Noctes Gallicanae

Abrégé

d'Histoire romaine


Le Haut-empire ( ~27-192)

 

Les Julio-Claudiens

 

Les empereurs des années 68 et 69

 

Les Flaviens

 

Les Antonins

 


Néron, 54- 68

 

L. Domitius Ahenobarbus, fils de Cn. Domitius Ahenobarbus et Agrippine 2 (Agrippina, 15-59), né le 15 décembre 37.

Adopté par Claude, il s’appelle dès lors Ti Claudius Drusus Germanicus Caesar.

 

Son arrière-arrière-grand-père paternel, Cn Domitius, était tombé dans le camp pompéien à la bataille de Pharsale en ~48.

 

Son arrière-grand-père, Cn Domitius, consul en ~32, s’était rallié à Marc Antoine puis à Octave à la veille de la bataille d’Actium.

 

Son grand-père, Lucius Domitius, consul en ~16, mort en 25, avait épousé Antonia Maior, fille de Marc Antoine et Octavie, sur ordre d’Auguste. Je n’ai pas trouvé la date de ce mariage, pas plus que les dates de naissance des trois enfants : Cn Domitius qui deviendra le père de Néron, Domitia Lepida qui deviendra la mère de Messaline, et Domitia. Pour différentes raisons, je pense que ce mariage n’a pas eu lieu avant que Julie, la fille d’Auguste, n’ait donné le jour aux deux Césars, c’est-à-dire vers ~18. Domitius serait donc né vers ~16. Il obtiendra le consulat en 32 et mourra en 40.

 

Ceterum Tiberius neptem Agrippinam Germanico ortam cum coram Cn. Domitio tradidisset, in urbe celebrari nuptias iussit. in Domitio super vetustatem generis propinquum Caesaribus sanguinem delegerat ; nam is aviam Octaviam et per eam Augustum avunculum praeferebat Cependant (en 28), Tibère maria en sa présence (c’est-à-dire à Capri où il s’était retiré) sa petite-fille (par adoption) Agrippine, la fille de Germanicus, à Gnaeus Domitius. Il voulut que les noces fussent célébrées à Rome. En Domitius, outre son appartenance à une antique famille, il avait choisi un parent par le sang des Césars : il pouvait se vanter d’avoir pour aïeule Octavie et par elle d’avoir Auguste pour grand-oncle. (Tacite, Annales, IV, 75).

 

Néron épouse sa cousine Octavie fille de Claude en 53, puis en 62 Poppaea Sabina. Il épousera en troisièmes noces Statilia Messalina. Il règne de 54 à 68.

 

Sur le règne de Néron, voir Pompéi : Néron et Poppée

 

Imp(erator) Nero Claud(ius) Caesar Aug(ustus) Germ(anicus) P(ontifex) M(aximus)

Tr(ibunicia) P(otestate) XIII P(ater) P(atriae)

sesterce de Néron, 67

 

Il accède au trône en 54, grâce aux meurtres commis par sa mère Agrippine.

Acclamé par les prétoriens, il est ensuite reconnu par le Sénat.

 

Il règne d'abord Augusti praecepto (Suétone, Néron, 10). On lui demande un jour de signer des condamnations à mort: "Quam vellem, inquit, nescire litteras !" « Comme je voudrais, dit-il, ne pas savoir écrire ! »

 

Mais rapidement on découvre sa vraie nature : Petulantiam, libidinem, luxuriam, avaritiam, credulitatem sensim quidem primo et occulte et velut iuvenili errore exercuit, sed ut tunc quoque dubium nemini foret naturae illa vitia, non aetatis esse. Post crepusculum statim adrepto pilleo vel galero popinas inibat circumque vicos vagabatur ludibundus nec sine pernicie tamen, siquidem redeuntis a cena verberare ac repugnantes vunerare cloacisque demergere assuerat, tenebras etiam effingere et expilare.

Son libertinage, sa lubricité, sa profusion, sa cupidité et sa cruauté se manifestèrent d'abord graduellement et d'une façon clandestine, comme dans l'égarement de la jeunesse, et pourtant, même alors, personne ne put douter que ces vices n'appartinssent à son caractère plutôt qu'à son âge. Après la tombée de la nuit, ayant saisi un bonnet ou une casquette, il pénétrait dans les cabarets, vagabondait dans les divers quartiers, faisant des folies, qui d'ailleurs n'étaient pas inoffensives, car elles consistaient d'ordinaire à frapper les gens qui revenaient d'un dîner, à les blesser, à les jeter dans les égouts, s'ils résistaient, et même à briser les portes des boutiques et à les piller. (Suétone, Néron, 27).

 

 

55 Britannicus, fils de Claude et de Messaline, empoisonné par Néron.

 

58-59 Conquête de l'Arménie par Corbulon.

