Noctes
Gallicanae
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Abrégé d'Histoire romaine |
Agrippine l’aînée
Femme de
Germanicus
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Ti Claudius Nero ? - ~33 |
Livia Drusilla ~58 - 29 |
Marc Antoine ~84 - ~30 |
Octavie ~69 ? - ~9 |
L Agrippa |
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Auguste ~63 - 14 |
Scribonia ? – 16 ? |
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D Claudius Drusus ~39 - ~9 |
Antonia Minor ~37 – 40 ? |
M Agrippa ~64 - ~12 |
Julia ~39 - 14 |
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Germanicus ~15 - 19 |
Agrippina ~14 - 33 |
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6 enfants vivants |
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Agrippine, petite-fille d’Auguste, était sans aucun doute une femme de
caractère :
[Tiberius] nurum
Agrippinam post mariti mortem liberius quiddam questam manu apprehendit
Graecoque versu : "Si non dominaris," inquit, "filiola, iniuriam
te accipere existimas ?" Il prit un
jour par la main sa belle-fille Agrippine qui se plaignait avec un peu trop de
franchise après la mort de son mari et lui dit ce vers grec : « Si tu
ne diriges pas tout, ma chère fille, crois-tu subir une injustice ? »
(Suétone, Tibère, 53).
Auguste la félicita un jour pour le style d’une de ses lettres, "sed opus est, inquit, dare te operam, ne moleste scribas et loquaris." « Mais, ajouta-t-il, il faut que tu t’efforces d’écrire et de parler de façon moins agressive ». (Suétone, Auguste, 86).
Elle a deux ans lorsque sa mère Julia épouse Tibère ; elle en a huit lorsque son beau-père fait retraite à Rhodes ; elle en a douze lorsque Julia est condamnée à l’exil par son grand-père Auguste, exil auquel se condamne volontairement sa grand-mère Scribonia. Agrippine passe donc son adolescence auprès de Livia Drusilla qui n’aime guère les petits-enfants de son mari : accedebant muliebres offensiones novercalibus Liviae in Agrippinam stimulis s’ajoutaient des tensions entre femmes avec les pièges de belle-mère que Livia tendait à Agrippine (Tacite, Annales, I, 33).
Quels désirs de revanche, pour ne pas dire de vengeance, ont pu germer dans la tête de la jeune fille ?
Mariée assez tardivement, à dix-huit ans me semble-t-il, elle a dû s’interroger longtemps sur le destin qu’on lui réservait. Elle trouve pourtant en Germanicus le mari idéal : Agrippina paulo commotior, nisi quod castitate et mariti amore quamvis indomitum animum in bonum vertebat Agrippine avait un caractère un peu trop emporté, mais par sa fidélité et son amour pour son mari, elle transformait en qualité le côté totalement indomptable de son caractère. (Tacite, Annales, I, 33).
Elle suit son mari en Germanie, où elle se trouve face aux soldats mutinés, enceinte et près d’accoucher de sa fille Agrippine. Elle fait preuve du plus grand courage : se divo Augusto ortam neque degenerem ad pericula testa[ba]tur elle affirmait que, issue du divin Auguste, elle ne dérogerait pas devant le danger. (Tacite, Annales, I, 40).
Fière de sa fécondité, elle donne naissance à neuf enfants, dont six passeront le cap de la petite enfance pour parvenir à l’âge adulte :
Nero, né en 6 (il prend la toge virile en 20), exécuté en 29 sur ordre de Tibère) ; il épouse en 28 Julia, fille de Drusus.
O DAMOS
NERVNA IOULION
KAISARA PAIDA
YEV NEV GERMANIKV
KAISAROS
KAI YEAS AIOLIDOS
KARPOFORV
AGRIPPINAS
ILS
8788, à Mytilène
Le peuple à Nero Julius César,
fils du nouveau dieu Germanicus César et de la fertile déesse éolienne Agrippine.
Drusus, né en 9 (il prend la toge virile en 23), exécuté en 33 sur ordre de Tibère ; il épouse Aemilia Lepida,
Gaius Julius Caesar, dit Caligula, né le 31 août 12.
Julia Agrippina, née en 15, mariée en 28, mère de l’empereur Néron ; elle meurt assassinée par son fils en 59.
Julia Drusilla, née en 16, morte de maladie sous le règne de son frère (en 39 ou 40 ?).
Julia Livilla, née en 17, qui sera victime des intrigues de Messaline vers 42.
