Plutarque, le doux
Plutarque, admirait les vertus des anciens Spartiates.
Il a consacré un livre des Vies
parallèles à Lycurgue et ne manque jamais lorsque l’occasion se présente de
citer le mot célèbre d’un Spartiate ou un trait de civilisation lacédémonien.
Sparte, qui a prétendu
libérer la Grèce de la tyrannie athénienne, ne fait que lui substituer son
hégémonie.
Contrainte à un compromis
entre l’alliance perse, qui lui fournit les subsides indispensables, et la
protection des Grecs d’Asie, Sparte abandonne les cités d’Asie Mineure (386).
Cependant Athènes et Thèbes
se rapprochent (379), et la victoire d’Épaminondas à Leuctres (371) met fin à
l’hégémonie spartiate.
J’ai écrit en caractères bleu-vert foncé la traduction des répliques que Plutarque rapporte en dorien.
ARGILEVNIDOS
ArgilevnÜw ² BrasÛdou m®thr, teleut®santow aét» toè ußoè, Éw
paragenñmenoÛ tinew tÇn AmfipolitÇn eÞw Sprthn ¸kon pròw aét®n, ±rÅthsen
eÞ kalÇw kaÜ jÛvw t°w Sprthw õ ußòw ¤teleæta: megalunñntvn d' ¤keÝnon
kaÜ legñntvn riston ¤n toÝw toioætoiw ¦rgoiw pntvn LakedaimonÛvn eänai,
eäpen "Î j¡noi, kalòw m¢n ·n kgayòw õ paÝ mou, polloçw d' ndraw LakedaÛmvn
¦xei t®nv krronaw".
Argiléonis, la mère de
Brasidas, après la mort de son fils [à la bataille d’Amphipolis, en 422],
demanda à une délégation d’Amphipolis qui se trouvait à Sparte et qui était venue
lui rendre visite si la mort de son fils avait été glorieuse et digne de
Sparte. Les gens d’Amphipolis glorifièrent Brasidas et dirent qu’il était de
tous les Lacédémoniens le meilleur dans l’art de la guerre. Elle leur
répondit : « Étrangers, mon fils était un
homme d’honneur et de bien, mais Lacédémone en possède beaucoup de meilleurs
que lui. »
GORGOUS
GorgÆ basil¡vw
Kleom¡nouw yugthr, Aristagñrou toè MilhsÛou parakaloèntow aétòn ¤pÜ
tòn pròw Basil¡a pñlemon êp¢r IÅnivn kaÜ êpisxnoum¡nou xrhmtvn pl°yow
kaÜ ÷sÄ nt¡lege pleÛona prostiy¡ntow "katafyereÝ se, ¦fh, Î pter,
tò jenællion ¤n m¯ txion aétòn t°w oÞkÛaw ¤kblúw".
Gorgô, la fille du roi Cléomène [370-309].
Aristagoras de Milet suppliait son père de déclarer la guerre au roi de Perse
pour venir en aide aux Ioniens. Il promettait une grosse somme d’argent et
augmentait cette somme au fur et à mesure que Cléomène élevait des objections.
« Il va te ruiner, mon père, dit Gorgô, cette espèce d’étranger, si tu ne
le jettes pas assez vite hors de cette maison ! » (1)
Prostjantow
d¡ pote aét» toè patròw doènaÛ tini sÝton eÞw misyoè lñgon kaÜ prostiy¡ntow,
"¤dÛdaje gr me tòn oänon xrhstòn poieÝn", "oékoïn, Î pter,
¦fh, ÷ t' oänow pleÛvn ¤kpoy®setai kaÜ oß pÛnontew yruptikÅteroi kaÜ xeÛronew
gen®sontai".
Comme son père lui demandait un jour de donner du
blé en récompense à quelqu’un en ajoutant : « C’est parce qu’il m’a
appris à améliorer le vin », elle répondit : « Eh bien alors, on
consommera davantage de vin et ceux qui en boiront deviendront plus délicats et
plus mauvais ! » (2)
Tòn d' Aristagñran
êpñ tinow tÇn oÞketÇn êpodoæmenon yeasam¡nh, "pter, ¦fh, õ j¡now xeÝraw
oék ¦xei".
