Noctes Gallicanae
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Abrégé d'Histoire
romaine |
La République se meurt...
Au
cours des guerres de conquête, se rompt à l'intérieur l'équilibre entre les
classes sociales péniblement réalisé au IIIe siècle : la noblesse
prétend tirer tous les bénéfices des conquêtes.
133 Ti. Sempronius Gracchus, tribun du peuple, fait voter une lex agraria ordonnant
de distribuer aux pauvres une partie de l'ager publicus. Il
est tué par P. Cornelius Scipion Nasica. Pourtant, sa loi agraire fut appliquée
sous le contrôle de triumvirs. L'un de ces triumvirs était son frère Gaius.
Mais le Sénat suspend l'application de la loi, quand il s'agit de lotir l'ager publicus de Campanie : beaucoup de sénateurs sont
locataires des riches terres campaniennes.
130
Le censeur Q. Metellus Numidicus invite les citoyens romains à avoir des
enfants.
123-121
C. Sempronius Gracchus reprend la lutte, avec plus de prudence que son frère.
Il fait voter plusieurs lois populaires. Les principales sont : une lex agraria
; une lex frumentaria, instituant des distributions de blé à bas prix ; une lex judiciaria qui confie les jugements aux chevaliers et non
plus aux sénateurs ; une loi étendant le droit de cité. Il est réélu tribun
pour l'année suivante.
122
Mais son collègue M. Livius Drusus le supplante dans la faveur populaire.
121 Gaius Gracchus est tué au cours d'une émeute par les nobles, que
conduit le consul L. Opimius.
On récolte cette année-là un vin d’une qualité
exceptionnelle : on en garde encore le souvenir à l’époque de Néron,
puisque le Trimalchion de Pétrone fait servir du Falernvm Opimianvm annorvm centvm !
La
plèbe reste dans Rome et s'y multiplie. Elle va fournir aux ambitieux du Ier
siècle des soldats et des partisans armés.
112-106 Guerre contre Jugurtha.
112
Jugurtha, en lutte contre son frère Adherbal, s'empare de Cirta et y massacre
les marchands romains, il règne sur toute la Numidie. Le peuple romain lui
déclare la guerre.
111
Après avoir envahi la Numidie, le consul L. Calpurnius Bestia conclut avec Jugurtha
une paix peu onéreuse pour ce dernier.
110
Reprise de la guerre au cours de l'été.
109
Après un désastre pour les Romains, le consul Q. Caecilius Metellus bat
Jugurtha sur le Muthrul.
108
Jugurtha fuit chez Bocchus, roi de Mauritanie.
107 Marius, consul pour la première fois et nommé par le peuple à la place de
Metellus, est vainqueur de Jugurtha à Cirta (Constantine) et à Capsa.
105 Sylla, questeur de Marius,
obtient que Bocchus lui livre Jugurtha :
Il se trouvait que Bocchus
depuis longtemps haïssait et craignait son gendre Jugurtha, qui, vaincu, venait
de se réfugier auprès de lui. Résolu à le trahir, il appela Sylla, préférant
que Jugurtha fût appréhendé et livré par celui-ci plutôt que par lui-même.
Sylla, ayant communiqué l'affaire à Marius, prit avec lui quelques soldats et
s'exposa au plus grand danger en se confiant à un barbare qui faisait preuve de
déloyauté même à l'égard de ses plus proches parents, et en se mettant lui-même
entre ses mains pour en retirer un autre. Cependant Bocchus, se voyant maître
des deux et s'étant placé dans l'obligation de trahir l'un ou l'autre, après
avoir balancé longtemps entre les deux partis, finit par confirmer sa première
trahison et livra Jugurtha à Sylla. Ce fut, il est vrai, Marius qui eut pour ce
fait les honneurs du triomphe, mais la gloire d'avoir réussi fut attribuée à
Sylla par ceux qui jalousaient Marius, ce qui jeta dans l'âme de celui-ci un
secret dépit. (Plutarque, Vie
de Sylla, 3)
113-101 Guerres contre les Cimbres et les Teutons. Les Cimbres, peuple germain venu du Danemark
actuel, font invasion dans le Norique. Le consul Papirius Carbo, envoyé contre
eux, est battu en 113. Les Cimbres, auxquels se joignent des Helvètes, pillent
la Gaule.
