NOCTES GALLICANAE

Les « unes » de la République

 

 

AP. CLAVDIVM X VIR VIRGINIS PLEBEIAE STVPRANDAE LIBIDO CEPIT

Ap. Claudium virginis plebeiae stuprandae libido cepit. [. . .] Hanc virginem adultam forma excellentem Appius amore amens pretio ac spe perlicere adortus, postquam omnia pudore saepta animadverterat, ad crudelem superbamque vim animum convertit. M. Claudio clienti negotium dedit, ut virginem in servitutem adsereret neque cederet secundum libertatem postulantibus vindicias, quod pater puellae abesset locum iniuriae esse ratus. Virgini venienti in forum -ibi namque in tabernaculis litterarum ludi erant -minister decemuiri libidinis manum iniecit, serva sua natam servamque appellans, sequique se iubebat: cunctantem ui abstracturum. Pavida puella stupente, ad clamorem nutricis fidem Quiritium implorantis fit concursus.

At in urbe prima luce cum ciuitas in foro exspectatione erecta staret, Verginius sordidatus filiam secum obsoleta ueste comitantibus aliquot matronis cum ingenti aduocatione in forum deducit.

Tum Verginius ubi nihil usquam auxilii uidit, 'quaeso' inquit, 'Appi, primum ignosce patrio dolori, si quo inclementius in te sum inuectus; deinde sinas hic coram uirgine nutricem percontari quid hoc rei sit, ut si falso pater dictus sum aequiore hinc animo discedam.' Data uenia seducit filiam ac nutricem prope Cloacinae ad tabernas, quibus nunc Nouis est nomen, atque ibi ab lanio cultro arrepto, 'hoc te uno quo possum' ait, 'modo, filia, in libertatem uindico.' Pectus deinde puellae transfigit, respectansque ad tribunal 'te' inquit, 'Appi, tuumque caput sanguine hoc consecro.

Tite-Live, Hist. rom., III, 44-48. (~449)

Appius Claudius voulait faire violence à une jeune plébéienne dont il était amoureux. C’était déjà une jeune fille, elle était très belle et Appius, vivement épris, essaya d’abord de la séduire par des promesses et de l’argent. Quand il vit qu’il était impossible de forcer sa pudeur, il changea d’attitude et révéla son tempérament despotique et cruel. Il chargea un de ses clients, Marcus Claudius, de revendiquer la jeune fille comme esclave et de refuser que la retienne provisoirement celui qui soutenait qu’elle était libre, comptant profiter de l’absence du père pour commettre son forfait.

La jeune fille arrivait au forum où se trouvaient des tentes, abritant des écoles primaires ; l’homme qui était au service des passions du decemvir posa la main sur l’épaule de Virginia, en la déclarant esclave, fille d’esclave. Il lui ordonna de le suivre ; si elle ne se pressait pas, il emploierait la force. La jeune fille, toute tremblante, resta interdite. On s’attroupa aux cris de la nourrice qui appelait les citoyens au secours…

À Rome, au lever du jour, toute la ville se trouvait au forum et attendait avec anxiété, quand L. Virginius arriva en tenue de deuil avec sa fille, vêtue de haillons ; quelques femmes les accompagnaient ainsi qu’un nombre impressionnant de défenseurs. [...]

Ne voyant plus d’autre secours, Lucius Virginius se tourna vers Appius : « Appius, je t’en prie, pardonne d’abord à ma douleur de père les violents reproches que je t’ai adressés ; permets-moi ensuite de demander la vérité à la nourrice en présence de ma fille : si c’est à tort qu’on me dit son père, j’aurai moins de regrets en me séparant d’elle. » On le laissa faire et il emmena sa fille avec la nourrice du côté du temple de Cloacine, à l’endroit où s’élèvent les boutiques qu’on appelle aujourd’hui les Boutiques Neuves ; il prit sur une table le couteau d’un boucher. « C’est le seul moyen qui me reste, ma fille, pour te rendre la liberté ! », et il transperça la poitrine de la jeune fille. Puis il se tourna vers le tribunal : « Maudis sois-tu, Appius, et puisse ce sang retomber sur ta tête ! »


XVIRI ABDICANT SE MAGISTRATV

Hoc tam magnae iniuriae exemplo plebs concitata montem Aventinum occupavit coegitque Xviros abdicare se magistratu. Ex quibus Appius, qui praecipuam poenam meruerat, in carcerem coiectus est, ceteri in exilium acti.

Periochae, 3.

S’étant soulevée à l’exemple d’une si grande injustice, la plèbe occupa le Mont Aventin et força les décemvirs à abdiquer de leur magistrature. Appius, celui d’entre eux qui avait mérité le principal châtiment, fut jeté en prison, tous les autres exilés.


NVMINA OFFENSA

T. Latinius, vir de plebe, cum in visu admonitus, ut de quibusdam religionibus ad senatum perferret, et neglexisset, amisso filio pedibus debilis factus, postquam delatus ad senatum lectica eadem illa indicaverat, usu pedum recepto domum reversus est.