Voyant Aristagoras se faire chausser par l’un de ses
serviteurs, elle s’écria : « Père, l’étranger n’a pas de
mains ! » (3)
J¡nou d¡ tinow
malakÇw kaÜ sxol» prosagagñntow, parvsam¡nh aétñn "oék pei ¤nteèyen, eäpen,
oéd¢ t t°w gunaikòw dunmenow;"
Un étranger marchait mollement et en prenant son
temps, elle le bouscula en disant : « Ne reviens pas ici, tu n’es
même pas capable d’y jouer un rôle de femme ». (4)
ErvthyeÝsa d¢
êpñ tinow Attik°w "di tÛ êmeÝw rxete mñnai tÇn ndrÇn aß
Lkainai;", "÷ti, ¦fh, kaÜ tÛktomen mñnai ndraw"
A la question d'une Athénienne : « Comment
se fait-il que vous soyez les seules femmes, vous les Spartiates, à commander
les hommes ? », elle répondit : « parce que nous sommes
aussi les seules à donner naissance à des hommes ! » (5)
Protrepom¡nh d¢ tòn
ndra LevnÛdan ¤jiñnta eÞw Yermopælaw jion t°w Sprthw fan°nai, ±rÅta tÛ
xr¯ prttein: õ d¢ ¦fh "gayòn gameÝn kaÜ gay tÛktein".
Comme elle encourageait son mari Léonidas qui
partait pour les Thermopyles à se montrer digne de Sparte, elle lui demanda ce qu’il
fallait qu’elle fasse. Il lui répondit : « Épouser un homme honorable
et mettre au monde des enfants honorables. » (6)
GIRTIADOS
Gurtiw, Akrottou
pot¢ toè yugatridoè aét°w ¦k tinow tÇn paÛdivn mxhw pollw plhgw
labñntow kaÜ penexy¡ntow oàkade Éw teynhkñtow, klaiñntvn tÇn oÞkeÛvn te
kaÜ gnvrÛmvn, "oé sivp®sete, ¦fh, ¦deije gr oáou aámatow ·n":
kaÜ oék ¦fh deÝn toçw gayoçw bon ll' Þatreæesyai.
Gyrtias. Un jour qu’Acrotatos, son petit-fils, avait
reçu de nombreux coups dans une de ces batailles d’enfants et avait été ramené
chez lui comme mort, comme toute la maisonnée et toutes les connaissances
étaient en pleurs, Gyrtias s’écria : « Allez-vous vous taire ?
il vient de montrer de quel sang il était ! » et, ajouta-t-elle, il
ne faut pas se lamenter sur les gens honorables, mais les soigner. (1)
Ote ggelow ·lyen
¤k Kr®thw tòn Akrottou ynaton pagg¡lvn, "oék ¦mellen,
¦fh, pròw toçw polemÛouw ´kvn µ aétòw êp' ¤keÛnvn poyaneÝsyai µ katakaneÝn
¤keÛnouw; ´dion d' koæein ÷ti p¡yane kaÜ ¥aut°w kaÜ t°w pñlevw jÛvw
kaÜ tÇn progñnvn, µ eÞ ¦zh tò panta xrñnon kakòw Ên.
Lorsqu’un messager vint de Crète apporter la
nouvelle de la mort d’Acrotatos, elle dit : « Ne fallait-il pas
qu’arrivé devant les ennemis, il soit tué par eux ou qu’il les tue ? il
est plus agréable d’apprendre qu’il est mort d’une manière digne de moi, de sa
cité et de ses ancêtres que d’imaginer qu’il ait pu vivre longtemps de manière
indigne ». (2)
DAMATRIAS
DamatrÛa tòn ußòn
deilòn kaÜ njion ¥aut°w koæsasa, paragenñmenon neÝle: tò
d' ¤pÛgramma ¤p' aét°w tñde,
tòn parabnta
nñmouw Damtrion ¦ktane mthr
LakadaimonÛa tòn Lakedaimñnion
Damatria avait appris que son fils s’était montré lâche
et indigne d’elle : elle le tua quand il revint. Voici son épitaphe :
Damatrios avait contrevenu à nos lois,
sa mère le tua,
Elle, la Spartiate, lui, le Spartiate.
