Noctes Gallicanae

Abrégé

d'Histoire romaine


Le Haut-empire ( ~27-192)


Les Julia

 

La fille de Drusus

 

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IVLIA DRVSI FILIA

 

Née vers 6 ?, assassinée en 43.

Fille de Drusus, mort en 23, lui-même fils de Tibère et de sa première femme, Vipsania Agrippina.

Elle épouse en 20 son cousin issu de germains Nero, fils de Germanicus.

 

Après la mort de Nero en 29, Tibère lui fait épouser Séjan. On se souvient que Séjan avait été l’amant de Livilla, la mère de Julia, et que le couple adultère avait obtenu la condamnation du mari.

 

Après la chute de Séjan, Tibère remarie Julia, à Rubellius Blandus.

 

T Pomponius Atticus

~ ? - ~ ?

 

 

 

 

 

 

 

Pomponia

M Agrippa

~64 - ~12

Livia Drusilla

~58 - 29

Ti Claudius Nero

? - ~33

Ti Claudius Nero

? - ~33

Livia Drusilla

~58 - 29

Marc Antoine

~84 - ~30

Octavie

~69 ? - ~9

Vipsania Agrippina

~ ? – ?

Tibère

~41 - 37

D Claudius Drusus

~39 - ~9

Antonia Minor

~37 – 40 ?

Drusus

~12 - 23

Livilla

? -31 ?

Julia (6?-43)

Tiberius Nero Caesar

2 jumeaux nés en 19 : Germanicus Gemellus mort en 23, Tiberius Gemellus mort en 38

 

 

Je n’ai trouvé aucun portrait de cette malheureuse Julia : ni Tacite, ni Suétone, ni Dion Cassius n’ont jugé utile de tracer ce portrait, ne serait-ce qu’en quelques lignes. La raison en est simple : elle n’a pas fait de scandale ni encombré le siècle de ses prétentions. Pourtant, devenue à l’âge de huit ans environ la petite-fille de l’empereur régnant, elle pouvait rêver d’une belle destinée.

 

Auctum dehinc gaudium nuptiis Neronis et Iuliae Drusi filiae. La joie [de voir Nero, un fils de Germanicus arriver à l’âge adulte en 20] fut encore accrue par le mariage de Nero et de Julia, la fille de Drusus. (Tacite, Annales, III, 29).

 

Elle épouse ainsi un garçon sans doute brillant, promis lui aussi à un bel avenir : si le peuple romain fête avec une telle joie le mariage du fils de Germanicus avec la petite-fille de l’empereur, c’est qu’il espère voir en eux ou en leurs enfants à naître l’avenir de l’empire. Que l’on songe à l’enthousiasme qui saisira l’Italie dix-sept ans plus tard quand Gaius, le fils de Germanicus, héritera du trône impérial.

 

Il semble que Drusus se soit mal entendu avec son père. On se souvient que Tibère avait dû répudier sa femme Vipsania Agrippina sur ordre d’Auguste pour épouser Julia, or Vipsania était alors enceinte de Drusus et s’était remariée avec Asinius Gallus et, selon Dion Cassius (LVII, 2), ce Gallus proclamait que Drusus était son fils : tñn te Droèson  Éw ußòn proepoieÝto, ce qui de toute évidence était faux, du moins biologiquement. Il faudrait savoir qui a élevé l’enfant pour se faire une opinion plus nuancée. Par ailleurs, Drusus se montrait Žselg¡statow et Èmñtatow « très débauché » et « très cruel », ce lui valait d’être souvent blâmé par Tibère, tant en privé qu’en public ¤petÛma kaÜ ÞdÛa kaÜ dhmosÛ& poll‹kiw. Dion Cassius (LVII, 3) affirme pourtant que Tibère était attaché à son fils, son seul fils légitime : tÒ ußeÝ ‘te kaÜ mñnÄ kaÜ gnhsÛÄ önti pros¡keito.

 

Quoi qu’il en soit, Drusus n’en reste pas moins l’héritier présomptif du pouvoir impérial et, en 15, il exerce le consulat. Il se distingue en mettant à mal sur un coup de colère un chevalier romain, ce qui lui vaut d’être surnommé Castor, du nom d’une star de la gladiature de l’époque. Mieux : témoin un soir de goguette d’un violent incendie, il prend la direction des prétoriens chargés de l’éteindre et comme ceux-ci demandent de l’eau, il se met à crier caldam ! caldam ! « de l’eau chaude ! ». Nous dirions : « une carafe avec des glaçons ».

 

Lorsqu’il exerce son second consulat en 21, sa situation politique s’est fragilisée, d’autant que sa femme Livilla est devenue comme bien d’autres la maîtresse de Séjan.

P‹saw gŒr Éw eÞpeÝn tŒw tÇn ¤pifanÇn ŽndrÇn gametŒw moixeævn t‹ te legñmena µ kaÜ prattñmena êp' ¤keÛnvn ¤m‹nyane, kaÜ pros¡ti kaÜ sunergoæw sfaw Éw kaÜ gamhyhsom¡naw oß ¤poieÝto Il était pour ainsi dire l’amant de toutes les femmes de la classe dirigeante, ce qui lui permettait d’apprendre ce que leurs maris faisaient ou disaient et qui plus est, il en faisait aussi ses complices en leur promettant le mariage. (Dion Cassius, LVIII, 3).