Periochae, 2. (~491)

Comme T. Latinius, un plébéien, avait été averti, au cours d’une vision, d’avoir à porter au sénat des renseignements concernant certaines manifestations religieuses et qu’il n’en avait pas tenu compte, il perdit son fils et eut brusquement les pieds paralysés ; mais comme, porté au sénat en litière, il avait donné ces mêmes informations, il put rentrer chez lui après avoir recouvré l’usage de ses pieds.


LEX AGRARIA

Lex agraria primum lata est.

Periochae, 4. (~486)

Pour la première fois, un projet de loi agraire fut proposé.


REGNI CRIMEN

Periochae, 4. (~485)

Spurius Cassius consularis regni crimine damnatus est necatusque.

Sp. Cassius, un ancien consul, accusé d’avoir voulu se faire roi, fut condamné et mis à mort.


VIRGO VESTALIS DEFOSSA

Opilia virgo Vestalis ob incestum viva defossa est.

Periochae, 4. (~483)

La vestale Opilia fut enterrée vive pour délit sexuel.


X QVISQVE MILES PERCVSSVS

Appius Claudius cos. cum adversus Vulscos contumacia exercitus male pugnatum esset, decimum quemque militum fuste percussit.

Periochae, 4. (~471)

Le consul Appius Claudius ayant, en raison de l’insubordination de son armée, subi un échec contre les Volsques, fit frapper du bâton [et exécuter à la hache] un soldat sur dix.


EQVES R REGNVM ADFECTAVIT

Cum fame populus R. laboraret Spurius Maelius eques R. frumentum populo sua impensa largitus est, et ob hoc factum conciliata sibi plebe regnum adfectans a Servilio Ahala magistro equitum iussu Quinti Cincinnati dictatoris occisus est; L. Minucius index bove aurata donatus est.

Periochae, 5. (~438)

Comme le peuple romain souffrait de la famine, Sp. Maelius, chevalier romain, distribua en abondance et à ses frais du blé au peuple : s’étant, pour cette action, concilié les faveurs de la plèbe et cherchant à établir à son profit la royauté, il fut mis à mort par C. Servilius Ahala, maître de la cavalerie, sur l’ordre du dictateur Quinctius Cincinnatus ; L. Minucius, le dénonciateur, fut gratifié d’une vache en or.


OPIMA SPOLIA SECVNDA

Cossus Cornelius tribunus militum occiso Tolumnio, Veientum rege, opima spolia secunda rettulit.

Periochae, 5. (~437)

Le tribun militaire Cossus Cornelius fut le second à rapporter des dépouilles opimes, après avoir tué Tolumnius, roi de Véies. [Les premières avaient été rapportées par Romulus.]


TABERNACVLA MILITIBVS FACTA

In obsidione Veiorum tabernacula militibus facta sunt. Ea res cum esset nova, indignationem tribunorum plebis movit querentium non dari plebi, nec per hiemem, militiae requiem.

Periochae, 5. (~403)

Pendant le siège de Véies, on dressa des tentes pour les soldats. Comme c’était là chose nouvelle, elle suscita l’indignation des tribuns de la plèbe qui se plaignaient de ce que, même en hiver, on ne permettait pas à la plèbe de se reposer du service militaire.


REGNI CRIMEN

M. Manlius, qui Capitolium a Gallis defenderat, cum obstrictos aere alieno liberaret, nexos exsolueret, crimine adfectati regni damnatus de saxo deiectus est. In cuius notam S. C. factum est, ne cui de Manlia gente Marco nomen esset.

Periochae, 6.

Comme M. Manlius, qui avait défendu le Capitole contre les Gaulois, libérait les gens écrasés de dettes et délivrait les débiteurs insolvables, il fut accusé d’aspirer à la royauté et condamné à être jeté du haut de la roche tarpéienne. Pour le flétrir, on fit un sénatus-consulte interdisant à un membre quelconque de la gens Manlia de porter le prénom Marcus.


PRIMVS E PLEBE CONSVL

Primus e plebe consul L Sextius creatus est.

Periochae, 6.

On élisit le premier consul issu de la plèbe : Lucius Sextius.


VIRGO VESTALIS EFFOSSA

Minucia, virgo Vestalis, incesti damnata est.

Periochae, 9. (~340)

La vestale Minucia fut condamnée pour délit sexuel.


LEX DE VENEFICIO

Veneficium complurium matronarum deprehensum est, ex quibus plurimae statim epotis medicaminibus perierunt.

Lex de ueneficio tunc primum constituta est.

Periochae, 9.

Plusieurs femmes ayant été convaincues d’empoisonnement, la plupart d’entre elles moururent aussitôt après avoir bu leurs drogues. C’est alors pour la première fois qu’on fit une loi sur l’empoisonnement.


PLEBS NEXV LIBERATA

Plebs nexu liberata est propter L. Papiri creditoris libidinem, qui C. Publilio debitori suo stuprum inferre voluerat.

Periochae, 9.

La plèbe fut libérée de l’esclavage pour dettes grâce à la passion libidineuse d’un créancier, L. Papirius, qui avait voulu se livrer à un acte déshonorant sur son débiteur, C. Publilius.