LAKAINVN ADHLVN
Et¡ra Lkaina
tòn ußòn lipotakt®santa Éw njion t°w patrÛdow neÝlen, eÞpèsa
'oék ¤mòn tò fÛtuma". ¤f' ¸w tò ¤pÛgramma
tñde,
¦rre kakòn fÛtuma
di skñtow oð di mÝsow
EérÅtaw deilaÝw mhd' ¤lfoisi =¡oi
xreÝon skulkeuma
kak merÛw ¦rre poy' Aidan
¦rre tò m¯ Sprtaw jion oéd' ¦tekon
Une autre Spartiate, jugeant indigne de sa patrie
son fils qui avait abandonné son poste, le tua en disant : « ce
rejeton n’est pas de moi ». Voici son épitaphe :
Meurs, vil
rejeton, va par les ombres, par dégoût de toi
L’Eurotas ne
coule plus pour les cerfs poltrons ;
Dépouille de
chien inutile, mauvaise graine, meurs et va chez Hadès,
Meurs, ce qui
n’était pas digne de Sparte, je ne l’ai pas mis au monde ! (1)
Allh koæsasa
tòn uÞòn ¤n paratjei pesñnta ¦fh
"deiloÜ klai¡syvsan:
¤gÆ d¡ se, t¡knon, dakruw
yptv tòn kaÜ ¤mòn kaÜ Lakadaimñnion.
Une autre qui venait d’apprendre que son fils était
tombé sur le champ de bataille dit :
Que les lâches soient
pleurés ; moi, mon fils, sans te pleurer
Je te mets au tombeau, toi qui
es à moi, toi qui es aussi à Sparte. (2)
Akoæsas
tiw tòn uÞòn sesvsm¡non kaÜ pefeugñta ¤k tÇn polemÛvn, grfei aétÒ
"kak fma teu kakk¡xutai: µ taætan nun ¦knicai µ m¯ ¦so".
Une femme qui avait appris que son fils avait
échappé au danger en fuyant les ennemis lui écrivit : « il court sur toi une fâcheuse rumeur, soit donc tu y mets
un terme, soit tu cesses de vivre ». (3)
Allh, tÇn ußÇn
fugñntvn ¤k mxhw kaÜ paragenom¡nvn Éw aét®n, "poè, fhsÛn, ´kete
drapeteæsantew, kak ndrpoda; µ deèro öyen ¤j¡dute katadusñmenoi;"
nasuram¡nh kaÜ ¤pideÛjasa aétoÝw.
Une autre, comme ses fils avaient s’étaient enfuis
de la bataille et arrivaient devant elle leur dit : « Où venez-vous
après votre désertion, espèce d’esclaves, avez-vous l’intention de vous
enfoncer de nouveau à l’endroit d’où vous êtes issus ? » et joignant
le geste à la parole, elle retroussa son vêtement. (4)
Prosgont
tiw tòn ußòn yeasam¡nh ¤pæyeto "tÛ prttei ² patrÛw;" eÞpñntow d¡
"pntew polÅlasi", keramÛda rasa ¤paf°ken aétÒ kaÜ neÝlen,
eÞpoèsa "s¢ oïn kakggelon ¦pemcan ²mÝn;"
Une femme voyant son fils venir vers elle lui
demanda : « Comment va notre patrie ? » Et comme il
répondait : « Tous ont péri », elle ramassa une brique, le
frappa et le tua, en disant : « Alors c’est toi qu’ils ont envoyé
nous porter la mauvaise nouvelle ? » (5)
Dihgoum¡nou tinòw
t» mhtrÜ gennaÝon ynaton toè delfoè, "eät' oék aÞsxrñn, eäpe,
t°w toiaæthw sunodÛaw potuxeÝn;"
Un homme racontait à leur mère la mort glorieuse de
son frère. « Alors tu devrais avoir honte, lui dit-elle, d’avoir laissé
passer l’occasion de l’accompagner dans un si beau voyage ! » (6)
Ekp¡mcas
tiw toçw ußoçw aét°w p¡nte öntaw ¤pÜ pñlemon, ¤n toÝw proasteÛoiw eßst®kei
karadokoèsa tÛ ¤k t°w mxhw pob®soito: Éw d¢ paragenñmenñw tiw puyom¡nh
p®ggeile toçw paÝdaw pantaw teteleuthk¡nai, "ll' oé toèto
¤puyñmhn, eäpe, kakòn ndrpodon, ll tÛ prttei ²
patrÛw." f®santow d¢ ÷ti nik, "sm¡nh toÛnun, eäpe, d¡xomai
kaÜ tòn tÇn paÛdvn ynaton."
Une femme avait envoyé ses fils (elle en avait cinq)
à la guerre. Elle se tenait aux abords de la cité dans l’attente du résultat de
la bataille. Elle interrogea quelqu’un qui arrivait et qui lui apprit que tous
ses enfants étaient morts. « Ce n’est pas ce que je te demandais, espèce
d’esclave, lui dit-elle, je te demandais comment allait notre patrie ».
