Noctes Gallicanae
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Abrégé d'Histoire
romaine |
Messaline
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Post has Valeriam Messalinam, Barbati Messalae consobrini sui filiam,
in matrimonium accepit. Quam cum comperisset super cetera flagitia atque
dedecora C. Silio etiam nupsisse dote inter auspices consignata, supplicio
adfecit Claude se remaria avec Valeria Messalina, la fille
de son cousin Barbatus Messala. Lorsqu’il découvrit qu’en plus de ses autres
débordements et de ses scandales elle avait aussi épousé Gaius Silius avec un
contrat de mariage en bonne et due forme, il la fit exécuter. (Suétone, Claude, 26)
Issue de la haute noblesse de Rome, Valeria
Messalina est la petite-fille d’Antonia Maior et donc l’arrière-petite-fille de
Marc Antoine. Elle est aussi la nièce de Cn. Domitius Ahenobarbus, époux
d’Agrippine 2 et père de Néron.
Les collatéraux sont notés
en bleu.
Son arrière-grand-père, Valerius Messala Corvinus
(~64 - 8), était le protecteur du poète Tibulle.
Rallié à Octave au moment d’Actium, il obtint le
triomphe en ~27.
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Valerius Messala |
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Cn Domitius Ahenobarbus |
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Marcus Antonius |
Octavia |
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Valerius Messala |
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L Domitius Ahenobarbus |
Antonia Maior |
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M Valerius Messala |
Domitia Lepida Cn Domitius Ahenobarbus (père de
Néron) |
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Valeria Messalina
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Je n’ai trouvé nulle part la date de naissance exacte de Messaline, pas plus que la date de son mariage avec Claude. Je suppose, d’après la date de naissance des enfants, que le mariage a eu lieu en 38 ou 39.
Comme les historiens anciens ne font pas
mention d’une précédente union, Messaline devait être très jeune : en 33,
Tibère se préoccupe de marier les filles cadettes de Germanicus postquam instabat virginum aetas parce que leur âge ne
permettait plus d’attendre (Tacite, Annales, VI, 15), or elles avaient 16 et 17 ans ! Lorsque
Claude mariera sa fille Octavie à Néron, Octavie sera âgée de 13 ans, l’âge
légal du mariage pour une Romaine de cette époque.
On peut donc supposer que Messaline avait
entre 13 et 15 ans en 38, ce qui la fait naître entre 23 et 25. C’est cette
dernière date que retiennent en général les encyclopédies. Simple hypothèse.
Elle donne à Claude deux enfants : en 40,
Octavie, future femme de l’empereur Néron et, en 41, Tiberius Claudius Caesar,
surnommé d’abord Germanicus, puis Britannicus, nom que l’Histoire retiendra.
Après
Cléopâtre, regina meretrix, « la reine putain », voici l’impératrice
putain ! Traînée dans la boue ! Pour résumer au mieux la réputation sulfureuse
de Messaline, voici un extrait de l’ Histoire de la prostitution et de la
débauche, par le Dr TH.-F. Debray, publiée à Paris en 1879 :
A Rome les lupanars étaient
réunis dans le quartier populeux de Suburre, et c'est dans une de ces maisons,
dans une cellule sur la porte de laquelle était inscrit le nom Lycisca, que la
femme de l'imbécile empereur Claude allait s'offrir à la lubricité publique,
trouvant fades les embrassements de ses amants ordinaires, bien qu'ils ne
fussent pas souvent choisis avec une grande délicatesse.
Aussi sanguinaire qu'elle était
débauchée, c'est surtout sous cet ignoble caractère de courtisane de bas étage
que Messaline est restée célèbre, grâce aux traits dont Juvénal l'a si
justement accablée. Combien pourtant sont tombés sous le poignard d'un vil
esclave à ses ordres, les uns pour avoir repoussé ses avances, les autres pour
y avoir trop répondu! Elle s'échappait du Palatin, à la faveur des ténèbres,
une perruque blonde dissimulant ses cheveux noirs, les seins retenus par une
résille d'or et suivie d'une esclave, sa complice, épiant les passants dans les
rues conduisant aux bas quartiers de Rome. Elle arrivait enfin au quartier de
Suburre, franchissait la porte d'un lupanar fréquenté par la lie de la populace
et s'enfermait frémissante dans la cellule de la prétendue Lycisca.