VIA APPIA

Appius Claudius censor aquam perduxit, viam stravit, quae Appia vocata est.

Periochae, 11. (~312)

Le censeur Appius Claudius amena de l’eau à Rome, construisit une route qui fut appelée via Appia.


VICISSETNE ALEXANDER ROMANOS ?

In hoc libro mentionem habet Alexandri, qui temporibus his fuit, et aestimatis populi R. viribus quae tunc erant, colligit, si Alexander in Italiam traiecisset, non tam ei victoriam de populo R. fore quam de his gentibus quas ad orientem imperio suo subiecerat.

Periochae, 11.

<L’auteur>a fait mention, dans ce livre, d’Alexandre qui vécut à cette époque, et, après avoir estimé les forces qu’avait alors le peuple romain, il conclut que si Alexandre était passé en Italie, il n’aurait pas remporté sur le peuple romain une aussi grande victoire que celle qu’il avait remportée sur les peuples orientaux soumis par lui à son empire.


AESCVLAPI SIGNVM ROMAE

Cum pestilentia civitas laboraret, missi legati, ut Aesculapi signum Romam ab Epidauro transferrent, anguem, qui se in navem eorum contulerat, in quo ipsum numen esse constabat, deportaverunt : eoque in insulam Tiberis egresso eodem loco aedis Aesculapio constituta est.

Periochae, 14.

Comme la cité souffrait d’une épidémie, on envoya des ambassadeurs chargés d’apporter d’Epidaure à Rome la statue d’Esculape : ils ramenèrent avec eux un serpent qui s’était rendu sur leur navire et dans lequel il fallait évidemment voir la divinité elle-même ; celui-ci ayant quitté le navire pour aller dans l’île du Tibre, on éleva au même endroit un temple à Esculape.


L. POSTVMIVS CONSVLARIS DAMNATVS

L. Postumius consularis, quoniam, cum exercitui praeesset, opera militum in agro suo usus erat, damnatus est.

Periochae, 14.

Un ancien consul, L. Postumius, qui avait, lorsqu’il commandait l’armée, utilisé la main d’oeuvre de ses soldats sur ses propres terres fut condamné.


SECESSIO PLEBIS

Plebs propter aes alienum post graves et longas seditiones ad ultimum secessit in Ianiculum, unde a Q. Hortensio dictatore deducta est ; isque in ipso magistratu decessit.

Periochae, 14.

En raison de ses dettes et après de graves et longues émeutes séditieuses, la plèbe finit par se retirer sur le Janicule, d’où le dictateur Q. Hortensius la fit descendre ; celui-ci mourut au cours même de sa magistrature.

 

PYRRHVS ITALIA EXPVLSVS

Curius Dentatus cos. cum dilectum haberet, eius, qui citatus non responderat, bona primus vendidit ; iterum Pyrrhum ex Sicilia in Italiam reversum vicit et Italia expulit.

Periochae, 15.

Le consul Curius Dentatus fut le premier à faire vendre pendant une levée de troupes les biens d’un homme qui n’avait pas répondu à l’appel. Il remporta une nouvelle victoire sur Pyrrhus qui était revenu de Sicile et le chassa d’Italie.


VIR CONSVLARIS SENATV MOTVS

Fabricius censor P. Cornelium Rufinum consularem senatu movit, quod is X pondo argenti facti haberet.

Periochae, 15. (~275)

Le censeur Fabricius exclut du sénat le consulaire P. Cornelius Rufinus parce qu’il possédait 10 livres d’argent travaillé.


CVM PTOLEMAEO SOCIETAS

Cum Ptolemaeo, Aegypti rege, societas iuncta est.

Periochae, 15. (~273)

On conclut une alliance avec Ptolémée, roi d’Égypte.


VIRGO VESTALIS DEFOSSA

Sextilia, virgo Vestalis, damnata incesti viva defossa est.

Periochae, 15. (~273)

Sextilia, une vestale, fut condamnée pour délit sexuel et enterrée vive.


LEGIO CAMPANA SECURI PERCVSSA

Legio Campana, quae Regium occupaverat, obsessa deditione facta securi percussa est.

Periochae, 16. (~270)

La légion campanienne, qui avait occupé Rhegium, y fut assiégée et, quand elle se fut rendue, exécutée à la hache.


PECVNIA

Tunc primum populus R. argento uti coepit.

Periochae, 16. (~269)

C’est alors que, pour la première fois, le peuple romain commença à se servir d’argent.


APOLLONIATIVM LEGATI PVLSATI

Cum legatos Apolloniatium ad senatum missos quidam iuvenes pulsassent, dediti sunt Apolloniatibus.

Periochae, 16. (~266)

Comme les ambassadeurs d’Apollonie envoyés au sénat avaient été frappés par des jeunes gens, ceux-ci furent remis aux Apolloniates.


EXERCITVS ROMANI IN SICILIA

Transgressisque tunc primum mare exercitibus Romanis adversus Hieronem saepius bene pugnatum.