L’homme dit que Sparte était victorieuse. « Alors je suis heureuse, lui
dit-elle, même au prix de la mort de mes enfants ». (7)
Yptous
tiw tòn ußñn, Éw graýdion eétel¢w proselyòn aét» "Î gænai, tw tæxaw",
eäpe, "n¯ tÆ siÆ ll tw kalw g', ¦fh, kaÜ gr aétòn oð §neken
¦tekon án' êp¢r tw Sprtaw poynú, toètñ moi sun¡bh".
Une Spartiate mettait son fils au tombeau lorsqu’une
femme du commun s’approcha et lui dit :
- Ma pauvre, quel
malheur !
- Pas du tout, au nom du
ciel, rétorqua-t-elle, quel bonheur ! ce pour quoi je l’avais mis
au monde, qu’il meure pour Sparte, cela vient de m’être accordé. (8)
Semnunom¡nhw
gunaikñw tinow Ivnik°w ¤pÛ tini tÇn ¥aut°w êfasmtvn önti poluteleÝ,
Lkaina ¤pideÛjasa toçw t¡ttaraw ußoçw öntaw kosmivttouw, "toiaèta,
¦fh, deÝ eänai t t°w kal°w kaÜ gay°w gunaikòw ¦rga kaÜ ¤pÜ toætouw ¤paÛresyai
kaÜ megalauxeÝn".
Une femme d’Ionie faisait grand cas d’un tissu de
valeur qu’elle avait tissé elle-même. Une Spartiate lui montra ses quatre fils
qui étaient de beaux garçons et lui dit : « Voilà l’ouvrage qui
convient à une femme convenable et honorable, un ouvrage qui la grandit et dont
elle peut se flatter ». (9)
Allh koæsasa
perÜ toè ußoè Éw kakÇw ¤pÜ t°w j¡nhw nastr¡foito ¦grace "kak
teu fma kakk¡xutai: taætan pÅyeu µ m¯ ¦so".
Une autre qui avait entendu dire que son fils menait
à l’étranger une vie peu convenable lui écrivit : « Il court sur toi
des rumeurs peu convenables : tu y mets fin ou tu cesses de vivre ».
(10)
ParaplhsÛvw d¢ kaÜ
XÛvn fugdew ¤lyñntew eÞw Sprthn poll Paidar®tou kathgñroun:
metapemcam¡nh d¢ aétoçw ² m®thr aétoè TeleutÛa kaÜ koæsasa Ïn ¤nekloun,
¤peÜ ¤dñkei aét» martnein õ ußñw, ¤p¡steilen " mthr Paidar®tÄ:
µ beltÛona prsse µ aïyi m¡ne, pognoçw tn ¤w Sprtan svthrÛan".
Dans le même genre : des exilés de Chios
étaient venus à Sparte et portèrent de nombreuses accusations contre Paedaretos
[général spartiate pendant la guerre du Péloponnèse]. Sa mère Teleutia les
convoqua et écouta leurs griefs. Quand elle fut sûre que son fils était en
faute, elle lui envoya la lettre suivante : « A Paedaretos, de sa mère : agis mieux ou reste là-bas en
renonçant à l’espoir de revenir sain et sauf à Sparte ». (11)
Et¡ra ¤p' dik®mati
tÒ paidÜ krinom¡nÄ, "t¡knon, eäpe, µ tw aÞtÛaw µ seautòn toè z°n pñluson"
Une autre dit à son enfant qui allait être jugé pour
un manquement à la loi : « Mon fils, libère-toi de cette accusation
ou libère-toi toi-même de la vie » (12)
Allh xvlòn ußòn
¤pÜ partajin prop¡mpousa, "t¡knon, eäpe, kat b°ma t°w ret°w
m¡mnhso".
Une autre, qui mettait son fils boiteux sur le
chemin du champ de bataille lui dit : « Mon fils, à chaque pas souviens-toi
de ton courage » (13)
Allh, toè
paidòw aét» fikom¡nou pò paratjevw tetrvm¡nou tòn pñda kaÜ sfñdra
lgoètow, "¤n t°w ret°w, eäpe, memn», Î t¡knon, kaÜ
ponow ¦sú kaÜ yarr®seiw.