Au point du jour, il fallait
chasser du mauvais lieu cette louve inassouvie quoique brisée de fatigue : Et lassata viris, necdum satiata
recessit.
Quelle différence il y a de cette
prostituée immonde et féroce, quoique impératrice, à la moins illustre des
courtisanes de la Grèce, si dépravée, si avide qu'elle fût. Chez Messaline il
n'y avait plus rien que la lubricité bestiale et la cruauté sanguinaire, et le
fait est qu'elle termina une existence de déportements inouïs par une folie
monstrueuse.
« Messaline; dit Beulé, dans
ses Portraits du siècle d'Auguste, avait un excès de sève qui avait besoin d'être
réprimé, un tempérament que les principes et la surveillance la plus sévère
auraient eu quelque peine à contenir. Jetée sur le trône à l'improviste, elle
s'enivra du droit de tout oser, se livra à ses instincts qui se développèrent,
à ses passions qui se multiplièrent avec furie. Dans son âme, les âcres
plaisirs des sens et la fureur du tempérament avaient absorbé, dénaturé,
annihilé, dévoré les autres forces. On ne trouvait chez elle ni l'amour des
arts et des lettres, ni l'esprit, ni cette délicatesse intellectuelle qui tient
quelquefois lieu de morale, ni cette fierté féminine dont le masque ressemble
encore à la vertu. Elle était esclave de la matière, servante de son corps et
n'avait plus conscience que de la volupté. La volupté était l'unité et la
formule suprême de cet être qui, n'étant plus soumis à aucune pression, s'était
gonflé comme une tumeur monstrueuse. Toutes les passions qu'un pouvoir sans
bornes lui permettait de satisfaire, se ramènent fatalement à cette unité : la
cruauté elle-même devient une sorte de jouissance pour ces natures où la violence
des sensations a tué tout sentiment et étouffé l'humanité. »
C'est, en termes froids, sans
doute, mais excellents, une analyse exacte de cette étrange figure de la Rome
impériale, qui en a toute une galerie.
Le site de numismatique cgb.fr présente un tétradrachme
frappé au revers d’un portrait en pied de Messaline avec l’inscription MESSALINA KAI[SAROS] SEBA[STH] , mais il faut bien avouer que le dernier mot est illisible, au
moins sur la reproduction. Dommage : il semble que Messaline n’ait jamais
porté le titre d’Augusta ailleurs que dans les vers de Juvénal !
Tout comme Suétone et Tacite, Dion Cassius
trace de Messaline un portrait sans complaisance (LXI, 31) :
Oti ² MessalÝna Ësper oék ¤jarkoèn oß ÷ti kaÜ ¤moixeæeto
kaÜ ¤porneæeto - t te gr lla aÞsxrÇw¦pratte, kaÜ ¤p' oÞk®matow ¦stin
÷te ¤n tÒ palatÛÄ aét® te ¤kay¡zeto kaÜ tw llaw t prÅtaw ¤kyizeMessaline
ne se contentait de ses adultères, elle se prostituait aussi : en dehors
de ses agissements honteux, il lui arrivait de s’installer en personne dans une
cellule de lupanar en plein palais, où s’installaient sur son ordre les autres
femmes de la noblesse.
Comment ne pas citer ici les vers célèbres de
Juvénal, Satires, VI, 115-132, même si de
toute évidence le poète exagère ?
Respice rivales divorum, Claudius audi
quae tulerit. Dormire virum cum senserat uxor,
ausa Palatino tegetem praeferre cubili,
sumere nocturnos meretrix Augusta cucullos
linquebat comite ancilla non amplius una.
Sed nigrum flavo crinem abscondente galero
intravit calidum veteri centone lupanar
et cellam vacuam atque suam ; tunc nuda papillis
prostitit auratis titulum mentita Lyciscae
ostenditque tuum, generose Britannice, ventrem.
Excepit blanda intrantis atque aera poposcit,
ac resupina iacens multorum absorbuit ictus.
