Fils de M. Livius Drusus, consul en 112, il adopte un garçon de la
gens Claudia, M. Livius Drusus Claudianus, qui deviendra le père de Livia
Drusilla et donc le grand-père de l’empereur Tibère.
Liber de Viris illustribus,
66.
M Livius
Drusus, genere et eloquentia magnus, sed ambitiosus et superbus, aedilis munus
magnificentissimum dedit. Ubi Remmio collegae quaedam de utilitate reipublicae
suggerenti : Quid tibi, inquit, cum republica nostra ? Quaestor in
Asia nullis insignibus uti voluit, ne quid ipso esset insignius. Tribunus
plebis Latinis civitatem, plebi agros, equitibus curiam, senatui iudicia
permisit.
Marcus Livius Drusus, grand par sa naissance et son éloquence, mais
ambitieux et orgueilleux, donna comme édile un spectacle de gladiateurs
particulièrement grandiose durant lequel, à son collègue Remmius qui lui
suggérait des mesures dans l’intérêt de la république, il répondit :
« Qu’est-ce que tu as à voir, toi, avec notre république ? ».
Questeur en Asie, il refusa de faire usage de tout insigne de sa fonction pour
que rien ne soit plus insigne que lui-même. Tribun de la plèbe, il fit accorder
le droit de cité aux Latins, des terres à la plèbe, l’accès à la curie à des
chevaliers, le droit de juger aux sénateurs.
Nimiae liberalitatis
fuit : ipse etiam professus nemini se ad largiendum praeter caelum et
caenum reliquisse ; ideoque cum pecunia egeret, multa contra dignitatem
fecit. Magudulsam Mauritaniae principem ob regis simultatem profugum accepta
pecunia Boccho prodidit, quem ille elephanto obiecit. Adherbalem filium regis
Numidarum obsidem domi suae suppressit redemptionem eius occultam a patre
sperans. Caepionem inimicum actionibus suis resistentem ait se de saxo Tarpeio
praecipitaturum. Philippo consuli legibus agrariis resistenti ita collum in
comitio obtorsit, ut multus sanguis efflueret e naribus ; quam ille
luxuriam opprobrans muriam de turdis esse dicebat.
Il fit des largesses excessives : il affirmait lui-même qu’il
n’avait rien laissé aux autres qu’ils puissent distribuer, sinon le ciel et le
fiel (m. à m. « la boue ») ; mais pour ce faire, lorsqu’il était
à court d’argent, il lui arriva souvent d’agir de façon indigne. Le prince
Magudulsa de Maurétanie qui était en conflit avec le roi Bocchus s’était
réfugié auprès de lui : Pour de l’argent, il le livra à Bocchus qui le fit
écraser par un éléphant. Il retint Adherbal, le fils du roi de Numidie, en
otage dans sa propre maison, dans l’espoir de recevoir de son père une rançon
secrète. Il déclara qu’il ferait jeter du haut de la roche Tarpéienne son
adversaire Caepio qui s’opposait à ses actions. Le consul Philippe s’opposant à
ses lois agraires, il le saisit par le cou dans le comitium et le blessa si
fort qu’il lui fit jaillir du sang par les narines ; et en lui reprochant
son intempérance, il disait que coulait de la saumure de grive.
Deinde ex
gratia nimia in invidiam venit. Nam plebs acceptis agris gaudebat, expulsi
dolebant, equites in senatum lecti laetabantur, sed praeteriti
querebantur ; senatus permissis iudiciis exaltabat, sed societatem cum
equitibus aegre ferebat. Unde Livius anxius, ut Latinorum postulata differret,
qui promissam civitatem flagitabant, repente in publico concidit sive morbo
comitiali seu hausto caprino sanguine, semianimis domum relatus. Vota pro illo
per Italiam publice suscepta sunt. Et cum Latini consulem in Albano monte
interfecturi essent, Philippum admonuit, ut caveret : unde in senatu
accusatus, cum domum se reciperet, immisso inter turbam percussore corruit.
Invidia caedis apud Philippum et Caepionem fuit.
Puis de l’excès de popularité il tomba dans l’impopularité. En effet,
si la plèbe se réjouissait d’avoir reçu des terres, ceux qui avaient été
expropriés se lamentaient ; les chevaliers inscrits sur la liste des
sénateurs étaient contents, mais ceux qui ne l’avaient pas été se
plaignaient ; le sénat se sentait honoré de pouvoir rendre la justice,
mais supportait difficilement de le faire en compagnie des chevaliers. C’est
pourquoi Livius tourmenté par le souci d’ajourner les exigences des Latins qui
réclamaient le droit cité promis s’effondra tout à coup en public, soit frappé
d’une crise d’épilepsie, soit et
rapporté inanimé chez lui. On prononça à titre officiel des vœux pour lui dans
toute l’Italie. Et comme les Latins s’apprêtaient à assassiner le consul dans
les monts Albains, il fit prévenir Philippe de prendre garde : à la suite
de quoi il fut accusé au sénat, et en rentrant chez lui, il s’effondra frappé
par un assassin qui s’était mêlé à la foule. On reprocha ce meurtre à Philippe
et à Caepio.
Appien, Guerres civiles, I,
36.
Ïn õ Droèsow aÞsyanñmenñw
te kaÜ oé yamin proóÅn ll' ¦ndon ¤n periptÄ braxç fÇw ¦xonti xrhmatÛzvn
eÜ kaÜ perÜ ¥sp¡ran tò pl°yow pop¡mpvn ¤jebñhsen fnv pepl°xyai kaÜ
l¡gvn ¦ti kat¡pesen: eêr¡yh d¢ ¤w tòn mhròn aétÒ skutotñmou maxaÛrion ¤mpephgm¡non.
Drusus apprit
(qu’on préparait un attentat contre lui) et ne sortit plus souvent de chez lui,
mais traita régulièrement ses affaires dans son atrium qui était mal éclairé. Un
soir, à l’heure où il renvoyait tout le monde, il cria soudain qu’il était
blessé et s’effondra en disant ces mots. On trouva enfoncée dans son aine une
alène de cordonnier.
Les grands noms de la République