105
Les Romains sont vaincus par les Cimbres à Orange. Les Cimbres et les Teutons
(autre peuplade germanique) marchent sur l'Italie.
102 Marius écrase les Teutons
près d'Aix-en-Provence :
Alors ils résolurent de se
remettre en marche, espérant passer les Alpes sans coup férir. Ils plièrent
donc bagage et défilèrent le long du camp romain. C'est alors surtout que l'on
se rendit compte de l'immensité de leur nombre par la longueur du temps que
dura leur passage, car ils longèrent, dit-on, sans interruption le
retranchement de Marius pendant six jours. Ils passaient tout près et
demandaient en riant aux Romains s'ils n'avaient rien à faire dire à leurs
femmes, car ils seraient bientôt auprès d'elles. Quand les barbares eurent
dépassé le camp des Romains et commencèrent à s'éloigner, Marius à son tour
leva le camp et les suivit pas à pas, se tenant toujours tout près en face
d'eux, mais se couvrant de retranchements solides et de fortes positions, afin
de passer la nuit en sûreté. [...] Les Romains les poursuivirent et en tuèrent
ou prirent vivants plus de cent mille, ils s'emparèrent aussi des tentes, des
chariots et des bagages. [...] Les auteurs, d'ailleurs, ne sont pas tous
d'accord sur le nombre des morts. Ils disent en outre que les Massaliotes
firent avec les ossements des murs d'enclos pour leurs vignes et que la terre
où pourrirent les cadavres, après les pluies d'hiver, se trouva tellement
engraissée et remplie en profondeur de tant de matières décomposées qu'elle produisit
à la belle saison une récolte extraordinaire. (Plutarque,
Vie de
Marius, 18-21)
101 Marius bat les Cimbres
à Verceil dans le Nord de l'Italie.
Ceux-ci envoyèrent réclamer à
Marius, pour eux et pour leurs frères, des terres et des villes en suffisance
pour s'y établir. Marius demanda à leurs députés qui étaient leurs frères. Ils
nommèrent les Teutons. Tout le monde se mit à rire autour de Marius, qui leur
dit d'un ton railleur : " Laissez donc là vos frères ; ils ont la terre
que nous leur avons donnée et ils la conserveront toujours. " Les députés,
comprenant l'ironie, l'injurièrent et le menacèrent de la vengeance immédiate
des Cimbres, puis de celle des Teutons, lorsque ceux-ci seraient arrivés. Mais
ils sont ici, dit Marius, et il ne serait pas bien à vous de partir avant
d'avoir embrassé vos frères. En disant ces mots, il fit amener enchaînés les
rois des Teutons, car, alors qu'ils fuyaient à travers les Alpes, ils avaient
été pris par des Séquanes.
(Plutarque, Vie de
Marius, 24)
La
bataille constitue un véritable massacre :
Les Romains, quand ils eurent
repoussé les fuyards jusqu'à leurs retranchements, assistèrent aux scènes les
plus tragiques: les femmes, vêtues de noir, dressées sur les chariots, tuaient
leurs maris, leurs frères ou leurs pères qui fuyaient, puis, étouffant de leurs
mains leurs enfants en bas âge, elles les jetaient sous les roues des chariots
et sous les pieds des bêtes de somme avant de s'égorger elles-mêmes. On dit que
l'une d'elles se pendit à l'extrémité d'un timon après avoir attaché à chacune
de ses chevilles une corde enserrant le cou de ses enfants et que les hommes,
faute d'arbres, se pendaient par la gorge aux cornes ou aux pattes des boeufs,
puis, en les piquant de l'aiguillon, les faisaient bondir ; ils périssaient ainsi,
traînés et piétinés par les bêtes. Cependant, en dépit de tous ces suicides on
fit plus de soixante mille prisonniers, et l'on dit que les tués furent deux
fois plus nombreux.