Periochae, 19. (~264)

Les armées romaines ayant pour la première fois franchi la mer, on livra contre Hiéron des combats le plus souvent favorables.


MVNVS GLADIATORIVM

Decimus Iunius Brutus munus gladiatorium in honorem defuncti patris primus edidit.

Periochae, 19. (~264)

Decimus Junius Brutus fut le premier à donner un spectacle de gladiateurs en l’honneur de son père défunt.


INCIVILIA MVLIERIS VERBA

Claudia, soror P. Claudi, qui contemptis auspiciis male pugnaverat, a ludis revertens cum turba premeretur, dixit : « utinam frater meus viveret ; iterum classem duceret. »

Periochae, 20. (~246)

Claudia, soeur de P. Claudius (qui avait subi un échec militaire après avoir méprisé les auspices), étant pressée par la foule au retour des jeux, dit : « Si seulement mon frère vivait, il commanderait à nouveau la flotte. »

 

 « Quid me nunc factum esset, inquit, quantoque artius pressiusque conflictata essem, si P. Claudius, frater meus, navali proelio classem navium cum ingenti civium numero non perdidisset ? Certe quidem maiore nunc copia populi oppressa intercidissem. Sed utinam, inquit, reviviscat frater aliamque classem in Siciliam ducat atque istam multitudinem perditum eat, quae me nunc male miseram convexauit ! » Ob haec mulieris verba tam inproba ac tam incivilia C. Fundanius et Ti. Sempronius, aediles plebei, multam dixerunt ei aeris gravis uiginti quinque milia. Id factum esse dicit Capito Ateius in commentario de Iudiciis publicis bello Poenico primo, Fabio Licino et Otacilio Crasso consulibus.

Aulu-Gelle, Noct. Attic, X, 6.

Qu’est-ce j’aurais dû subir, ajouta-t-elle, à quel point n’aurais-je pas été bousculée, plus serrée et plus étouffée, si mon frère P. Claudius n’avait pas perdu en combat naval toute une flotte avec un nombre considérable de citoyens ? C’est vrai, j’aurais été tuée à coup sûr si aujourd’hui une masse plus importante de peuple m’avait écrasée. Si seulement, dit-elle encore, mon frère pouvait ressusciter, conduire une autre flotte en Sicile et conduire à sa perte cette populace qui me tourmente en ce moment, pauvre malheureuse ! » Pour ces paroles de femme, si inconvenantes et si peu civiques, C. Fundanius et Ti. Sempronius, édiles de la plèbe, lui infligèrent une amende de vingt-cinq mille livres en lingots de bronze. Ceci se passa, dit Ateius Capito dans ses notes sur Les sentences pénales pendant la première guerre punique, sous le consulat de Fabius Licinus et Otacilius Crassus.


VIRGO VESTALIS DEFOSSA

Tuccia, virgo Vestalis, incesti damnata est.

Periochae, 22.

Tuccia, une vestale, fut condamnée pour crime sexuel.


OPIMA SPOLIA

M. Claudius Marcellus cos. occiso Gallorum Insubrium duce, Vertomaro, opima spolia rettulit.

Periochae, 22.

Le consul M. Claudius Marcellus, ayant tué le chef des Gaulois Insubres, Vertomarus, rapporta des dépouilles opimes.


VIA ET CIRCVS EXSTRVCTI

C. Flaminius censor viam Flaminiam muniit et circum Flaminium exstruxit.

Periochae, 22.

Le censeur C. Flaminius fit construire la via Flaminia et élever le cirque Flaminius.


DVAE MATRES GAVDIO MORTVAE

Periochae, 23.

Cum ad nuntium cladis Romae luctus esset, duae matres ex insperato receptis filiis gaudio mortuae sunt.

Dans le chagrin qui a suivi l’annonce du désastre, deux mères sont mortes d’une joie subite en voyant revenir leurs fils.


POST CANNENSEM CLADEM

Nuntius Cannensis victoriae, Mago, Carthaginem missus anulos aureos corporibus occisorum detractos in vestibulo curiae effudit, quos excessisse modii mensuram traditur.

Periochae, 25.

Envoyé à Carthage pour annoncer la victoire de Cannes, Magon fit verser dans le vestibule de la curie les anneaux d’or enlevés aux cadavres : on rapporte qu’un boisseau ne suffit pas à les contenir.


LVDI APOLLINARES

Ludi Apollinares ex Marci carminibus, quibus Cannensis clades praedicta fuerat, instituti sunt.

Periochae, 26.

Les Jeux Apollinaires furent institués d’après les carmina Marciana qui avaient prédit le désastre de Cannes.


SVPPLICIA IN CAMPANIA

Capua capta est a Q. Fulvio et Appio Claudio coss. Principes Campanorum veneno sibi mortem consciverunt. Cum senatus Campanorum deligatus esset ad palos ut securi feriretur, litteras a senatu missas Q. Fulvius consul, quibus iubebatur parcere, antequam legeret, in sinu posuit et lege agi iussit et supplicium peregit.

Periochae, 28.

