Noctes Gallicanae
Abrégé
d'Histoire romaine

C. Octavius
Thurinus ( ?), adopté par César, s’appelle désormais C. Iulius Caesar Octavianus. Né le 28 septembre ~63, il règne de ~31 à
14.
Infanti cognomen Thurino inditum est, in
memoriam maiorum originis, vel quod regione Thurina recens eo nato pater Octavius
adversus fugitivos rem prospere gesserate. Thurinum cognominatum satis certa
probatione tradiderim, nactus puerilem imagunculam eius aeream veterem, ferreis
et paene iam exolescentibus litteris hoc nomine inscriptam, quae dono a me
principi data inter cubiculi Lares colitur. Sed et a M. Antonio in epistolis
per contumeliam saepe Thurinus appellatur, et ipse nihil amplius quam mirari se
rescribit, pro obprobio sibi prius nomen obici.
Durant sa
première enfance, on lui donna le surnom de Thurinus, soit pour rappeler le
lieu d'origine de ses ancêtres, soit parce que c'était dans la région de
Thurium que son père Octavius, peu de temps après sa naissance, s'était battu
avec succès contre les esclaves fugitifs. Pour prouver qu'on le surnomma
Thurinus, il pourrait me suffire de signaler ma découverte d'une ancienne
statuette de bronze, qui le représente encore enfant et sur laquelle ce nom est
inscrit en lettres de fer déjà presque dévorées par la rouille : j'en ai
fait don à l'empereur qui l'honore parmi les dieux Lares de sa chambre à
coucher. Mais, en outre, M. Antoine, dans ses lettres, l'appelle souvent
Thurinus, en manière d'injure, et Octave se borne à lui répondre qu'il est
surpris de se voir jeter comme une insulte son premier nom. (Suétone, Aug., 7).
Il épouse d’abord en
42 Clodia, fille de P. Clodius et de
Fulvia, qu’il répudie intactam adhuc et virginem (Suétone, Aug., 62).
En 41 ou 40, il épouse Scribonia, mais il divorce bientôt, pertaesus morum perversitatem eius lassé de l’extravagance de son caractère (Suétone, Aug., 62). Scribonia, qui avait déjà été mariée deux fois, aurait aussi « déploré ouvertement qu’un homme sans moralité eût un pouvoir excessif » (quia liberius doluisset nimiam potentiam paelicis, Suétone, Aug., 69).
De leur union naît une fille, Julia 1 (~39-17) qui épouse
1) en ~25 Marcellus (son cousin, fils d’Octavie, né en ~42, mort en ~23);
2) en ~23 M. Agrippa. De cette union naissent C. Caesar (~20-4) et L. Caesar (~18-2), qui seront tous les deux adoptés par Auguste ; Julia (~19-28, bannie en 9) ; Agrippina 1 (~14-33), qui épousera Germanicus et donnera naissance à Agrippine 2 et Caligula ; Agrippa Postumus (~12-14).
3) en ~11 Tibère (qui était marié avec la fille d'Agrippa).
Le 17 janvier 39, Octave épouse Livia Drusilla, enceinte de six mois.

