Noctes Gallicanae

Abrégé

d'Histoire romaine


Le Bas-Empire : 192-476

 

Les grands noms du Bas-Empire

Septime Sévère

Caracalla

Elagabal

Aurélien

Dioclétien

Constantin

 

Théodose

 

 

Pertinax 193

 

Primus sane omnium ea die, qua Augustus est appellatus, etiam patris patriae nomen recepit

Il fut le premier à recevoir aussi, le jour même où il fut proclamé Auguste, le titre de Père de la Patrie.

« Satius est, p.c., inopem rem p. optinere quam ad divitiarum cumulum per discriminum atque dedecorum vestigia pervenire. »

« Il est préférable, pères conscrits, de gouverner un état pauvre que de parvenir en suivant une route dangereuse et déshonorante au faîte des richesses ».

 

Il tente quelques réformes, mais est assassiné au bout de trois mois.

L'Empire est alors mis aux enchères par les prétoriens qui l’ont tué.

 

PertÛnaj d¢ ·n m¢n tÇn kalÇn kŽgayÇn

Pertinax faisait partie des hommes de haute valeur morale. (Dion Cassius, LXXIV)

 

Natus autem kal. Augustis Vero et Bibulo conss. Interfectus est V kal. Apr. Falcone et Claro conss. Vixit annis LX[VI] mensibus VII diebus XXVI. Imperavit mensibus II diebus XXV.

Il est naquit le jour des calendes d’août sous le consulat de Verus et Bibulus (1er août 126). Il fut tué le 5ème jour des calendes d’avril sous le consulat de Falco et de Clarus (26 mars 193). Il vécut 6[6] ans, 7 mis et 26 jours. Il régna 2 mois et 25 jours.


Didius Julianus 193

 

Alors eut lieu le business le plus honteux et le plus indigne de Rome : comme si on s’était trouvé sur un marché ou dans une salle des ventes, la cité elle-même et son empire furent mis aux enchères. Les vendeurs étaient ceux-là même qui avaient tué leur empereur, les acheteurs étaient Sulpicianus et Julianus qui surenchérissaient l’un sur l’autre, le premier dans le camp des prétoriens, l’autre à l’extérieur. Il en arrivèrent rapidement à promettre cinq mille drachmes (20000 HS, soit plus de 20000 €) à chaque homme. Des soldats étaient chargés de faire la navette et de dire à Julianus : « Sulpicianus donne tant, qu’est-ce que tu ajoutes ? », ils allaient alors trouver Sulpicianus : « Julianus promet tant, de combien surenchéris-tu ? ». Sulpicianus l’aurait emporté (il se trouvait dans le camp, il était préfet de la Ville, il avait annoncé le premier le chiffre de vingt mille) si Julianus n’était monté, non plus progressivement mais d’un seul coup, à vingt-cinq mille drachmes, en le criant très fort et en montrant la somme sur ses doigts. Alors les soldats, à la fois fascinés par ce coup de poker et redoutant que Sulpicianus ne décide de venger Pertinax, ce que Julianus leur avait laissé entendre, permirent à ce dernier d’entrer dans le camp et le proclamèrent empereur. (Dion Cassius, LXXIV, 11).

 

Mais les armées de Bretagne, de Syrie, de Pannonie commandées par Pescennius Niger et d'Illyrie commandées par Septime Sévère acclament chacune son empereur.

 

Abandonné de tous, Julianus est condamné à mort avec désinvolture par le sénat qui proclame Septime Sévère empereur.

Missi autem a senatu quorum cura per militem gregarium in Palatio idem Iulianus occisus est fidem Caesari implorans, hoc est Severi.

Une délégation du sénat chargea un simple soldat de tuer dans son palais Julianus qui implorait la clémence de César, c’est-à-dire de Sévère.

¤foneæyh, tosoèton mñnon eÞpÅn: kaÜ tÛ deinòn ¤poÛhsa; tÛna Žp¡kteina;

Il fut tué en prononçant ces seuls mots : « Mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Qui ai-je tué ? ». (Dion Cassius, LXXIV, 17).

 

Didius Julianus était âgé de soixante ans selon Dion Cassius, de cinquante-six selon l’Histoire Auguste.


Les Sévères

 

Septime-Sévère, 193-211

 

SEVERVS PIVS AVG

Né le 8 avril 146 à Leptis Magna en Afrique (Libye),

Afrum quiddam usque ad senectutem sonans

il garda jusque dans sa vieillesse son accent africain. (Histoire Auguste, Sévère, XIX,9).

il fait une brillante carrière militaire sous les règnes de Marc Aurèle et de Commode. Gouverneur de Pannonie Supérieure, il est acclamé Empereur le 13 avril 193 et élimine rapidement Didius Julianus. En 195, il entre fictivement dans la famille antonine. En 197, il se débarrasse de son dernier adversaire, Albinus, qui s'était proclamé Auguste.