 

59 Assassinat d'Agrippine. Rixe à l'amphithéâtre de Pompéi.

 

62 Mort de Burrus, préfet du prétoire, remplacé par Tigellin ; retraite de Sénèque. Après avoir répudié et fait exécuter sa femme Octavie, Néron épouse Poppée. Tremblement de terre à Pompéi, puis (63 ? 64 ? à Naples).

 

63 Corbulon vainqueur de Vologèse et des Parthes en Arménie.

 

64 On le soupçonne d'avoir fait incendier Rome : il aurait en contemplant l’incendie composé un poème sur l'incendie de Troie.

Sed nec populo aut moenibus patriae pepercit. Dicente quodam in sermone communi :

¤moè yanñntow gaÝa meixy®tv purÛ,

« Immo, inquit, ¤moè zÇntow », planeque ita fecit. Nam quasi offensus deformitate veterum aedificorum et angustiis flexurisque vicorum,incendit urbem tam palam,ut plerique consulares cubicularios eius cum stuppa taedaque in praediis suis deprehensos non attigerint,et quaedam horrea circum domum Auream,quorum spatium maxime desiderabat,ut bellicis machinis labefacta atque inflammata sint quod saxeo muro constructa erant. Per sex dies septemque noctes ea clade saevitum est ad monumentorum bustorumque deversoria plebe compulsa.

Il n'épargna même pas le peuple ni les murs de sa patrie. Quelqu'un disant, au milieu d'une conversation générale : « Qu'après ma mort, la terre disparaisse dans le feu !

– Mais non ! reprit-il, que ce soit de mon vivant ! » et il réalisa pleinement ce souhait. En effet, sous prétexte qu'il était choqué par la laideur des anciens édifices, par l'étroitesse et parles sinuosités des rues, il incendia Rome ; il se cacha si peu que plusieurs consulaires, ayant surpris dans leur propriété des esclaves de sa chambre avec de l'étoupe et des torches, n'osèrent porter la main sur eux, et que des magasins de blé, occupant près de la Maison Dorée un terrain qu'il convoitait vivement, furent abattus par des machines de guerre, et incendiés, parce qu'ils étaient construits en pierres de taille. Le fléau se déchaîna pendant six jours et sept nuits, obligeant la plèbe à chercher un gîte dans les monuments publics et dans les tombeaux.

Tunc praeter immensum numerum insularum domus priscorum ducum arserunt hostilibus adhuc spoliis adornatae deorumque aedes ab regibus ac deinde Punicis et Gallicis bellis votae dedicataeque,et quidquid visendum atque memorabile ex antiquitate duraverat. Hoc incendium e turre Maecenantina prospectans laetusque "flammae",ut aiebat,"pulchritudine" Halosin Ilii in illo suo scaenico habitu decantavit.

Alors, outre un nombre infini de maisons de rapport, les flammes dévorèrent les habitations des généraux d'autrefois, encore parées des dépouilles ennemies, les temples des dieux, voués et consacrés par les rois, puis lors des guerres contre Carthage et contre les Gaulois, enfin tous les monuments curieux et mémorables qui restaient du passé. Néron contemplait cet incendie du haut de la tour de Mécène et charmé, disait-il, « par la beauté des flammes », il chanta « La prise d'Ilion » dans son costume de théâtre. (Suétone, Néron, 38).

 

Il accuse les Chrétiens et les persécute.

Sed non ope humana, non largitionibus principis aut deum placamentis decedebat infamia, quin iussum incendium crederetur. Ergo abolendo rumori Nero subdidit reos et quaesitissimis poenis adfecit, quos per flagitia invisos vulgus Chrestianos appellabat. Auctor nominis eius Christus Tibero imperitante per procuratorem Pontium Pilatum supplicio adfectus erat ; repressaque in praesens exitiablilis superstitio rursum erumpebat, non modo per Iudaeam, originem eius mali, sed per urbem etiam, quo cuncta undique atrocia aut pudenda confluunt celebranturque.

Mais ni efforts humains, ni largesses du prince, ni cérémonies religieuses expiatoires, ne faisaient taire l'opinion infamante, d'après laquelle l'incendie avait été ordonné. Pour mettre fin à ces rumeurs, Néron supposa des coupables et fit souffrir les tortures les plus raffinées à ces hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Ponce Pilate. Réprimée sur le moment, cette exécrable superstition perçait de nouveau, non seulement en Judée, berceau du mal, mais à Rome même, où tout ce qu'il y a partout d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans.

Igitur primum correpti qui fatebantur, deinde indicio eorum multitudo ingens haud proinde in crimine incendii quam odio humani generis convicti sunt. et pereuntibus addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum interirent aut crucibus adfixi [aut flammandi atque], ubi defecisset dies, in usu[m] nocturni luminis urerentur. Hortos suos ei spectaculo Nero obtulerat, et circense ludicrum edebat, habitu aurigae permixtus plebi vel curriculo insistens. Vnde quamquam adversus sontes et novissima exempla meritos miseratio oriebatur, tamquam non utilitate publica, sed in saevitiam unius absumerentur.

