Noctes
Gallicanae
|
Abrégé d'Histoire romaine |
Les Julia,
filles de Germanicus
Iulia Livilla
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IVLIAE GERMANICI FILIAE
Les enfants de
Germanicus et Agrippine
Habuit in matrimonio
Agrippinam, M. Agrippae et Iuliae filiam, et ex ea novem liberos tulit :
quorum duo infantes adhuc rapti, unus iam puerascens insigni festivitate, cuius
effigiem habitu Cupidinis in aede Capitolinae Veneris Livia dedicavit, Augustus
in cubiculo suo positam, quotiensque introiret, exosculabatur ; ceteri
superstites patri fuerunt, tres sexus feminini, Agrippina Drusilla Livilla,
continuo triennio natae ; totidem mares, Nero et Drusus et C. Caesar.
Neronem et Drusum senatus Tiberio criminante hostes iudicavit.
[Germanicus] reçut en mariage Agrippine, fille de M. Agrippa et
de Julia. Elle lui donna neuf enfants. Il en perdit deux encore tout petits, un
autre déjà garçonnet, d’une remarquable gentillesse. Livie fit consacrer un
portrait de lui figuré en Amour dans le temple de Vénus Capitoline, Auguste en
plaça un dans sa chambre à coucher et ne manquait pas de lui donner un baiser
quand il y entrait. Les autres survécurent à leur père : trois filles,
Agrippine, Drusilla et Livilla, nées à un an d’intervalle ; trois garçons,
Nero, Drusus et Gaius César. Néron et Drusus furent déclarés ennemis publics
par le sénat sur accusation de Tibère.
(Suétone, Caligula, 7).
Tibère marie Drusilla
et Livilla (en 33)
Ser. Galba
L. Sulla consulibus diu quaesito quos neptibus suis maritos destinaret Caesar,
postquam instabat virginum aetas, L. Cassium, M. Vinicium legit. Vinicio
oppidanum genus: Calibus ortus, patre atque avo consularibus, cetera equestri
familia erat, mitis ingenio et comptae facundiae. Cassius plebeii Romae
generis, verum antiqui honoratique, et severa patris disciplina eductus
facilitate saepius quam industria commendabatur. Huic Drusillam, Vinicio Iuliam
Germanico genitas coniungit superque ea re senatui scribit levi cum honore
iuvenum.
Sous le consulat de Servius Galba et de Lucius Sulla (en 33),
après avoir longtemps hésité sur le choix des maris de ses petites-filles,
César (Tibère), pressé par l’âge des jeunes filles, choisit Lucius Cassius et
Marcus Vinicius. Vinicius était d’origine provinciale : issu de Calès (en
Campanie), son père et son grand-père avaient été consuls, le reste de sa
famille appartenait à l’ordre équestre. Il avait un caractère doux et parlait
avec élégance. Cassius était issu d’une famille plébéienne de Rome, mais
ancienne et estimée. Élevé par son père sous une stricte discipline, il se
recommandait davantage par son aisance que par son activité. Ainsi sont mariées
les filles de Germanicus : Drusilla à ce dernier, Julia (Livilla) à
Vinicius. Tibère en informe le sénat par lettre avec un bref éloge des jeunes
gens. (Tacite, Annales, 6, 15)
L. Cassius Longinus avait
été consul en 30.
Caligula et ses sœurs
... honneurs...
Envers sa mère, ses sœurs et sa grand-mère Antonia, il se conduisit
la plupart du temps aussi respectueusement que possible… Il donna à ses sœurs
les privilèges des Vestales, une place dans sa propre loge pour assister près
de lui aux courses de chevaux. Il décréta qu’elles seraient associées aux
prières annuelles qui étaient célébrées par les magistrats et les prêtres pour
son salut et celui de l’État, et que les serments que l’on prêtait sur son
règne seraient prononcés également en leur nom. (Dion Cassius, LIX, 3). On jurait qu’on
tiendrait en plus grand honneur Caligula et ses sœurs que soi-même et ses
propres enfants. (Dion Cassius, LIX, 9).
En 37, Caligula donna aussi à ses sœurs les
privilèges des vierges Vestales, y compris celui d’assister aux courses avec
lui dans la loge impériale. (Dion Cassius, LIX, 6)
... et déshonneur ...
Il prétendait être Jupiter (incarné) et il en tirait prétexte
pour coucher avec de nombreuses femmes et tout particulièrement avec ses sœurs. (Dion Cassius, LIX, 26).
Cum omnibus
sororibus suis consuetudinem stupri fecit plenoque convivio singulas infra se
vicissim conlocabat uxore supra cubante.
Il eut régulièrement des relations incestueuses avec toutes ses
sœurs, et devant tous les convives, ils les faisait placer tour à tour près de
lui à la place d’honneur, alors que son épouse occupait la seconde place. (Suétone, Caligula, 24).
Reliquas
sorores nec cupiditate tanta nec dignatione [quanta Drusillam] dilexit, ut quas
saepe exoletis suis prostraverit.
Son amour pour ses autres soeurs (Agrippine et Livilla) ne
s'accompagna ni d'une passion ni d’égards comparables, puisqu'il les prostitua
souvent à ses mignons. (Suétone, Caligula,
24).