Une autre, dont le fils était revenu de bataille
blessé au pied et souffrait beaucoup, lui dit : « Mon fils, si gardes
en mémoire ton courage, tu ne souffriras plus et tu reprendras confiance en
toi » (14)
Lkvn trvyeÛw
¤n pol¡mÄ kaÜ badÛzein m¯ dunmenow, tetrapodistÜ Ëdeuen. Asxunom¡nÄ
d' aétÒ eänai geloÛÄ ² m®thr "kaÜ pñsÄ b¡ltion Î t¡knon, eäpe, mllon ¤pÜ
t» ndreÛ& geghy¡nai µ aÞsxænesyai ¤pÜ g¡lvti no®tÄ;"
Un Spartiate, blessé à la guerre et incapable de
marcher, se déplaçait à quatre pattes. Honteux d’être ridicule, il s’attira cette
réflexion de sa mère : « il vaut bien mieux, mon fils, te réjouir de
ton courage plutôt que de rougir d’éclats de rire stupides ! » (15)
Allh
prosanadidoèsa tÒ paidÜ t¯n spÛda kaÜ parakeleuom¡nh: « t¡knon, ¦fh, µ tn µ ¤pÜ tw. »
Une autre dit comme encouragement à son fils en lui
remettant son bouclier : « Mon fils, tu
le rapportes ou tu reviens dessus. » (16)
Mater Lacania clupeo
obarmans filium :
Cum hoc, inquit, aut in hoc redi.
Une mère lacédémonienne armait son fils du bouclier :
« Reviens avec
ou dessus ! » lui dit-elle.
Ausone, Épigrammes, 25.
Allh proiñnti
tÒ ußÒ ¤pÜ pñlemon ¤nadidoèsa t¯n spÛda "taæthn", ¦fh, "õ
pat®r soi eÜ ¦sÄze: kaÜ sç oïn µ taæthn sÒze µ m¯ ¦so"
Une autre remit son bouclier à son fils qui partait à
la guerre en disant : « ce bouclier, ton père a su le conserver pour
toi : alors toi, ou bien tu sais le conserver ou bien tu cesses de
vivre ». (17)
Allh pròw tòn
ußòn l¡gonta mikròn ¦xein tò jÛfow eäpe "kaÜ b°ma prñsyew"
Une autre répondit à son fils qui disait avoir une
épée bien courte : « ajoute-lui la longueur d’un pas ! »
(18)
Allh koæsasa
÷ti õ ußòw aét°w ¤n paratjei ndragay®saw p¡yanen "¤mòw gr
·n", eäpe. PerÜ d¢ toè ¥t¡rou puyom¡nh ÷ti podeilisaw sÐzetai
"oé gr ·n ¤mñw", ¦fh.
Une autre à qui on annonçait que son fils était mort
en combattant courageusement dans une bataille déclara : « Il était
bien de moi ». Mais apprenant que son autre fils qui s’était comporté en
lâche était sain et sauf, elle dit : « C’est qu’il n’était pas de
moi ». (19)
Et¡ra koæsasa
teynna tòn ußòn ¤n mx» kayper ¤t¡takto "ktyete aétñn,
¦fh, naplhrvstv d¢ t¯n ¤keÛnou tjin õ delfñw".
Une autre qui venait d’apprendre que son fils était
mort à la bataille sans quitter son poste dit : « Laissez-le et que
son frère occupe le poste qu’il laisse vacant ». (20)
Allh pomp¯n
teloèsa pndhmon ³kousen ¤pÜ t°w paratjevw nikn tòn ußñn, ¤k d¢ tÇn
traumtvn pollÇn genom¡nvn yn¹skein: oé perielom¡nh oïn tòn st¡fanon, ll
semnunyeÝsa pròw tw plhsÛon eäpen "Éw pollÒ kllion, Î fÛlai, ¤stÜn
¤n paratjei nikÇnta teleutn µ t Olæmpia perigignñmenon z°n".
Un autre qui était en train de mener une procession
officielle, apprit que son fils avait remporté la victoire sur le champ de
bataille, mais qu’il était mort des nombreuses blessures qu’il avait reçues.
Sans même enlever sa couronne, mais avec un air orgueilleux, elle déclara aux
femmes qui étaient près d’elle : « Combien il est plus beau, mes
amies, de mourir pour avoir vaincu sur le champ de bataille que de vivre en
ayant remporté une victoire olympique ! » (21)
Dihgoum¡nou tinòw
t» delf» gennaÝon ynaton toè paidòw aét°w, ¤keÛnh eäpen ÷ti "÷son
¤p' ¤keÛnÄ g¡ghya, tosoèton ¤pÜ soÜ xyomai, ¤nar¡tou sunodÛaw poleify¡nti."