 

Il donne en 196 le titre de César à Caracalla qui devient Auguste en 198 quand Géta, son frère cadet devient César.

 

Sévère passe quinze ans à consolider les frontières de l'Empire en remportant de nombreuses victoires sur les Parthes (197/8), en Afrique (207), enfin en Bretagne (208-211).

 

211 Mort de Septime Sévère à York.

Ses dernières paroles à ses fils, dont Dion Cassius (LXXVII, 15) garantit l’authenticité :

õmonoeÝte, toçw stratiÅtaw ploutÛzete, tÇn llvn p‹ntvn katafroneÝte

« Entendez-vous, enrichissez les soldats et moquez-vous de tout reste ! »

 

De hoc senatus ita iudicavit illum aut nasci non debuisse aut mori. Quod et nimis crudelis et nimis utilis rei publicae videretur.

Voici le jugement que porta sur lui le sénat : « il aurait dû ne pas naître ou ne pas mourir ». En effet, il paraissait avoir été à la fois trop cruel et trop utile à l’État. (Histoire Auguste, Sévère, XVIII,7).

 


Geta 211-212

 

L Septimus Geta, né le 27 mai 189. Associé à l’empire avec son frère ou demi-frère Caracalla qui le fait assassiner dès qu’il en trouve l’occasion.

Comme Géta se méfiait de tous, Caracalla lui donne rendez-vous dans l’appartement de sa mère et c’est là qu’il le fait frapper. Géta meurt dans les bras de sa mère en criant :

m°ter, m°ter, tekoèsa tekoèsa, bo®yei, sf‹zomai « Ma mère, ma mère, toi qui m’as mis au monde, toi qui m’as mis au monde, au secours, on va me tuer ! »

 

Caracalla l’a en outre condamné à la damnatio memoriae : beaucoup d’inscriptions mentionnant son nom ont été martelées.

 


Caracalla 211-217

 

M Aurelius Antoninus. Fils de Septime-Sévère né le 4 avril 188, il est d’abord associé à l’empire avec le titre de César et de Princeps Iuventutis. A la mort de son père, il règne conjointement avec son frère Geta qu’il fait assassiner l’année suivante.

Il inaugure son règne par des massacres.

Fuit praeterea eius inmanitatis Antoninus, ut his praecipue blandiretur, quos ad necem destinabat, ut eius magis blandimentum timeretur quam iracundia.

Antoninus (Caracalla) fut en outre d’une telle cruauté qu’il prenait soin tout particulièrement de ceux qu’il avait décidé d’assassiner, si bien qu’on craignait davantage ses prévenances que sa colère.

Voyages et campagnes à travers l'empire.

ANTONINVS PIVS AVG BRIT

 

212 Constitution Antonine : tous les hommes libres de l'Empire deviennent citoyens romains.

„RvmaÛouw p‹ntaw toçw ¤n t» Žrx» aétoè, lñgÄ m¢n timÇn, ¦rgÄ d¢ ÷pvw pleÛv aétÒ kaÜ ¤k toè

toioætou prosÛú, diŒ tò toçw j¡nouw tŒ pollŒ aétÇn m¯ sunteleÝn, Žp¡deijen.

Il fit citoyens romains tous les hommes [libres] de son empire, soi-disant pour leur faire honneur, mais en pratique pour augmenter ses revenus par ce moyen-là aussi, puisque les étrangers étaient exemptés de la plupart de ces impôts. (Dion Cassius, LXXVIII, 9)

Rome cesse de ce fait d’être la maîtresse du monde, elle n'en est plus que la capitale.

Il faut croire pourtant que cette décision, que nous considérons comme si importante, ne présentait guère d’intérêt pour les contemporains (Dion Cassius ne lui consacre que les quelques mots ci-dessus) et pour les Anciens : l’Histoire Auguste et Eutrope n’en parlent même pas :

M. igitur Aurelius Antoninus Bassianus, idemque Caracalla, morum fere paternorum fuit, paulo asperior et minax. Opus Romae egregium fecit lavacri, quae thermae Antoninianae appellantur, nihil praeterea memorabile

Marcus Aurelius Antoninus Bassianus, connu aussi sous le nom de Caracalla, eut un comportement semblable à celui de son père, un peu plus rude et un peu plus inquétant. Il fit construire à Rome un remarquable établissement de bains, que l’on appelle les thermes de Caracalla (« Antoniniens »), il ne fit rien d’autre qui soit digne d’être rappelé. (Eutrope)

 

8 avril 217 Caracalla est assassiné entre Carrhes et Edesse cum levandae vessicae gratia ex equo descendisset « comme il était descendu de cheval pour se soulager la vessie » (Histoire Auguste, Caracalla, VII,1).