Les trois filles portent évidemment pour nom le gentilice au féminin de leur père, Julia. Les deux aînées sont désignées habituellement par leur deuxième nom, seule Julia Livilla est appelée simplement Julia par les historiens.
Toujours proche de son mari, elle l’accompagne en Orient et assiste à ses derniers moments : Tum ad uxorem versus per memoriam sui, per communis liberos oravit exueret ferociam, saevienti fortunae summitteret animum, neu regressa in urbem aemulatione potentiae validiores inritaret alors, se tournant vers sa femme, au nom de son souvenir, au nom des enfants qu’ils avaient eus ensemble, il la supplie de se dépouiller de sa fierté, de se soumettre aux fureurs du destin, de ne pas s’attirer, de retour à Rome, la colère de plus forts qu’elle en défiant leur puissance. (Tacite, Annales, II, 72).
Elle affronte la « mer fermée » pour rapporter au plus tôt à Rome les cendres de son mari. De Brindisi à la Ville, elle reçoit l’hommage de toute l’Italie. Ni Tibère, ni Livia Drusilla ne participent aux funérailles officielles qui ont lieu en janvier 20 : veulent-ils cacher leur chagrin ou au contraire cacher leur soulagement ? Antonia ne se montre pas non plus : on pense que l’empereur le lui a interdit.
Un peu plus tard se déroule le procès de Pison, accusé d’avoir empoisonné Germanicus : épisode complexe qui se termine par le suicide de l’accusé, suicide qui ressemble d’ailleurs à un meurtre déguisé.
Dès
lors Agrippine ne dissimule plus sa haine pour Tibère qu’elle tient pour
responsable de l’exil et de la mort de sa mère Julia, qu’elle tient pour
responsable de la mort de son mari. Elle a pour elle l’opinion publique,
choquée par la dureté du traitement infligé à Julia,
et déçue par la disparition de Germanicus en qui elle voyait le successeur du
vieux Tibère.
C’est
autour d’elle que vont se nouer les conspirations contre l’empereur, surtout
après la mort de Drusus à partir de 23 : la succession ne pouvait que
revenir à l’un de ses fils, d’autant que Tibère lui-même rejetait son propre
petit-fils qu’il tenait pour bâtard.
Mais
les ambitions d’Agrippine vont se heurter à celles de Séjan. Elle est arrêtée
en 28 avec ses fils Nero et Drusus. La chute de son ennemi ne change rien à son
sort :
Nondum is dolor exoleverat, cum de
Agrippina auditum, quam interfecto Seiano spe sustentatam provixisse reor, et
postquam nihil de saevitia remittebatur, voluntate extinctam, nisi si negatis
alimentis adsimulatus est finis qui videretur sponte sumptus. Enimvero Tiberius
foedissimis criminationibus exarsit, impudicitiam arguens et Asinium Gallum
adulterum, eiusque morte ad taedium vitae compulsam. Sed Agrippina aequi
impatiens, dominandi avida, virilibus curis feminarum vitia exuerat.
Je pense qu’après l’exécution de Séjan, soutenue par l’espoir,
elle s’efforça de vivre, et comme rien des rigueurs qu’elle subissait n’avait
été adouci, elle se laissa volontairement mourir, à moins qu’en la privant de
nourriture on n’ait arrangé une fin qui pourrait passer pour volontaire. En
tout cas, Tibère éclata en accusations plus outrageantes les unes que les
autres : il lui reprocha d’être une débauchée, d’avoir commis l’adultère
avec Asinius Gallus, et d’avoir été dégoûtée de la vie par sa mort. Mais Agrippine
qui ne supportait pas d’égal, qui était avide de domination, s’était dépouillée
des défauts féminins pour revêtir les soucis des hommes.
Eodem die defunctam, quo biennio ante
Seianus poenas luisset, memoriaeque id prodendum addidit Caesar iactavitque
quod non laqueo strangulata neque in Gemonias proiecta foret. Actae ob id
grates decretumque ut quintum decimum kal. Novembris, utriusque necis die, per
omnis annos donum Iovi sacraretur.
Elle mourut le même jour (18 octobre 33) que celui où deux ans plus
tôt Séjan avait subi son châtiment, ce qui, ajouta l’empereur, devait être
transmis à la postérité ; et il se vanta de ne l’avoir pas fait étrangler
avec le lacet et de ne pas la faire jeter aux Gémonies. On lui rendit pour cela
des actions de grâce et on décréta que le quinze des calendes de novembre, jour
de ces deux morts, on consacrerait chaque année un don à Jupiter. (Tacite, Annales, VI, 25).