On commença donc par saisir ceux qui confessaient leur foi, puis, sur leurs révélations, une infinité d'autres, qui furent bien moins convaincus d'incendie que de haine pour le genre humain. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens ; beaucoup, mis en croix, étaient, lorsque le jour avait disparu, brûlés pour éclairer la nuit. Néron avait offert ses jardins pour ce spectacle et donnait des jeux au Cirque, se mêlant au peuple en habit de cocher, ou conduisant un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les cœurs s’ouvraient-ils à la compassion, en pensant que ce n’était pas pour le bien public, mais à la cruauté d’un seul, qu’ils étaient immolés. (Tacite, Annales, XV, 44).

 

65 Conspiration de Pison ; nombreuses exécutions dont celle de Sénèque.

Persuadé qu’il possède des dons sportifs et artistiques, Néron conduit des chars dans le cirque et participe à des concours de chant et de poésie.

Persuadé qu'il possède des dons sportifs et artistiques, il déclare que s’il devait un jour abdiquer :

tò t¡xnion ²mw diatr¡cei." L'art me fera vivre " (Suétone, Néron, 10).

Il conduit des chars dans le cirque et participe à des concours de poésie. Il est bien sûr toujours déclaré vainqueur.

 

66-67 Grande tournée triomphale en Grèce.

Mais ses crimes deviennent insupportables : Datus Atellanarum histrio in cantico quodam

êgÛaine p‹ter, êgÛaine m°ter (« Vale pater, vale mater ! »),

ita demonstraverat ut bibentem natantemque faceret, exitum scilicet Claudi Agrippinaeque significans, et novissima clausula « Orcus vobis ducit pedes » senatum gestu notarat.

Datus, un acteur d’atellanes, qui chantait un couplet disant « Santé, mon père, santé, ma mère » avait fait le jeu de scène de mimer quelqu’un qui buvait et quelqu’un qui nageait (allusions transparentes à la mort de Claude et à celle d’Agrippine) et sur le dernier vers « Orcus dieu de la Mort vous tire par les pieds », il avait désigné le sénat. (Suétone, Néron, 39).

 

68 Révolte des Juifs contre lesquels Néron envoie Vespasien, révoltes simultanées de Vindex en Aquitaine, de Galba en Espagne, de Macer en Afrique.

Le Sénat déclare Néron ennemi public et proclame Galba. Le 9 juin, apprenant qu’il a été condamné à mourir more majorum, il se suicide avec l’aide de son affranchi Épaphrodite flens atque identidem dictitans: "Qualis artifex pereo" en pleurant et répétant à tout instant : "Quel artiste périt avec moi!" (Suétone, Néron, 49).

 


Arbre généalogique de Néron

Les collatéraux sont notés en bleu.

 

C Octavius (Thurinus ?), le père d’Auguste, avait épousé en premières noces Ancharia qui lui avait donné une fille, Octavia (Maior). En secondes noces, il avait épousé Atia, fille de M Atius Balbus et de Julia, la sœur de César (Jules !).

Notos que la mère de Marc Antoine était une Julia, parente plus ou moins éloignée de César. Les deux triumvirs étaient de lointains cousins (comme toute la noblesse romaine).

 

 

 

 

C Octavius

Atia

Tiberius Nero

Livia

Drusilla

Marcus Antonius

Octavia

 

Augustus

Scribonia

Cn Domitius

Ahenobarbus

?

Marcus Antonius

Octavia

Decimus Claudius Drusus

Ti Claudius Nero (Tibère)

Antonia Minor

Marcus Agrippa

Julia

L Domitius Ahenobarbus

Antonia

Maior

Cl Nero Drusus GERMANICUS

Ti Claudius (Claude)

Agrippina

C et L Caesar

Cn Domitius Ahenobarbus

Domitia Lepida

Agrippina

C Caesar (Caligula)

L. Domitius Claudius Nero

 

 


 

Histoire de Rome: sommaire général

Auguste

Tibère

Caligula

Claude

Néron

Galba, Othon, Vitellius

les Flaviens

les Antonins : Nerva, Trajan, Hadrien

les Antonins : Antonin, Marc Aurèle, Commode

Le Bas-Empire : les Sévères

Le Bas-Empire : les derniers siècles

 

 

Livia Drusilla

Julia

Julia, petite-fille d’Auguste

Germanicus

Agrippine l’aînée

Agrippine la jeune

Julia Livilla, fille de Germanicus

Julia Drusilla, fille de Germanicus

Julia, fille de Drusus

Messaline