« Un homme racontait à sa soeur la noble mort
de son fils. Elle lui dit : « autant je suis heureuse pour lui,
autant je suis peinée pour toi qui pouvais partir en si bonne compagnie. »
(22)
LakaÛnú tiw pros¡pemcen,
eÞ fyor sunepineæei: ² d' ¦fh "paÝw m¢n oïsa ¦mayon tÒ patrÜ peÛyesyai,
kaÜ toèto ¦praja: gun¯ d¢ genom¡nh tÒ ndrÛ: eÞ oïn dÛkai me
parakaleÝ, toætÄ faneròn poihstv prÇton".
A une Spartiate, quelqu’un fit demander si elle accepterait
de se laisser séduire. Elle répondit : « quand j’étais enfant, j’ai
appris qu’il fallait que j’obéisse à mon père, et je l’ai fait ; quand je
suis devenue femme, mon mari a remplacé mon père ; si donc ce que tu me
demandes est convenable, adresse-toi d’abord à lui ». (23)
Pary¡now penixr
¤rvthyeÝsa tÛna dÛdvsi tÒ gamoènti proÝka "t¯n ptrion, ¦fh, svfrosænhn".
Une jeune fille pauvre à qui l’on demandait ce
qu’elle apporterait en dot à qui l’épouserait répondit : « les vertus
de ma famille ». (24)
Lkaina ¤rvthyeÝsa
eÞ tndrÜ prosel®luyen, "oék ¤gÅ, eäpen, ll' õ n¯r ¤moÛ".
Une Spartiate à qui on demandait si elle avait fait
les premiers pas vers son mari répondit : « ce n’est pas moi, c’est
mon mari qui les a faits ». (25)
Kræfa tiw diaparyeneuyeÝsa
kaÜ diafyeÛrasa tò br¡fow oìtvw ¤nekart¡rhse mhdemÛan proenegkam¡nh fvn®n, Ëste
kaÜ tòn pat¡ra kaÜ llouw plhsÛon öntaw layeÝn poku®sasa: tò gr m¡geyow
tÇn lghdñnvn t» eésxhmosænú tò sxhmon prospesòn ¤nÛkhse.
Une fille qui avait été violée et qui n’avait rien
dit tua l’enfant qu’elle portait. Elle fit preuve d’un tel courage en ne
poussant pas un seul cri qu’elle accoucha sans que ni son père ni ceux qui se
trouvaient à proximité n’entendissent rien. Le fait de confronter son
déshonneur à son honneur l’emporta sur la douleur physique, pourtant
considérable. (26)
Lkaina
pipraskom¡nh kaÜ ¤rvtvm¡nh tÛ ¤pÛstatai ¦fh "pist ·men".
Une Spartiate, vendue comme esclave à qui l'on
demandait ce qu'elle savait, répondit: "Être
fidèle". (27)
Allh aÞxmalvteuyeÝsa
kaÜ ¤rvtvm¡nh paraplhsÛvw "eï oÞkeÝn oäkon, ¦fh".
Une autre, prise à la guerre à qui l’on demandait
quelque chose d’approchant, répondit : « Bien tenir ma maison ».
(28)
ErvtvyeÝs
tiw êpñ tinow eÞ ¦stai gay® n aét¯n gorsh, eäpe "kn
m¯ gorsúw".
Une autre, à qui quelqu’un demandait si elle se
conduirait bien au cas où il l’achèterait, lui dit : « Même si tu ne
m’achètes pas ! » (29)
Allh
pipraskom¡nh, toè k®rukow punyanom¡nou tÛ ¤pÛstatai, "¤leuy¡ra, eäpen, ·men":
Éw d¢ õ Ènhsmenow pros¡tatt¡ tina aét» oéx rmñzonta ¤leuy¡r&, eÞpoèsa
"oÞmÅjú fyon®saw seautÒ toioæton kt®matow", ¤j®gagen ¥aut®n.
Une autre que l’on mettait en vente et à qui le
crieur demandait ce qu’elle savait répondit : « Être libre ». Or, quand son acheteur lui
demanda de faire quelque chose qui ne convenait pas à une femme libre, elle lui
dit : « Tu vas regretter d’avoir perdu par ta seule mesquinerie un
bien d’une telle valeur », et elle se suicida. (30)
Plutarque
n’entend pas « quelque chose d’inconvenant », mais « quelque
chose qui selon elle n’était pas convenable… » le mot aétú complète pros¡tatte et rmñzonta.