(Plutarque, Vie de Marius, 27)
91-88 Guerre sociale contre les " Alliés ", socii populi Romani.
91
M. Livius Drusus tribun de la
plèbe se prononce en faveur du droit de cité aux Latins.
91
Les peuples italiens particulièrement les Marses et les Samnites, se révoltent
contre Rome qui leur refuse le droit de cité et massacrent en grand nombre les
citoyens romains : les Italiens continuaient d'être traités par Rome plus en
vaincus qu'en alliés.
90
Les deux consuls, L. Julius Caesar et Rutilius Lupus, sont battus dans
l'Apennin. Suivent des victoires sans conséquences de Julius Caesar et de
Marius.
90 Lex Julia, donnant le droit de cité aux villes non révoltées qui
le demandent.
89 Victoires de Sylla en Campanie et dans le Samnium.
89 Les lois Plautia Papiria et Pompeia accordent le droit de cité
aux Italiens.
88 Soumission complète de l'Italie.
88-85 Première guerre contre
Mithridate.
88
Mithridate VI Eupator (né en 132), roi du Pont, s'empare de l'Asie où il fait massacrer
80000 Italiens, passe en Grèce où il gagne l'alliance d'Athènes, de la Béotie
et du Péloponnèse. Par peur d'être empoisonné, il absorbe régulièrement de
petites doses de poison pour se prémunir : c'est la mithridatisation.
Les
guerres contre Mithridate sont d'abord dirigées par Sylla, puis par Lucullus.
Il s'agit de défendre les possessions romaines et aussi (surtout ?) de réaliser
d'énormes bénéfices dans une région très riche.
88-82 Première
guerre civile (entre Marius et Sylla).
88 Marius obtient de remplacer Sylla dans le commandement de la
guerre contre Mithridate. Sylla,
à la tête de ses légions, s'empare de Rome, chasse les partisans de Marius et
modifie la constitution dans le sens aristocratique. Marius s'est enfui en
Afrique.
87 Sylla quitte l'Italie pour assiéger Athènes, des troubles éclatent à Rome. Le consul
Cinna, ennemi de Sylla, est banni par son collègue ; mais il revient avec
Marius, qui a débarqué en Étrurie, et tous deux s'emparent de Rome. Marius
exerce d'affreuses représailles (proscriptions), mais meurt subitement (13
janvier 86).
86 Prise d'Athènes par Sylla
; victoires de Sylla en Béotie, à Chéronée et à Orchomène, sur les généraux de
Mithridate.
86 Mort de Marius. Le
pouvoir reste au parti populaire. Paix conclue à Dardanos, entre Sylla et
Mithridate.
83-82
Deuxième guerre contre Mithridate : l'armée romaine est commandée par le
propréteur Murena.
83
A demi victorieux de Mithridate, Sylla débarque à Brindes, à la tête de son
armée pour mettre à la raison ses adversaires politiques. C'est la Seconde
Guerre Civile.
82
Aidé de Q. Metellus, Sylla est vainqueur des Marianistes en Italie, tandis que
Pompée triomphe de ceux-ci en Afrique et en Sicile ; mais le chef
démocrate Q Sertorius se retire en
Espagne qui se soulève.
Sylla
entre à Rome.
Il rassembla six mille hommes
au total, dans le cirque à Rome et en même temps convoqua le sénat au temple de
Bellone. Au moment même où il commençait à parler, des soldats désignés pour
cette tâche se mirent à massacrer les six mille hommes. Naturellement les cris
de tant d'hommes que l'on égorgeait dans un étroit espace furent entendus des
sénateurs, saisis d'épouvante. Mais Sylla, continuant son discours d'un air
calme et impassible, les pria de n'être attentifs qu'à ses paroles, sans se
préoccuper de ce qui se passait au dehors, car il ne s'agissait que de quelques
criminels que l'on châtiait sur son ordre. (Plutarque, Vie de Sylla, 30) Appien (I, 93) parle de
8000 prisonniers (même nombre dans les Periochae) massacrés à coup de javelots ÷ti SaunÝtai tò pl¤on ·n parce que la plupart étaient
Samnites. Appien aurait pu ajouter
« et Marses » : la guerre sociale n’était pas loin et les
Italiens qui n’avaient pas oublié les brutalités de Sylla s’étaient ralliés à
ses adversaires. Voyez ma page sur la Campanie.
