Regulus

 

Regulum captum ad ea quae in senatu Romae dixit, suadens ne captiui cum Carthaginiensibus permutarentur, id quoque addidisse, uenenum sibi Carthaginienses dedisse, non praesentarium, sed eiusmodi quod mortem in diem proferret, eo consilio, ut uiueret quidem tantisper quoad fieret permutatio, post autem grassante sensim ueneno contabesceret. Eundem Regulum Tubero in "Historiis" redisse Carthaginem nouisque exemplorum modis excruciatum a Poenis dicit : "In atras, inquit, et profundas tenebras eum claudebant ac diu post, ubi erat uisus sol ardentissimus, repente educebant et aduersus ictus solis oppositum continebant atque intendere in caelum oculos cogebant. Palpebras quoque eius, ne coniuere posset, sursum ac deorsum diductas insuebant." Tuditanus autem somno diu prohibitum atque ita uita priuatum refert, idque ubi Romae cognitum est, nobilissimos Poenorum captiuos liberis Reguli a senatu deditos et ab his in armario muricibus praefixo destitutos eademque insomnia cruciatos interisse.(Aulu-Gelle, Nuits attiques, VII, 4)

Regulus prisonnier ajouta à ce qu'il dit au Sénat à Rome pour le persuader de ne pas accepter l'échange de prisonniers contre des Carthaginois, que les Carthaginois lui avaient donné du poison à effet non immédiat, qui causât la mort à terme, dans l'intention qu'il vécût seulement le temps de faire l'échange, mais qu'il se consumât ensuite, le poison gagnant peu à peu. Tubero dans ses Histoires dit que le même Regulus revint à Carthage et qu'il fut torturé à mort par les Carthaginois avec des raffinements extraordinaires et sans exemple: "Ils l'enfermaient, dit-il, dans des ténèbres noires et profondes, et longtemps après, lorsque était apparu un soleil très brûlant, ils le faisaient sortir soudain, le tenaient exposé aux coups du soleil et le contraignaient de maintenir ses yeux vers le ciel. Et pour qu'il ne pût cligner des yeux ils lui cousaient aussi les paupières écartées en haut et en bas". Tuditanus, quant à lui, rapporte qu'on l'empêcha longtemps de dormir, qu'il perdit la vie ainsi, et que lorsque cela fut connu à Rome, le Sénat livra les plus nobles des prisonniers carthaginois aux enfants de Regulus, qu'ils furent placés par ceux-ci dans un coffre garni de pointes et qu'ils périrent soumis à la même torture de l'insomnie.

 

Les grands noms de la République