Prise de Capoue par les consuls Q. Fulvius et Appius Claudius. Les chefs campaniens se donnèrent la mort par le poison. Comme les sénateurs campaniens avaient été attachés à des poteaux pour être frappés de la hache, le consul Q. Fulvius mit dans le plis de sa toge, avant de la lire, la lettre du sénat lui donnant l’ordre de les gracier : il ordonna d’agir conformément à la loi et mena l’exécution jusqu’à son terme.


VIRGO VESTALIS FLAGRO CAESA

Ignis in aede Vestae neglegentia virginis quae non custodierat, extinctus est; caesa est flagro.

Periochae, 29.

Le feu qui brûlait dans le temple de Vesta s’éteignit par suite de la négligence d’une vestale qui ne l’avait pas surveillé : elle fut frappée à coups de fouet.


MATER IDAEA DEPORTATA ROMAM

Mater Idaea deportata est Romam a Pessinunte, oppido Phrygiae, carmine in libris Sibyllinis invento, pelli Italia alienigenam hostem posse, si mater Idaea deportata Romam esset. Tradita est autem Romanis per Attalum, regem Asiae. Lapis erat, quem matrem deum incolae dicebant. Excepit P. Scipio Nasica Cn. filius, eius qui in Hispania perierat, vir optimus a senatu iudicatus, adulescens nondum quaestorius, quoniam ita responsum iubebat ut id numen ab optimo viro exciperetur consecrareturque.

Periochae, 29.

La Mère de l’Ida fut transportée à Rome, de Pessinonte, ville de Phrygie : on avait trouvé dans les livres Sibyllins un oracle en vertu duquel on pourrait chasser d’Italie un ennemi d’une autre race, si la Mère de l’Ida était transportée à Rome. Elle fut livrée aux Romains par Attale, roi d’Asie. C’était une pierre dont les habitants disaient qu’elle était la Mère des Dieux. Elle fut reçue par P. Scipion Nasica, fils de Cnaeus, celui qui était mort en Espagne : il avait été jugé l’homme le meilleur par le sénat, alors qu’il n’était qu’un jeune homme pas encore d’âge à être questeur, parce que la réponse de l’oracle stipulait que cette divinité fût reçue et consacrée par l’homme le meilleur.


LEGATVS ROMANVS PROSERPINAE PECVNIAM SVSTVLIT

Locrenses legatos Romam miserunt, qui de impotentia Plemini legati quererentur, qui pecuniam Proserpinae sustulerat et liberos eorum ac coniuges stuprauerat. In catenis Romam perductus in carcere est mortuus.

Periochae, 29.

Les habitants de Locres envoyèrent des députés à Rome pour se plaindre du déchaînement de violence du légat Pleminius qui avait volé le trésor de Proserpine et déshonoré leurs enfants et leurs épouses. Conduit enchaîné à Rome, il y mourut en prison.


MANCINVS AEDILIS E TABVLATO MERETRICIS LAPIDIBVS DEPVLSVS

Aulu-Gelle, Nuits attiques, IV, 14.

Aulus Hostilius Mancinus aedilis curulis fuit. Is Maniliae meretrici diem ad populum dixit, quod e tabulato eius noctu lapide ictus esset, vulnusque ex eo lapide ostendebat. Manilia ad tribunos plebi provocavit. Apud eos dixit comessatorem Mancinum ad aedes suas venisse ; eum sibi recipere non fuisse e re sua, sed cum vi inrumperet, lapidibus depulsum. Tribuni decreverunt aedilem ex eo loco iure deiectum quo eum venire cum corollario non decuisset ; propterea ne cum populo aedilis ageret intercesserunt.

Aulus Hostilius Mancinus était édile curule. Il fit comparaître devant le peuple la courtisane Manilia, parce qu’il « avait été frappé de nuit par une pierre jetée de son appartement » et exhibait la blessure que la pierre lui avait faite. Manilia fit appel devant les tribuns de la plèbe. Elle leur déclara que Mancinus était venu faire la fête chez elle, elle n’avait pas jugé bon de le recevoir chez elle, mais comme il avait fait irruption de forece, il avait été chassé à coups de pierres. Les tribuns jugèrent qu’elle avait eu raison de chasser l’édile d’un endroit où il n’était pas convenable qu’il vînt en tenue de noceur (« couronné ») et ils firent donc intercession pour empêcher l’édile de présenter l’affaire au peuple.


DISCORDIA INTER CENSORES

Inter censores M. Livium et Claudium Neronem notabilis discordia fuit. Nam et Claudius collegae equum ademit, quod a populo damnatus actusque in exilium fuerat, et Livius Claudio, quod falsum in se testimonium dixisset et quod non bona fide secum in gratiam redisset. Idem omnes tribus extra unam aerarias reliquit, quod et innocentem se damnassent et posthac consulem censoremque fecissent.

Aulu-Gelle, Nuits attiques, IV, 14.