« [Sylla] mit en place une procédure d'élimination
des membres de l'aristocratie qui avaient été partisans d'une guerre à
outrance : ce furent environ 520 sénateurs et chevaliers qui furent
frappés par la proscription qui équivalait à une condamnation à mort
obligatoire en tous lieux et en tous temps, mais assortie de peines accessoires
terribles : privation de sépulture, mutilation du cadavre, abolition de la
mémoire, confiscation de tout le patrimoine et exclusion de la cité des fils et
petits-fils. C'est ce caractère systématique d'une répression qui visait à
éradiquer les familles des ennemis les plus irréductibles (cette éradication
ayant en outre pour fonction d'éviter que les descendants puissent un jour
réclamer vengeance) aussi bien que le caractère spectaculaire de la procédure
(affichage des noms, exécutions publiques, exposition des têtes au Forum) qui
ont fait de la proscription la forme d'épuration la plus terrible que Rome ait
connue, même si, en fait, les exemples de règlements de comptes sur une grande
échelle et avec des actes de cruauté inouïe ne manquent pas dans cette
période. » (François Hinard, professeur en Sorbonne, La République
romaine).
82-80 Sylla exerce le pouvoir.
õ d¢ Sællaw bÛ& m¢n kaÜ ngkú,
lñgÄ d'aßretñw, ¤w aÞeÜ dikttvr genñmenow ÷mvw...
mais Sylla, devenu dictateur à vie, théoriquement
par élection, pratiquement par la force et par la contrainte... Appien,
B.C. I, 3.
Sylla avait déjà
annoncé qu'il était prêt à assumer cette fonction [celle de dictateur] :
mais comme cette magistrature n'avait pas été renouvelée depuis la deuxième
guerre punique, il n'y fut pas « nommé », mais élu par le suffrage
populaire (dans les derniers jours de l'année 82) et il se choisit comme maître
de cavalerie l'interroi qui avait proposé son nom aux comices. Sa fonction
était définie par l'intitulé dictator legibus scribundis et rei publica
constituendae, formule qui peut se rendre par l'équivalent « dictateur
à pouvoirs constituants. » (François Hinard, ibid.).
Legibus
novis rei pub. statum confirmavit, tribunorum pleb. potestatem minuit et omne
ius legum ferendarum ademit, pontificum augurumque collegium ampliavit ut
essent XV, senatum ex equestri ordine supplevit, proscriptorum liberis ius
petendorum honorum eripuit et bona eorum vendidit, ex quibus plurima primo
rapuit.
Par de nouvelles lois, il renforça la stabilité de l’état :
il diminua le pouvoir des tribuns et leur ôta le droit en toutes circonstances
de proposer des lois, il augmenta le nombre des membres du collège des pontifes
et des augures en le portant à 15, il compléta le sénat en y admettant des gens
de l’ordre équestre, il supprima aux enfants des proscrits le droit de briguer
les magistratures et vendit leurs biens, non sans en détourner au passage la
majeure partie. Periochae, 89.
Ajoutons
une œuvre importante dans le domaine judiciaire tout comme dans le domaine
politique.
79 Départ de Sylla.
Toè d' ¤piñntow ¦touw Sællaw kaÛper Ìn dikttvr ¤w êpñkrisin
÷mvw kaÜ sx°ma dhmokratik°w rx°w êp¡sth kaÜ ìpatow aïyiw gen¡syai sçn Met¡llÄ
tÒ EésebeÝ L’année
suivante (~81) bien qu’il fût dictateur, Sylla se chargea, à la fois pour jouer
le jeu et conserver la forme d’un gouvernement démocratique, a d’un second
consulat avec pour collègue Metellus Pius.