 

Ipse Caracalli nomen accepit a vestimento quod populo dederat demisso usque ad talos. Quod ante non fuerat. Unde hodieque Antoninianae dicuntur caracallae huiusmodi in usu maxime Romanae plebis frequentatae.

Lui-même reçut le nom de Caracallus d’une sorte de vêtement qu’il fit donner au peuple et qui tombait aux talons, ce qui ne s’était jamais fait auparavant. Pour cette raison , aujourd’hui encore, on appelle « Antoniens » cette sorte de caracalla portée surtout par la plèbe de Rome. (Histoire Auguste, Caracalla, IX,7).

 


Macrin 217-218

 

auteur de l'attentat contre Caracalla.

Occiso ergo Antonino Bassiano Opilius Macrinus, praefectus praetorii eius, qui antea privatas curabat, imperium arripuit, humili natus loco et animi atque oris inverecundi

Lorsqu’ Antoninus Bassianus (Caracalla) eut été tué, Opilius Macrinus, son préfet du prétoire, qui avait auparavant géré ses biens privés, s’empara du pouvoir. Il était issu d’une famille obscure et n’inspirait le respect ni par ses qualités morales, ni par ses qualités physiques.

 

De fait, je ne sais pas si Macrin était laid, mais il faisait preuve d’une cruauté étonnante, même dans un siècle aussi brutal, et imaginait des supplices aussi surprenants que répugnants.

In verberandis [vel] aulicis tam inpius, tam pertinax, tam asper, ut servi illum sui non Macrinum dicerent, sed Macellinum, quod macelli specie domus eius cruentaretur sanguine vernularum.

Quand il faisait fouetter les esclaves du palais, il se montrait si injuste, si opiniâtre, si dur, que ses esclaves ne l’appelaient pas Macrinus mais Macellinus (le garçon boucher) parce que comme un macellum (une boucherie) sa maison était empourprée du sang de sa domesticité.

 

Lassés de supporter un chef aussi sanguinaire, ses soldats un beau jour de juillet 218 lui tranchent la tête qu’ils apportent en hommage à Elagabal.


Elagabal (ou Héliogabale) 218-222

 

ANTONINVS PIVS FEL(ix) AVG

 

M Aurelius Antoninus. Neveu de Caracalla, prêtre du dieu sémite dont il prend le nom, il se trouve en Syrie lorsqu’il est proclamé empereur le 15 mai 218 et n’arrive à Rome qu’en 219 :

Une journée de printemps, en l'an 219 après Jésus-Christ, l'Urbs vit arriver le plus bizarre de tous les « Auguste » : un jeune garçon tout vêtu de soie rouge, du rouge aux lèvres, les sourcils soulignés de henné un rang de perles autour du cou, des bracelets d'émeraudes aux poignets et aux chevilles, une couronne de diamants sur la tête. Elle ne l'en acclama pas moins. Désormais, aucune mascarade ne pouvait plus la scandaliser. Indro Montanelli, Histoire de Rome.

 

Il meurt assassiné après un règne d'extravagances et de dérèglements.

Caedit et humanas hostias lectis ad hoc pueris nobilibus et decoris per omnem Italiam patrimis et matrimis.

Il sacrifia aussi des victimes humaines, faisant choisir pour cela dans toute l’Italie des garçons nobles et sans défauts physiques, ayant leur père et leur mère. (Histoire Auguste, Antonin Élagabal, VIII).

 

Le salut à l’empereur à l’époque d’Elagabal :

Domine imperator ave.

prñsei[pe] oåa eÞkòw ·n "kærie aétokr‹tor xaÝre". (Dion Cassius, LXXX16)

(Précisons, pour définir superficiellement le personnage d’Elagabal, qu’il aurait répondu en faisant des mines et en lançant des œillades : « m® me l¡ge kærion: ¤gÆ gŒr kurÛa eÞmÛ Noli me dicere dominum ego enim domina sum Ne me dis pas Seigneur, tu vois bien que je suis une Dame ! »)


Alexandre-Sévère 222-235

 

M Aurelius Severus Alexander, né en 205, cousin du précédent ; caractère doux, mais sans énergie. Il opère de nombreuses réformes à l'instigation de son préfet du prétoire, le juriste Ulpien.

 

226-232 Expédition contre les Perses ; résultat indécis.

 

235 Parti contre les Alamans, il tente de négocier avec eux ; est assassiné par ses soldats à Mayence.

 

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Le Bas-Empire : 235-476

 

 


 

Histoire de Rome: sommaire général