 

En 23, le conflit entre les deux hommes éclate, ils en viennent même aux mains et Drusus meurt, empoisonné par Séjan et Livilla, affirme Dion Cassius. Les mobiles de Séjan ne font aucun doute : peut-être sincèrement amoureux de Livilla (¸w ³ra, dit Dion Cassius), il réaliserait en l’épousant son ambition d’entrer dans la famille impériale. Il avait déjà fiancé en 20 sa fille âgée de deux ou trois ans à Drusus, fils de Claude :

Vtque haec secundo rumore ita adversis animis acceptum quod filio Claudii socer Seianus destinaretur. Ce mariage (celui de Nero et Julia) fut accueilli d’autant plus favorablement que l’opinion publique était indisposée en apprenant que Séjan allait devenir le beau-père du fils de Claude. (Tacite, Annales, III, 29).

 

Mais Tibère s’oppose à ce mariage. Dion Cassius (LVIII, 3) est le seul des historiens à affirmer que Séjan aurait épousé la fille plutôt que la mère :

Tòn d¢ Seóanòn õ Tib¡riow ¤pÜ m¡ga dñjhw ¤p‹raw kaÜ khdest¯n ¤pÜ ƒIoulÛ& t» toè Droæsou yugatrÜ poihs‹menow ìsteron ¦kteine Après avoir élevé Séjan au sommet de la gloire, après en avoir fait son parent en l’autorisant à épouser Julia, la fille de Drusus, Tibère finit par le faire exécuter.

 

Veuve une deuxième fois après la mort de Séjan en 31, la malheureuse Julia doit se remarier sur ordre de son grand-père, mais cette fois avec un homme étranger à la famille impériale :

tŒw yugat¡raw t‹w te toè Germanikoè tŒw loipŒw kaÜ t¯n toè Droæsou t¯n ƒIoulÛan ¤doæw [Tibère (en 33), sans entrer dans Rome,] donna en mariage les autres filles de Germanicus [Julia Drusilla et Julia Livilla, Agrippine avait épousé Domitius en 28] ainsi que Julia, la fille de Drusus. Mais la cité n’organisa pas la moindre festivité pour ces mariages, ce fut une journée ordinaire, et même le sénat se réunit ce jour-là pour rendre la justice. (Dion Cassius, LVIII, 21).

Tot luctibus funesta civitate pars maeroris fuit quod Iulia Drusi filia, quondam Neronis uxor, denupsit in domum Rubellii Blandi, cuius avum Tiburtem equitem Romanum plerique meminerant. Dans la cité endeuillée par tant de pertes cruelles, ce fut encore un chagrin supplémentaire que de voir Julia, la fille de Drusus, qui avait été autrefois la femme de Nero, passer par le mariage dans la maison de Rubellius Blandus, dont le grand-père, beaucoup s’en souvenaient, était un chevalier romain de Tibur. (Tacite, Annales, VI, 27).

 

Un C. Rubellius Blandus (le marié ?) avait été consul suffect en 18, l’année du consulat de Tibère et Germanicus.

Du mariage de Julia et Rubellius naîtra Rubellius Plautus qui fera parler de lui sous le règne de Néron.

 

Dès lors, Julia disparaît de l’Histoire. Dion Cassius et Tacite se bornent à accuser Messaline de sa mort :

t®n te ƒIoulÛan t¯n toè Droæsou m¢n toè TiberÛou paidòw yugat¡ra, toè d¢ d¯ N¡rvnow toè Germanikoè gunaÝka genom¡nhn, zhlotup®sasa Ësper kaÜ t¯n ¥t¡ran, Žp¡sfaje (Messaline) fit tuer (en 43) Julia, la fille de Drusus, le fils de Tibère, celle qui avait épousé Nero Germanicus et dont elle était devenue jalouse, comme de l’autre Julia. (Dion Cassius, LX, 18).

Post Iuliam Drusi filiam dolo Messalinae interfectam après le meurtre par les machinations de Messaline de Julia la fille de Drusus… (Tacite, Annales, XIII, 32).

alors que Suétone (Claude, 29) fait de Claude lui-même le responsable principal de cet assassinat :

Appium Silanum consocerum suum Iuliasque, alteram Drusi, alteram Germanici filiam, crimine incerto nec defensione ulla data occidit, il fit tuer sur des accusations infondées et sans leur accorder la moindre défense Appius Silanus, le père de sa bru, et les deux Julia, la fille de Drusus et la fille de Germanicus.

 

 

 


 

Histoire de Rome: sommaire général

Auguste

 

Tibère

 

Caligula

 

Claude

 

Néron

 

 

Livia Drusilla

Julia

Julia, petite-fille d’Auguste

Germanicus

Agrippine l’aînée

Agrippine la jeune

Julia Livilla, fille de Germanicus

Julia Drusilla, fille de Germanicus

Julia, fille de Drusus

Messaline