Appien, B.C., I, 103.
Il est clair,
maintenant, que Sylla n'a pas voulu établir une monarchie comme le pensait
Jérôme Carcopino, mais qu'au contraire tout son effort a été de rétablir la
République dans son fonctionnement idéal : la preuve en est qu'il abdiqua
la dictature avant la fin de l'année 81 pour revêtir ensuite le consulat, puis
se retirer de la vie politique. (F. Hinard, ibid.).
Il abandonna le pouvoir suprême alors même qu’il ne subissait
d’attaque de personne. Voilà qui est pour moi un sujet d’étonnement et
d’admiration : Sylla le premier et le seul jusqu’ici, sans y avait été
contraint par personne abandonne un pouvoir aussi considérable, et non pas en
faveur de ses fils, comme Ptolémée en Égypte ou Ariobarzane en Cappadoce ou
Seleucus en Syrie, mais en faveur de ceux-là même sur lesquels il avait
régné ! [...]
Il licencia ses licteurs avec leurs haches et repoussa ses
gardes du corps puis, seul, simplement accompagné de ses amis, il se promena
longtemps sur le forum, et la foule le regardait toute pleine encore de crainte.
C’est au moment où il prenait le chemin de sa maison qu’un gamin lui adressa
des reproches et, comme personne ne l’écartait, il osa le suivre jusqu’à sa
maison en lui lançant des plaisanteries douteuses. Les hommes et les cités les
plus puissants avaient essuyé l’extrême violence du caractère de Sylla, et
pourtant, il supporta impassiblement ce gamin et arriva ainsi devant sa maison.
Alors, il prédit l’avenir soit par clairvoyance soit par hasard en
disant : « Ce gamin que voici a rendu impossible désormais qu’un
autre homme disposant d’un pouvoir comme le mien puisse
l’abandonner ! » Appien,
G.C., I, 103-104.
Quelques
mois après, dit Plutarque, pendant un spectacle, Sylla sentit qu’on arrachait
un fil de sa toge. Surpris, il se retourna et vit une charmante jeune femme qui
lui dit :
« oéd¢n
deinñn, aétñkrator, ll boælomai t°w s°w kgÆ mikròn eétuxÛaw
metalabeÝn. »
« Ne t’inquiète pas, imperator, je veux seulement prendre
moi aussi une petite part à ta chance ! »
Sylla
tombe immédiatement sous le charme, apprend qu’il s’agit d’une jeune veuve
nommée Valeria, fille de Valerius Messala... œillades, sourires ... et mariage.
78
Mort de Sylla.
78-77
Agitation du consul Lepidus qui excite la plèbe et les paysans dépossédés par
les vétérans de Sylla, il promet l'abolition de la constitution de Sylla et se
met à la tête d'une insurrection. Il est vaincu par Catulus près de Rome et en
Étrurie par Pompée.
73 Guerre servile contre Spartacus. Un esclave thrace, Spartacus, conduit une révolte des esclaves
en Italie. Dix légions sont levées pour en venir à bout.
Avant la bataille décisive,
Spartacus se fit amener son cheval, tira son épée, et dit que, vainqueur, il trouverait
chez les ennemis beaucoup de beaux chevaux, et que, vaincu, il n'en aurait pas
besoin; là-dessus, il égorgea le cheval. (Plutarque,
Vie de
Crassus, 11)
Crassus,
vainqueur, fait crucifier les esclaves survivants le long de la voie Appienne.
Pompée achève d'anéantir les bandes qui restent en Italie.
74-66 Troisième guerre contre Mithridate, dirigée par L. Licinius Lucullus.
74 Mithridate occupe la Bithynie, léguée aux
Romains par son roi Nicomède III.
73
Lucullus, à la tête d'une armée romaine, s'empare de la Bithynie et pénètre
dans le Pont.
71
Victoire de Lucullus sur Mithridate à Cabira. Mithridate se réfugie chez son
gendre Tigrane, roi d'Arménie, qui domine la Mésopotamie du Nord.