Mox lenone suas iam dimittente puellas
tristis abit, et quod potuit tamen ultima cellam
clausit, adhuc ardens rigidae tentigine volvae,
et lassata viris necdum satiata recessit,
obscurisque genis turpis fumoque lucernae
foeda lupanaris tulit ad pulvinar odorem.
Regarde
les égaux des dieux, écoute ce qu’a supporté Claude. Dès que sa femme le savait
endormi, osant préférer une paillasse à son lit du Palatin, Augusta la putain
prenait les capes de nuit à capuchon et filait en compagnie d’une servante,
d’une seule, pas plus. Puis, cachant ses noirs cheveux sous une perruque
blonde, elle entre dans le lupanar moite aux tentures usées, dans sa cellule
vide, sa cellule à elle ! Alors, elle s’expose nue, les seins dans une
résille d’or, sous une inscription qui lui donne le faux nom de
« Lycisca » ; elle exhibe, noble Britannicus, le ventre qui t’a
porté. Elle accueille avec des caresses celui qui se présente et lui demande de
l’argent. Et culbutée, allongée, elle reçoit en elle les chocs de ses nombreux
clients. Mais bientôt le taulier dit à ses filles de partir ; elle, à
regret, s’en va et, c’est une faveur, elle est la dernière à fermer sa cellule.
Toute brûlante encore de la tension de sa vulve raidie, fatiguée des hommes
mais non pas rassasiée, elle s’en retourne. Répugnante avec son visage défait,
souillée par la fumée de la lampe, elle apporte dans le lit impérial l’odeur du
lupanar.
Scandales sexuels qui défraient la chronique in civitate omnium gnara et nihil reticente « dans une ville où tout se sait et où rien
ne se tait », selon le mot de Tacite (Annales, XI, 27), mais qui s’accompagnent
d’agissements beaucoup plus graves :
Pendant
ce temps, écrit Dion Cassius (LX,
18), Messaline étalait
ses propres débauches et incitait les autres femmes à s’y livrer pareillement :
elle fit en sorte que beaucoup de femmes se donnent à des amants en plein
palais impérial, en présence et sous les yeux de leurs maris. Ces hommes-là,
elle éprouvait pour eux amitié et même tendresse, elle les récompensait en leur
faisant donner honneurs et commandements ; les autres, ceux qui refusaient
de laisser leurs femmes s’abaisser à cela, elle les détestait et s’arrangeait
pour les perdre par tous les moyens. Et bien que tout cela se déroulât ainsi,
d’une façon aussi évidente, Claude mit très longtemps à s’en apercevoir. Il
faut dire qu’elle faisait en sorte qu’il trouve de petites servantes dans son
lit, et qu’elle retenait ceux qui pouvaient le mettre au courant de ses
agissements par des récompenses ou des châtiments. Par exemple elle se
débarrassa à cette époque-là (43 ap. J.-C.) de Catonius Justus, commandant de la garde
prétorienne qui avait l’intention de mettre Claude au courant de son
comportement.
Elle
fit égorger Julia, la fille de Drusus, le fils de Tibère, devenue la femme de
Néron Germanicus (frère de
Caligula et donc neveu de Claude), dont elle était devenue jalouse comme elle l’avait été de l’autre
Julia (la sœur de Caligula).
Danseur de pantomime, il connaît une carrière à succès sous le règne de Caligula.
M. Lepidum, Mnesterem pantomimum,
quosdam obsides dilexisse fertur commercio mutui stupri On raconte qu’il est tombé amoureux
de Marcus Lepidus (le mari de sa sœur Drusilla), du pantomime Mnester ainsi que
de quelques otages et qu’il a eu avec eux des relations sexuelles où chacun
dominait l’autre à tour de rôle. (Suétone, Caligula, 36)
Quorum vero studio teneretur, omnibus ad insaniam favit. Mnesterem pantomimum etiam inter spectacula osculabatur, ac si qui saltante eo vel leviter obstreperet, detrahi iussum manu sua flagellabat Mais quand il éprouvait de l’amour pour quelqu’un, il poussait sa passion à la folie. Il embrassait le pantomime Mnester même pendant les spectacles et si quelqu’un faisait le moindre bruit pendant qu’il dansait, Caligula le faisait arracher de sa place et le flagellait de sa propre main. (Suétone, Caligula, 55).
