive morbo comitiali seu hausto caprino sanguine, semianimis domum relatus. Vota pro illo per Italiam publice suscepta sunt. Et cum Latini consulem in Albano monte interfecturi essent, Philippum admonuit, ut caveret : unde in senatu accusatus, cum domum se reciperet, immisso inter turbam percussore corruit. Invidia caedis apud Philippum et Caepionem fuit.

Puis de l’excès de popularité il tomba dans l’impopularité. En effet, si la plèbe se réjouissait d’avoir reçu des terres, ceux qui avaient été expropriés se lamentaient ; les chevaliers inscrits sur la liste des sénateurs étaient contents, mais ceux qui ne l’avaient pas été se plaignaient ; le sénat se sentait honoré de pouvoir rendre la justice, mais supportait difficilement de le faire en compagnie des chevaliers. C’est pourquoi Livius tourmenté par le souci d’ajourner les exigences des Latins qui réclamaient le droit cité promis s’effondra tout à coup en public, soit frappé d’une crise d’épilepsie, soit  et rapporté inanimé chez lui. On prononça à titre officiel des vœux pour lui dans toute l’Italie. Et comme les Latins s’apprêtaient à assassiner le consul dans les monts Albains, il fit prévenir Philippe de prendre garde : à la suite de quoi il fut accusé au sénat, et en rentrant chez lui, il s’effondra frappé par un assassin qui s’était mêlé à la foule. On reprocha ce meurtre à Philippe et à Caepio.

 

 

Appien, Guerres civiles, I, 36.

 

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Drusus apprit (qu’on préparait un attentat contre lui) et ne sortit plus souvent de chez lui, mais traita régulièrement ses affaires dans son atrium qui était mal éclairé. Un soir, à l’heure où il renvoyait tout le monde, il cria soudain qu’il était blessé et s’effondra en disant ces mots. On trouva enfoncée dans son aine une alène de cordonnier.

 

 

Les grands noms de la République