Il y eut entre les censeurs M. Livius et Claudius Néron une querelle fameuse. Claudius priva en effet ion collègue de son cheval parce qu’il avait été condamné par le peuple et envoyé en exil et Livius fit de même avec Claudius pour avoir porté contre lui un faux témoignage et parce qu’il ne s’était pas de bonne foi réconcilié avec lui. Le même censeur laissa toutes les tribus, sauf une, soumises à la capitation pour l’avoir condamné alors qu’il était innocent et l’avoir élu ensuite consul et censeur.


EXEMPLVM VIRTVTIS IN FEMINA QVADAM

Exemplum quoque virtutis et pudicitiae in femina traditur. Quae cum regis Gallograecorum uxor fuisset, capta centurionem qui ei vim intulerat occidit.

Periochae, 38. (~190)

On rapporte aussi un exemple de courage et de pudeur chez une femme : elle était l’épouse d’un roi Gallogrec vaincu et, prisonnière de guerre, tua un centurion qui lui avait fait violence.


L. QVINTIVS FLAMININVS MOTVS SENATV

[T. Quinctius Flamininus] avait un frère, Lucius Flamininus, qui ne lui ressemblait en rien pour le caractère et qui se livrait aux plaisirs les plus grossiers, sans s’inquiéter de la bienséance. Ce Lucius vivait avec un jeune garçon qu’il aimait, qu’il emmenait avec lui dans ses expéditions militaires et qu’il gardait toujours à ses côtés quand il administrait des provinces. Or un jour, dans un banquet, ce jeune garçon, voulant flatter Lucius, lui dit qu’il l’aimait au point d’avoir manqué pour le rejoindre un combat de gladiateurs, bien qu’il n’eût jamais vu égorger un homme, et qu’il avait ainsi préféré faire plaisir à Lucius plutôt qu’à lui-même. Lucius, ravi, lui répondit : « Ce n’est pas une grande affaire, et je me charge de satisfaire ton désir. » Alors il fit amener de la prison un des condamnés et appela le licteur, à qui il ordonna de lui trancher le cou dans la salle du banquet. Valerius d’Antium prétend que ce ne fut pas pour un mignon, mais pour une courtisane, qu’il eut cette complaisance.

Plutarque, Vie de Flamininus, 18.

A censoribus L. Valerio Flacco et M. Porcio Catone, et belli et pacis artibus maximo, motus est senatu L. Quintius Flamininus, T. frater, eo quod, cum Galliam provinciam consul obtineret, rogatus in convivio a Poeno Philippo, quem amabat, scorto nobili, Gallum quemdam sua manu occiderat sive, ut quidam tradiderunt, unum ex damnatis securi percusserat rogatus a meretrice Placentina, cuius amore deperibat.

Periochae, 39. (~185)

Par les censeurs Lucius Valerius Flaccus et Marcus Porcius Caton, le plus grand dans les domaines liés tant à la guerre qu’à la paix, Lucius Quintius Flamininus, le frère de Titus, fut exclu du sénat : voici pourquoi. Il exerçait dans la province de Gaule les fonctions de proconsul. Au cours d’un banquet, à la demande de Philippe le Carthaginois, un prostitué notoire dont il était amoureux, il tua de sa propre main un Gaulois, ou, comme d’autres le rapportent, il avait fait frapper de la hache un condamné à la demande de la courtisane Placentina pour laquelle il se languissait d’amour.


CATO IAM SENEX VXOREM ITERVM DVXIT

Plutarque, Vie de Caton, 24. (~170)

Descendant au forum avec ses amis, suivant son habitude, il apostropha à voix haute un certain Salonius, qui avait été l’un de ses sous-secrétaires et qui se trouvait là avec d’autres pour lui faire cortège : « As-tu accordé ta fille à un fiancé ? lui demanda-t-il. – Non, dit l’homme, et je ne le ferai pas sans t’en avoir d’abord parlé. – Eh bien, moi, reprit Caton, je t’ai trouvé un gendre convenable, à moins que, par Jupiter, son âge ne te déplaise ; pour le reste il n’y a rien à dire mais il est bien vieux. » Salonius le pria de se charger de l’affaire et de donner la jeune fille à l’homme de son choix puisqu’elle dépendait de lui et avait besoin de son patronage. Alors Caton, sans plus tarder, déclara que c’était pour lui-même qu’il la demandait. Tout d’abord, naturellement, Salonius fut stupéfait : si Caton lui paraissait avoir passé de loin l’âge du mariage, lui-même s’estimait bien loin de pouvoir prétendre à une alliance avec la maison d’un consul et d’un triomphateur. Mais, voyant que Caton parlait sérieusement, il accepta avec joie et, aussitôt descendus au forum, ils scellèrent leur accord.


LEGATI ALEXANDRINI IN SENATV

Legati Alexandrini a Cleopatra et Ptolemaeo regibus venerunt querentes de Antiocho, rege Syriae, quod is bellum inferret.

Periochae, 44. (~168)

Des ambassadeurs d’Alexandrie vinrent de la part des rois Cléopâtre et Ptolémée, se plaindre d’Antiochus, roi de Syrie, parce qu’il venait leur faire la guerre.