A la même époque ou au début du règne de
Claude, Mnester fréquente Valerius Asiaticus et devient l’amant de Poppaea Sabina, dont la fille épousera
Néron : domum suam Mnesteris et Poppaeae
congressibus praebu[erant] ils avaient prêté leur maison
pour les rendez-vous de Mnester et Poppée. (Tacite, Annales, XI, 4)
La liaison de Messaline avec le pantomime
Mnester me paraît représentative de toutes les autres. Dion Cassius nous la
raconte en détail.
Les
sénateurs qui débordaient de haine envers la mémoire de Gaius (Caligula)
décrétèrent (en 43) que toute la monnaie de bronze qui avait été frappée à son
effigie serait fondue. Il en fut fait ainsi, et cependant le bronze ne fut pas
utilisé pour un plus noble usage : Messaline en fit faire des statues de
Mnester le pantomime. Il avait eu autrefois des relations intimes avec Gaius,
elle lui offrit cette marque de sa reconnaissance pour être son amant à elle.
Elle était tombée follement amoureuse de lui, et comme elle n’arrivait par
aucun moyen à le convaincre de coucher avec elle, ni par les promesses ni par
les menaces, elle alla trouver son mari et lui demanda d’imposer à notre homme
« qu’il fasse ce qu’elle voudrait », en faisant croire à Claude
qu’elle avait besoin de Mnester pour tout autre chose ! C’est ainsi que
Claude lui dit de faire tout ce que Messaline lui demanderait, quoi que ce
soit, et que Mnester devint son amant en croyant que l’empereur le lui avait
ordonné.
Elle
employa la même méthode avec bien d’autres hommes. Elle se livra à l’adultère
en faisant croire que Claude était au courant de ce qui se passait et
consentait à ses débauches. (Dion
Cassius, LX, 22).
Elle avait
arraché Mnester au théâtre et le gardait pour elle. Quand se produisait au sein
du peuple une discussion sur la raison pour laquelle il ne dansait plus, Claude
manifestait sa surprise, présentait différentes excuses et jurait qu’il ne
couchait pas avec lui. Les gens étaient persuadés qu’il ignorait vraiment ce
qui se passait et se désolaient qu’il fût le seul à n’être pas au courant de ce
qui se faisait dans son palais. Tout cela s’était répandu jusque chez les
ennemis (du peuple romain), mais on ne voulait pas porter d’accusation
officiellement, d’un côté par crainte de Messaline, d’un autre côté pour
protéger Mnester.
Autant
il était aimé de celle-ci pour sa beauté physique, autant il était aimé du
peuple pour son talent. Un jour, par exemple, comme la foule en délire lui
avait demandé de danser dans une pantomime à succès, il passa la tête par le
rideau de scène et dit : « Je ne peux pas le faire, je suis au lit
avec Oreste ». (Dion
Cassius, LX, 28)
Un
sexe, si on lui en laisse la possibilité, cruel, ambitieux, avide de pouvoir.
Tacite, Annales, III, 33.
Cette assertion de Tacite s’applique
parfaitement au portrait que le grand historien nous offre de Messaline dès le
début du livre XI des Annales :
nam Valerium Asiaticum, bis consulem, fuisse quondam adulterum
eius credidit, pariterque hortis inhians, quos ille a Lucullo cooptos insigni
magnificentia extollebat, Suillium accusandis utrisque immittit elle crut que Valérius Asiaticus, deux fois consul, avait été autrefois
l’amant (de Poppée, mère de la femme de Néron)
et convoitant ses jardins, ceux qui avaient été réunis par Lucullus et qu’il
embellissait à grands frais, elle lança contre eux Suillius pour les mettre en
accusation.