NERVNI KAI
DROUSV KAI AGRIPPINA
KAI DROUSILLA
NEA AFRODITA
TOIS KASIGNHTOIS[I]
TV AUTOKRATOROS
GAIV KAISAROS
ILS 8789
(inscription de Mytilène)
A Néron, à Drusus, à Agrippine et à Drusilla,
la nouvelle Aphrodite, les frères et soeurs de l’empereur Gaius César.
Iulia Livilla
Dernière
fille (et dernier enfant) d’Agrippine et de Germanicus, Julia Livilla naît en
17 à Lesbos : son père est en route pour son commandement en Orient.
Petita inde
Euboca tramisit Lesbum ubi Agrippina novissimo partu Iuliam edidit. De là, il passa par l’île d’Eubée en
direction de Lesbos où Agrippine mit au monde son dernier enfant, Julia
(Livilla). (Tacite, Annales, II,
54)
Livilla
fait peu parler d’elle jusqu’à l’expédition de Caligula en Germanie où, avec sa
sœur Agrippine, elle avait accompagné l’armée. A titre de concubines ?
Leur sœur Drusilla venait de mourir.
Il fit exécuter Lentulus Gaetulicus, qui jouissait d’une
excellente réputation et qui était depuis dix ans gouverneur de Germanie,
l’accusant de collusion avec les soldats. En même temps, il fit mettre à mort
Lépidus, l’homme qui était son mignon et son amant, le mari de Drusilla, celui
qui avec lui couchait avec ses sœurs Agrippine et Julia (Livilla), à qui il
avait permis d’exercer les magistratures cinq ans avant l’âge légal, celui dont
il disait qu’il ferait son successeur à la tête de l’empire. A l’occasion de
ces exécutions, il fit remettre aux soldats une gratification, comme s’il avait
vaincu des ennemis, et fit envoyer trois poignards au temple de Mars Ultor
(« Vengeur ») à Rome. En raison de leurs relations avec Lépidus, il
exila, dans les îles Pontia (îles du Latium, à 40 km au large de S. Felice
Circeo), ses sœurs qu’il dénonça au sénat dans une longue lettre comme impies
et immorales. (Dion Cassius, LIX, 22).
Agrippine
et Livilla passent deux ans abandonnées dans leur île où elles pouvaient
craindre le pire : comment oublier le sort de Julia ou d’Agrippa Postumus ?
L’avènement
de Claude les sauve :
(Claude) rappela ceux qui avaient été injustement exilés par
Caligula ainsi que les sœurs de ce dernier Agrippine et Julia et leur rendit
leurs biens. (Dion Cassius, LX, 4).
Mais,
rapidement, Livilla va susciter la jalousie de Messaline :
(En 41, Messaline) qui enrageait de voir que sa nièce (par
alliance) Julia ne la respectait pas et ne la courtisait pas, qui en était
jalouse parce qu’elle était très belle et rencontrait souvent Claude en
tête-à-tête, la fit exiler.
¤gkl®mata aéth
lla te kaÜ moixeÛaw paraskeusasa, ¤f' » kaÜ õ Sen¡kaw õ AnnaÝow ¦fuge,
kaÜ ìsterñn ge oé pollÒ kaÜ p¡kteinen aét®n.
Elle forgea contre elle de nombreuses accusations, y compris celle
d’adultère, accusation pour laquelle Anneus Seneca (Sénèque) aussi fut exilé [ou plus exactement
« banni »].
Quelque temps après, elle réussit même à la faire exécuter. (Dion Cassius, LX, 8).
Sénèque
fréquentait décidément de très près les deux filles survivantes de
Germanicus !
Claude
a sans doute fait preuve dans cette affaire d’une certaine légèreté, mais ceci
n’a rien de bien surprenant :
His, ut
dixi, uxoribusque addictus, non principem, sed ministrum egit, compendio
cuiusque horum vel etiam studio aut libidine honores exercitus impunitates
supplicia largitus est, et quidem insciens plerumque et ignarus [...] :
Appium Silanum consocerum suum Iuliasque, alteram Drusi, alteram Germanici
filiam, crimine incerto nec defensione ulla data occidit.
Livré, ainsi que je l'ai dit, à ses affranchis et à ses femmes,
Claude se conduisit, non comme un prince, mais comme un serviteur : c'est
suivant les intérêts ou même les sympathies et les caprices de chacun d'eux
qu'il distribua les honneurs, les armées, les grâces, les supplices, et qui
plus est, très souvent sans le savoir ni s'en rendre compte [...] : il fit
périr, sur des accusations vagues et sans leur permettre de se défendre, Appius
Silanus, le beau-père de son gendre, les deux Julies, filles l'une de Drusus,
l'autre de Germanicus. (Suétone, Claude,
29)
Livilla mourra de faim. Bizarrement, Dion Cassius explique, un peu plus loin (LX, 27), que Messaline qui
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soupçonnait (Vinicius) d’avoir fait tuer sa femme Julia [et qui était furieuse qu’il refusât d’être son amant] le fit empoisonner.