ANTIOCHVS, SYRIAE REX, IN CIRCVLO INCLVSVM

Cum Antiochus, Syriae rex, Ptolemaeum et Cleopatram, Aegypti reges, obsideret et missis ad eum a senatu legatis, qui iuberent ab solo regis absisteret, editisque mandatis consideraturum se quid faciendum esset respondisset, unus ex legatis Popilius virga regem circumscripsit iussitque, ante quam circulo excederet, responsum daret. Qua asperitate effecit ut Antiochus bellum omitteret.

Periochae, 45. (~167)

Comme Antiochus, roi de Syrie, assiégeait Ptolémée et Cléopâtre, les rois d’Egypte, et que le sénat lui avait envoyé une délégation pour lui ordonner de quitter le territoire du roi, comme le message lui avait été communiqué et qu’il avait répondu qu’il allait réfléchir avant de prendre une décision, l’un des envoyés du sénat, Popilius, traça un cercle autour du roi avec un bâton et lui ordonna de donner une réponse avant de sortir du cercle. Ces manières brutales conduisirent Antiochus à renoncer à sa guerre.


SACRORVM QVAM MAGISTRATVVM IVS POTENTIVS

Cn. Tremellio pr. multa dicta est, quod cum M. Aemilio Lepido, pontifice maximo, iniuriose contenderat sacrorumque quam magistratuum ius potentius fuit.

Periochae, 47. (~159)

Une amende fut infligée au préteur Cn. Tremellius parce qu’il s’était opposé, de façon contraire au droit, au grand pontife M. Aemilius Lepidus et que le pouvoir de la religion était supérieur à celui des magistrats.


DE VENEFICIIS QUAESITVM

De veneficiis quaesitum : Publilia et Licinia, nobiles feminae, quae viros suos consulares necasse insimulabantur, cognita causa, cum praetori praedes vades dedissent, cognatorum decreto necatae sunt.

Periochae, 48. (~154)

Il y eut une enquête sur les empoisonnements. Publilia et Licinia, femmes de haut rang, que l’on accusait d’avoir tué leurs maris, d’anciens consuls, ayant, une fois l’affaire instruite, fourni des répondants au préteur, furent mises à mort en vertu d’un décret de leurs proches.

 


TI. GRACCHVS CONQVERITVR QVOSDAM HONESTOS EX MVNICIPIIS ITALICIS VIROS A MAGISTRATIBVS ROMANIS CAESOS ESSE

« Nuper Teanum Sidicinum consul venit. Vxor eius dixit se in balneis virilibus lavari velle. Quaestori Sidicino M. Mario datum est negotium, uti balneis exigerentur qui lavabantur.  Vxor renuntiat viro parum cito sibi balneas traditas esse et parum lautas fuisse. Idcirco palus destitutus est in foro eoque adductus suae civitatis nobilissimus homo M. Marius. Vestimenta detracta sunt, virgis caesus est.

Caleni, ubi id audierunt, edixerunt ne quis in balneis lavisse vellet, cum magistratus Romanus ibi esset.

Ferentini ob eandem causam praetor noster quaestores arripi iussit; alter se de muro deiecit, alter prensus et virgis caesus est. »

His annis paucis ex Asia missus est qui per id tempus magistrature non ceperat, homo adulescens pro legato. Is in lectica ferebatur. Ei obviam bubulcus de plebe Venusina advenit et per iocum, cum ignoraret qui ferretur, rogavit num mortuum ferrent. Vbi id audivit, lecticam iussit deponi, struppis, quibus lectica deligata erat, usque adeo verberari iussit, dum animum efflavit. »

Aulu-Gelle, Nuits attiques, X, 3.

Récemment un consul est venu à Teanum Sidicinum [en Campanie]. Sa femme déclara vouloir se baigner dans les bains réservés aux hommes. Charge fut donnée au questeur de Sidicinum, M. Marius, de faire sortir ceux qui se baignaient dans l’établissement. La femme rend compte à son mari que les bains lui ont été livrés avec retard et n’étaient pas suffisamment propres. En conséquence un poteau fut dressé sur le forum et on y amena M. Marius, l’homme le plus connu de sa cité. Ses vêtements lui furent enlevés, il fut battu de verges.

Les gens de Calès quand ils apprirent cela décrétèrent que « personne ne doit avoir l’intention de se servir des bains quand un magistrat romain sera dans la ville. »

A Ferentinum pour la même raison notre préteur fit appréhender les questeurs ; l’un se jeta à bas du mur, l’autre fut pris et battu de verges. [...]

Ces dernières années revenait de la province d’Asie quelqu’un qui en ce temps-là n’avait pas encore exercé de magistrature, un jeune homme faisant fonction de légat. Il était transporté en litière. Un bouvier, un plébéien de Venouse le rencontre et, ignorant qui on portait, demanda par plaisanterie si on portait un mort. Lorsque l’autre entendit, il fit poser la litière et avec les courroies auxquelles elle était fixée, il fit frapper l’homme jusqu’à ce qu’il ait expiré.


SCIPIO AFRICANVS EXERCITVM AD DISCIPLINAM REVOCAVIT

Scipio Africanus Numantiam obsedit et corruptum licentia luxuriaque exercitum ad severissimam militiae disciplinam revocavit. Omnia deliciarum instrumenta recidit, duo milia scortorum a castris eiecit.