Jalousie et cupidité s’allient à une certaine
cruauté, ou pour le moins à une redoutable efficacité :
ipsa ad perniciem Poppaeae festinat, subditis qui terrore
carceris ad voluntariam mortem propellerent elle-même se dépêche de
mener Poppée à sa perte : elle lui envoie des gens qui l’incitent par peur
de la prison se donner volontairement la mort. (Tacite, Annales,
XI, 4)
Mais si Messaline ne recule devant rien pour
parvenir à ses fins, il faut bien admettre que Claude lui facilite
involontairement la tâche :
His, ut dixi, uxoribusque addictus, non principem, sed ministrum
egit, compendio cuiusque horum vel etiam studio aut libidine honores exercitus
impunitates supplicia largitus est, et quidem insciens plerumque et ignarus. Ac
ne singillatim minora quoque enumerem, revocatas liberalitates eius, iudicia
rescissa, suppositos aut etiam palam immutatos datorum officiorum
codicillos : Appium Silanum consocerum suum Iuliasque, alteram Drusi,
alteram Germanici filiam, crimine incerto nec defensione ulla data occidit,
item Cn. Pompeium maioris filiae virum et L. Silanum minoris sponsum Soumis,
comme je l’ai dit à [ses affranchis] et à ses épouses, il ne se conduisit pas
en prince mais en serviteur : selon l’intérêt de chacun d’eux, selon leurs
sympathies ou leurs caprices, il distribua honneurs, armées, grâces, supplices,
et ceci la plupart du temps à son insu et en toute ignorance. Je ne veux pas
énumérer en détail les faits de moindre importance : ses libéralités annulées,
ses jugements cassés, les fausses lettres de nomination ou encore celles qu’on
a ouvertement falsifiées. Il fit mettre à mort Appius Silanus, le beau-père de
son (futur) gendre, les deux Julia, l’une fille de Drusus, l’autre fille de
Germanicus, sur des accusations sans fondement et sans les laisser se défendre,
sans oublier Gnaeus Pompée, le mari de sa fille aînée et Lucius Silanus, le
fiancé de la cadette. (Suétone, Claude, 29)
Notons quand même que certains de ces
assassinats ont été perpétrés à l’instigation d’Agrippine après la mort de
Messaline.
Pari modo oppressum ferunt Appium Silanum : quem cum
Messalina et Narcissus conspirassent perdere, divisis partibus alter ante lucem
similis attonito patroni cubiculum inrupit, affirmans somniasse se vim ei ab
Appio inlatam ; altera in admirationem formata sibi quoque eandem speciem
aliquot iam noctibus obversari rettulit ; nec multo post ex composito
inrumpere Appius nuntiatus, cui pridie ad id temporis ut adesset praeceptum
erat, quasi plane repraesentaretur somnii fides, arcessi statim ac mori iussus
est on raconte qu’Appius Silanus se fit prendre de la
même façon : Narcisse et Messaline avaient résolu sa perte et s’étaient
partagé les rôles. Le premier fit irruption avant le jour dans la chambre de
son maître comme un homme affolé et affirma avoir rêvé qu’Appius avait
assassiné l’empereur. La deuxième joua la surprise et raconta qu’elle avait eu
la même vision depuis plusieurs nuits. Peu de temps après, selon le plan prévu,
on annonce l’arrivée soudaine d’Appius comme si la vérité du rêve se
manifestait au grand jour (bien sûr on lui avait recommandé la veille de se
présenter à cette heure-là). On ordonne de le faire entrer aussitôt et de le
faire mourir. (Suétone, Claude, 38)
Même dans le scandale de son mariage avec
Silius, Messaline réussit impliquer malgré lui son impérial époux :
Nam illud omnem fidem excesserit quod nuptiis, quas Messalina
cum adultero Silio fecerat, tabellas dotis et ipse consignaverit, inductus
quasi de industria simularentur ad avertendum transferendumque periculum, quod
imminere ipsi per quaedam ostenta portenderetur ce qui
dépasse les limites de toute vraisemblance, c’est le fait que pour les noces
que Messaline avait célébrées avec Silius, il signa lui aussi le contrat de
mariage : on l’avait persuadé qu’il s’agissait d’une mise en scène
destinée à détourner de lui et à reporter sur d’autres un danger qui le
menaçait et que certains présages avaient annoncé. (Suétone, Claude, 29) Pauvre
Claude !