69
Victoire de Lucullus sur Tigrane à Tigranocerte.
68-67
Lucullus marche sur Artaxata, située à l'autre extrémité du royaume. Ses
troupes se révoltent. Mithridate reprend l'offensive. Les Romains se retirent.
70 Pompée et Crassus consuls
: la constitution de Sylla est abolie : la puissance des tribuns est relevée,
les tribunaux formés de sénateurs, de chevaliers et de " tribuns du trésor
", tribuni aerarii, classe de citoyens un peu moins riches que
celle des chevaliers.
70
Procès et condamnation de Verrès.
67 Guerre des pirates.
Toute la Méditerranée était infestée par des pirates que personne n'arrivait à
réduire.
Les piratesPlutarque, Vie de Pompée, 24 : Déjà des hommes puissants par leur richesse, de
naissance illustre et d'une intelligence estimée supérieure s'engageaient dans
la piraterie et prenaient part à ce genre d'expéditions, comme si elle
devaient leur apporter honneur et gloire. Il existait en beaucoup d'endroits
des mouillages pour les bateaux des pirates et des postes fortifiés de
signalisation ; ils ne disposaient pas seulement pour attaquer d'escadres
qui, par l'importance des équipages, à habileté des pilotes, la rapidité et
la légèreté des embarcations, étaient bien adaptées à leur tâche : ce qu'il y
avait là de redoutable était encore moins affligeant que l'appareil
odieusement fastueux de ces mâts dorés, de ces tapis de pourpre, de ces rames
plaquées d'argent comme si les pirates s'enorgueillissaient et étaient fiers
; de leur malfaisance. Sur tous les rivages, ce n'étaient que musiques de
flûtes ou d'instruments à cordes, scènes d'ivresse, enlèvements de grands
personnages, prises de villes et rançons exigées d'elles, à la honte de la
puissance romaine. Les navires des pirates dépassèrent le nombre de mille, et
les cités dont ils s'emparèrent étaient plus de quatre cents [...] Mais
voici quel fut le comble de leur insolence : quand un de leurs prisonniers
s'écriait qu'il était Romain et disait son nom, ils simulaient la stupeur et
la crainte, ils se frappaient les cuisses et tombaient à ses pieds en
implorant son pardon et lui se fiait à leur posture humble et suppliante.
Puis ils le chaussaient à la romaine et lui mettaient une toge, pour éviter,
disaient-ils, qu'il ne fût pas reconnu une autre fois. Après s'être ainsi
moqués de lui et l'avoir bafoué longtemps, finalement ils jetaient une
échelle qui donnait sur la pleine mer et lui enjoignaient de descendre et de
partir, accompagné de leurs bons voeux ; s'il refusait, ils le poussaient
dans l'eau et le noyaient. |
La
lex Gabinia, donne à Pompée des pouvoirs très étendus
pour leur faire la guerre. En trois mois, il détruit complètement la piraterie.
66
La lex Manilia confie à Pompée, récemment vainqueur des
pirates, le commandement de la guerre contre Mithridate. Pompée est vainqueur
et reçoit la soumission de Tigrane. Mithridate s'enfuit.
61
Pompée organise la province romaine de Pont et Bithynie. Il passe en Syrie et
crée la province romaine de Syrie.
63
Pompée intervient dans les affaires de Judée et entre à Jérusalem. Mithridate,
abandonné par son fils Pharnace et ses troupes, se fait tuer par un garde du
corps, après avoir essayé en vain de se suicider par le poison.
63 Conjuration de Catilina.
L. Sergius Catilina, à la tête de patriciens endettés et d'autres mécontents,
cherche à s'empare de Rome. Le consul Cicéron découvre la conspiration,
prononce les Catilinaires, fait exécuter les complices de Catilina à Rome.
62
Catilina, qui s'était mis à la tête d'une armée, est vaincu et tue à Pistoia en
Etrurie.
62
Pompée revient d'Asie à la fin de l'année. Il licencie ses troupes et rentre à
Rome où il reçoit l'un des triomphes les plus grandioses.