Periochae, 48. (~133)

Scipion l’Africain assiégea Numance et ramena son armée corrompue par le laissez-aller et le luxe à la plus stricte displine militaire. Il fit supprimer tous les objets de plaisir et fit chasser du camp deux mille prostituées.


PRAEDONES VICTI A M. ANTONIO

M. Antonius praetor in Ciliciam maritimos praedones (id est piratas) persecutus est.

Periochae, 68. (~102)

Le préteur M. Antonius pourchassa jusqu’en Cilicie les pirates de la mer.


PARRICIDA

Publicius Marcellus matre occisa primus in culleo insutus in mare praecipitatus est.

Periochae, 68. (~102)

Publicius Malleolus qui avait tué sa mère, fut le premier à être enfermé dans un sac cousu et précipité dans la mer.


ORATIO M ANTONII

Cum M'. Aquilius de pecuniis repetundis causam diceret, ipse iudices rogare noluit ; M. Antonius, qui pro eo perorabat, tunicam a pectore eius discidit, ut honestas cicatrices ostenderet. Indubitate absolutus est. Cicero eius rei solus auctor.

Periochae, 70. (~98)

Comme M’. Aquilius plaidait sa cause dans un procès de concussion, il ne voulut pas solliciter lui-même les juges ; M. Antonius, qui terminait la plaidoirie pour sa défense, déchira la tunique qui couvrait la poitrine de son client pour montrer ses glorieuses cicatrices. Il fut absous sans hésitations. Cicéron est le seul auteur à nous rapporter cet épisode.


HOC REGNVM HEREDEM NON SEQVITVR

Ptolemaeus, Cyrenarum rex, cui cognomen Apionis fuit, mortuus heredem populum R. reliquit et eius regni ciuitates senatus liberas esse iussit.

Periochae, 70. (~98)

Ptolémée, roi de Cyrène, surnommé Apion (« Sortant »), légua à sa mort sa fortune au peuple romain et le sénat ordonna que les cités de ce royaume fussent libres.


PARTHI AMICITIAM POPVLI ROMANI PETVNT

Parthorum legati a rege Arsace missi venerunt ad Syllam ut amicitiam populi R. peterent.

Periochae, 70. (~92)

Des ambassadeurs des Parthes, envoyés par le roi Arsace, vinrent trouver Sylla pour lui demander l’amitié du peuple romain.


P. RVTILIVS, VIR SVMMAE INNOCENTIAE, IN EXILIVM MISSVS

P. Rutilius, vir summae innocentiae, quoniam legatus C. Muci procos. a publicanorum iniuriis Asiam defenderat, invisus equestri ordini penes quem iudicia erant, repetundarum damnatus in exilium missus est.

Periochae, 70. (~92)

P. Rutilius, dont la conduite était absolument sans reproche, parce que, comme légat du proconsul C. Mucius il avait protégé l’Asie des exactions des publicains, excita la haine de l’ordre équestre, aux mains duquel se trouvaient les jurys des tribunaux : condamné pour concussion, il fut envoyé en exil.


PRAETOR A FAENERATORIBVS IN FORO OCCISVS

Cum aere alieno pressa esset civitas, A. Sempronius Asellio praetor, quoniam secundum debitores ius dicebat, ab his qui faenerabant in foro occisus est.

Periochae, 74. (~89)

La cité étant accablée sous le poids des dettes, le préteur A. Sempronius Asellio, dont les verdicts étaient favorables aux débiteurs, fut tué sur le forum par les usuriers.


PRODITOR DE SAXO DEIECTVS

P. Sulpicius cum in quadam villa lateret, indicio servi sui retractus et occisus est. Servus ut praemium promissum indici haberet, manumissus et ob scelus proditi domini de Saxo deiectus est.

Periochae, 77. (~88)

Comme P. Sulpicius [qui faisait partie de douze hommes, parmi lesquels C. Marius père et fils, que le sénat déclara ennemis publics] se cachait dans une maison de campagne, il en fut tiré sur la dénonciation de son esclave et fut mis à mort. L’esclave, pour qu’il reçût pas la récompense promise en raison de sa dénonciation, fut affranchi et, pour le crime de trahison envers son maître, jeté du haut de la roche tarpéienne.


FRATER A FRATRE OCCISVS

In quo bello duo fratres, alter ex Pompei exercitu, alter ex Cinnae, ignorantes concurrerunt, et cum victor spoliaret occisum, agnito fratre ingenti lamentatione edita, rogo ei extructo, ipse se supra rogum transfodit et eodem igne consumptus est.

Periochae, 79. (~87)

Dans cette guerre, deux frères, l’un de l’armée de Pompée, l’autre de celle de Cinna, se coururent sus sans se reconnaître ; comme le vainqueur dépouillait celui qu’il avait tué, il poussa de grands cris en reconnaissant son frère : ayant élevé un bûcher pour ce dernier, il se transperça de son épée sur le bûcher et fut consum