Pour
les années ~44 à ~30, voyez la Vie
d’Antoine de Plutarque.
~27 (16 janvier). Octave reçoit, sur proposition de Munatius Plancus, le titre d'Augustus. (voyez aussi l’épitaphe de Plancus) Il réunit peu à peu tous les pouvoirs entre ses mains, en ayant soin de ne prendre ni le titre de roi, ni celui de dictateur :
ubi militem donis, populum annona, cunctos dulcendine otii pellexit, insurgere paulatim, munia senatus magistratuum legum in se trahere, nullo adversante lorsqu’il eut séduit le soldat par ses cadeaux, le peuple par les distributions de blé, tout le monde par la douceur du calme retrouvé, il s’éleva peu à peu et attira vers lui les prérogatives du sénat, des magistrats et des lois, sans rencontrer de résistance. Tacite, Annales, I, 2.
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AVGVSTVS Augustus
potius [vocatus est], non tantum novo sed etiam ampliore cognomine, quod loca
quoque religiosa et in quibus augurato quid consecratur augusta dicantur, ab
auctu vel ab avium gestu gustuve, sicut etiam Ennius docet scribens :
Augusto augurio postquam inclita condita Roma est. [Il fut surnommé] plutôt Augustus [que Romulus] non seulement parce que ce titre était nouveau mais encore parce qu’il était plus significatif : Ce terme vient de auctus « le garant » ou de avium gestu ou gustu « par le mouvement » ou « par la nourriture des oiseaux ». On appelle « augustes » les lieux à caractère religieux où l’on consacre quelque chose après avoir pris les augures. C’est ce qu’indique ce vers d’Ennius : « Après que l’illustre Rome eut été fondée sous d’augustes augures ». (Suétone, Aug., 7) Ce surnom à forte connotation religieuse donne à la
personne d’Octave un caractère sacré : il est celui dont la parole a
force d’augure. |
~22 Auguste refuse la dictature perpétuelle. Il établit à son profit la monarchie, mais en sauvegardant les formes républicaines. Auguste prend le titre de Princeps [senatus], "président du Sénat". En théorie, le gouvernement est partagé entre le Sénat et le Prince. En fait, Auguste est le seul maître. Sa devise: Festina lente, "Hâte-toi lentement."
Pater patriae
Patris
patriae cognomen universi repentino maximoque consensu detulerunt ei :
prima plebs legatione Antium missa ; dein, quia non recipiebat, ineunti
Romae spectacula frequens et laureata ; mox in curia senatus, neque
decreto neque adclamatione, sed per Valerium Messalam. Is mandantibus
cunctis : « Quod bonum, inquit, faustumque sit
tibi domuique tuae, Caesar Auguste ! Sic enim nos perpetuam felicitatem
rei p. et laeta huic precari existimamus : senatus te consentiens cum
populo R. consalutat patriae patrem. » Cui lacrimans respondit Augustus his verbis (ipsa enim, sicut
Messalae, posui) : « Compos
factus votorum meorum, p. c., quid habeo aliud deos immortales precari, quam ut
hunc consensum vestrum ad ultimum finem vitae mihi perferre liceat ? »
Le surnom de
« Père de la Patrie » lui fut décerné par tous, d'un soudain et
parfait accord : la plèbe le lui offrit la première, en lui envoyant une
délégation à Antium ; puis, comme il refusait, la plèbe en masse,
couronnée de laurier, quand il entra au spectacle à Rome ; enfin, le
sénat, dans la curie, non point sous forme de décret, ni par acclamation, mais
par la bouche de Valerius Messala. Celui-ci s’exprima au nom de tous :
« Bonheur et prospérité pour toi et pour ta famille, César Auguste !
Nous croyons, en effet, que nous souhaitons à l'État une éternelle prospérité
dans la mesure où nous souhaitons des joies à ta famille : le sénat,
d'accord avec le peuple romain, te salue « Père de la Patrie ». Alors
Auguste, versant des larmes, lui répondit en ces termes – je les cite
textuellement comme ceux de Messala. « Ayant obtenu la réalisation de mes
voeux, Pères conscrits, que puis-je désormais demander aux dieux immortels,
sinon de voir cet accord se maintenir entre vous jusqu'au dernier jour de ma
vie ? » (Suétone, Aug., 58).
~23 Auguste abdique le consulat, qu'il détenait depuis onze ans.
~20 Auguste se rend en Asie Mineure; les Parthes rendent les étendards pris à Crassus en 53.
~18 Auguste partage en partie son pouvoir avec Agrippa jusqu'à la mort de celui-ci (~12).
~12 : Mort de Lépide : Auguste devient Pontifex Maximus.
~12 av. J.-C.- 5 ap. J.-C. Campagnes de D. Claudius Drusus, puis de Tibère en Germanie. Les Romains deviennent maîtres du territoire compris entre le Rhin et l'Elbe.
4 ap. J. C. Conspiration de Cinna.
9 ap. J. C. Varus, gouverneur de Germanie, massacré avec ses légions par Arminius dans la forêt de Teutoburg.
14 ap. J.-C. Mort d'Auguste le 19 août : Acta est fabula! « La pièce est terminée », dit-il en mourant.
Il laisse avec son testament un résumé de son action connu sous le nom de Res gestae Divi Augusti dont vous trouverez ici le texte et la traduction.
YEON SEBASTON
YEOU UIO[N] KAISARA
AUTOKRATORA GHS KAI
YALASSHS
TON EUERGET[HN] KAI SYTHRA
TOU SUNPANTOS KOSMOU
MUREVN O DHMOS
[MARK]ON AGRIPPAN
TON EUERGETHN KAI SVTHRA
TOU EYNOUS
MUREVN O DHMOS
Inscription de Myra en Lycie
Au dieu Auguste, fils du dieu César, imperator de la terre et de la mer, bienfaiteur et sauveur de l’univers entier, les citoyens de Myra.
A Marcus Agrippa, bienfaiteur et sauveur de notre peuple, les citoyens de Myra.
In consulatu sexto et septimo, postquam bella civilia
exstinxeram, per consensum universorum potitus rerum omnium, rem publicam ex
mea potestate in senatus populique Romani arbitrium transtuli.
Quo pro merito meo senatus consulto
Augustus appellatus sum et laureis postes aedium mearum vestiti publice
coronaque civica super ianuam meam fixa est et clupeus aureus in curia Iulia
positus, quem mihi senatum populumque Romanum dare virtutis clementiaeque
iustitiae et pietatis caussa testatum est per eius clupei inscriptionem.
Post id tempus dignitate omnibus
praestiti, potestatis autem nihilo amplius habui quam ceteri qui mihi quoque in
magistratu conlegae fuerunt.
Durant mes sixième et
septième consulats (~28-~27), après avoir éteint les guerres civiles, lorsque
j’ai reçu du consentement de tous la direction des affaires publiques, le
gouvernement de l’état a été de mon fait transféré de ma propre puissance au
pouvoir du sénat et du peuple romain.
Pour marquer sa
reconnaissance envers moi, le sénat me décerna par décret le titre d’Augustus,
les montants de la porte de ma maison furent habillés de lauriers par décision
officielle et une couronne civique fut accrochée au-dessus de ma porte. Un
bouclier d’or fut placé dans la Curia Julia ; le sénat et le peuple romain
me l’ont donné « en raison de mon courage, de ma clémence, de ma justice
et de ma piété », c’est ce qu’atteste l’inscription de ce bouclier.
Par la suite, malgré ma prééminence sur tous, je n’ai eu aucun pouvoir supérieur à celui de mes collègues qui ont exercé les mêmes magistratures que moi. (Res Gestae, 34)

Auguste âgé